Arn. Lub. VII, 15, mon. germ. SS. T. 21, p
après, il recevait la couronne, à Aix-la Chapelle, des mains de l'archevêque de Cologne. De son côté, Philippe se faisait couronner, à son exemple, dans l'église de Mayence. Inutile de dire que chacun des deux princes distribua autour de lui les dons et les faveurs. Tandis que Tarchevôque de Cologne, auteur de l'élévation d'Otton, recevait deux duchés pour son compte, le duc de Bohême, un des plus chauds partisans de Philippe, obtenait le titre de roi ^ De cette double élection sortit la guerre civile. De premières hostilités eurent lieu sous les murs de Cologne -, marquées au coin de cette brutalité que, dans le langage des peuples plus doux de l'Italie, on nommait déjà la manière allemande. Elles ne produisirent de résultat décisif pour aucun des deux partis.
Cependant, à considérer les forces respectives des deux compétiteurs, l'issue de la lutte ne pouvait être douteuse. Otton, dont la famille avait été proscrite et dépouillée par Frédéric Barberousse, n'avait presque point de possessions en Allemagne; et, sans les libéralités de Richard, roi d'Angleterre, qu'animait une rancune personnelle contre les Hohenstaufen ', il eût même manqué des moyens nécessaires pour entretenir le zèle de ses partisans et subvenir aux besoins d'une armée. Plus heureux que son rival, Philippe joignait aux