Arn. Lub., VI
2. Chron. Ursp. moii. germ. SS. T. 23, p. 367, 368. Cf. Arn. Lub., loc. cit.
3. On sait qu'à son retour de la Terre Sainte, en 1194, ce prince avait été retenu captif en Allemagne par l'empereur Henri VL Voy, Zeller, Captivité de Richard Cœur-de-Lion, dans le Journal des Savants, décembre 1880-janvier 1881.
vastes et riches domaines des Hohenstaufcn, que Théritage des Welf devait bientôt accroître, la ressource de trésors considérables ^ ; en outre, il avait pour allié le roi de France, Philippe-Auguste, qui, en hostilité lui-même avec le roi d'Angleterre, se montrait peu désireux de voir la famille de ce monarque étendre sa puissance en Europe. Enfin, tandis que Philippe était reconnu par la plupart des princes de l'Allemagne, Otton ne comptait qu'un petit nombre d'adhérents; et, parmi eux, il n'y avait guère que le duc de Brabant et Baudouin, comte de Flandre, — le futur fondateur de l'empire latin de Gonstantinople, — qui eussent, avec Parchevêque de Cologne, une véritable influence. Mais ce n'étaient là que les côtés apparents de la situation. D'après les traditions, l'empereur, couronné une première fois en Allemagne, le devait être une seconde fois à Rome par les mains du pape, et ce second couronnement conférait seul un titre définitif à la dignité impériale. Il avait été facile aux papes, une fois maîtres de la chrétienté, d'établir pour le Saint-Siège le droit d'approuver préalablement une élection qu'en vertu de ces traditions il lui appartenait de consommer. A l'époque dont nous parlons, ce droit d'approbation, bien que contesté déjà, avait encore toute sa force. C'était donc du pape, en somme, que dépendait la situation. Or, le pontife appelé à la résoudre n'était plus celui qui occupait le Saint-Siège à la mort de Henri YI. Depuis le 8 janvier 1198, un nouveau pape, Innocent III, était monté sur la chaire de saint Pierre.