Jaffé, Regesta, p. 30, epist. cxlii
2. Hieron. adv. Ruf., lib. III. — Voir aussi les Origines de l'Ég/isc romahie, par les Bénédictins de Solesmes, 1836, in-4o, p. 311 et siiiv.
3. Il ressort d'un recueil manuscrit récemment découvert au British muséum, et dont il sera parlé ci-après, que les registres de Léon IV, dEtienne VI et d'Alexandre II existaient encore au commencement du xn^ siècle [Neues Ârchiv, Hannover, 1880, t. V, p. 327, 340, 343, 376, 400).
4. On peut ainsi supposer que le registre de Nicolas le"" n'existait plus à l'époque du cardinal Dieudonné, lequel ne cite en effet, dans son recueil, qu une lettre de ce pape.
mencement du x*" siècle et qui amenèrent tant de pontiles indignes sur la chaire de saint Pierre, les archives apostoliques n'eussent pas éprouvé des dommages. Ce ({ui semble hors de doute, c'est qu'en 11239 la série des registres dont il s'agit odrait déjà des lacunes. Dans une lettre qu'à cette date l'archevêque de Tolède adressait à Grégoire IX, ce prélat demandait l'expédition de tous les titres relatifs à son église qui pouvaient avoir été transcrits sur les registres du Saint-Siège, craignant, disait-il, que « si ces registres venaient à périr par suite de vétusté ou par quelque accident imprévu, le droit de son église ne pérît avec eux ' ». Grégoire IX lui délivra en effet des lettres de privilège tirées des registres d'Urbain II et qui reconnaissaient aux archevêques de Tolède la primatie des Espagnes. Or, n'est-il pas manifeste que ce prélat n'eût pas exprimé ces craintes, si des pertes notables, dues soit à des faits accidentels, soit à l'action du temps, ne les eussent justifiées?
Nous avons dit que, dans les lettres d'Honorius III et de Grégoire IX, il était fait mention des registres de presque tous les papes qui avaient occupé le Saint- Siège au xii^ siècle. Il n'est pas probable que ces derniers registres, ni, avec eux, ceux des époques précédentes qui avaient pu être conservés jusque-là, aient
1. u Ne, regestis ipsis perditis casu Ibrtuito aut vetustate consumptis, jus ipsius ecclesiœ contingat cum pereuntibus deperire. » Rayn. Annal, eccles., II, p. 225. Cette lettre est également citée par Pertz (Archiv., t. V. p. 31); mais, à la place du mot « pereuntibus, » il écrit « parentibus », ce qui rend la phrase incompréhensible.
été détruits au xni« siècle. Tout semble témoigner que, d'Innocent III à Clément Y, c'est-à-dire pendant tout le cours du xiii° siècle, les archives pontificales étaient tenues dans un bon ordre et l'objet d'une surveillance attentive'. Au contraire, au commencement du xiv** siècle, eurent lieu des événements qui apportèrent nécessairement du trouble en ces archives. Nous voulons parler de la translation du Saint-Siège à Avignon. On sait que les archives apostoliques suivirent les papes en France, et plus tard revinrent avec eux de France en Italie. Il y a toutefois des raisons de croire que les papes n'emportèrent d'abord en France que les archives dont ils avaient le plus besoin, c'est-à-dire les actes des derniers papes auxquels ils succédaient, tandis que le reste fut laissé provisoirement, sinon à Rome même, du moins en Italie. Ce qui est certain, c'est qu'une partie de ces archives fut alors transférée à Assise, dans le couvent des Frères Mineurs. En 13'25, en effet, Jean XXII ordonnait qu'on lui transmît un état des archives du Saint-Siège qui avaient été portées à Assise -, et, en 1338, des tabellions transcrivirent dans
1. Voy. le Mémoire .le M. L. Delisle sur les actes d' fn7ioce?it III. On a lieu de croire qu'au xiii^ siècle on possédait encore le registre original des actes de Grégoire VII, et dont celui que nous avons n'est qu'une copie incomplète, bien que contemporaine de ce pape. Voir, plus loin, ce que nous disons de ce registre.
2. Voy. Gaetano Marini, Memovie istoriche deyli archivi délia Santa Sede, Roma, 1825 (ouvrage publié après la mort de l'auteur parle cardinal Maio). A la i)age 12 de ce mémoire, Marini mentionne une lettre de Jean XXII ilu 13 janvier 1325 {Reg. secr. Joh., XXII j, par laquelle ce pontife ordonnait qu'on lui transmît un état des archives déposées à Assise et, en particulier, des registres des papes, voulant, disait-il, être pleinement fixé sur ce point (volentes de regestris
ce dépôt, sur l'ordre de Benoît XII, nombre de pièces anciennes, dont les copies lurent ensuite envoyées à Avignon '. D'un autre côté, il paraît qu'à la mort de Clément V, en 1814, on trouva h Carpentras, où ce pape résidait, non seulement les registres du propre pontificat de Clément, mais ceux de Boniface VIII et de Benoît XI, qui, avec d'autres objets précieux, faisaient partie du trésor pontifical ^
D'après un mémoire de Gaetano Marini, préfet des archives du Vatican au commencement de ce siècle, les documents déposés à Assise sous la garde des Frères Mineurs y auraient été transférés sur la fin du pontificat de Clément Y '\ En 1339, on commença de dirigei' ces documents sur Avignon, où ils ne furent réunis en totalité que sous Urbain V en 1366 \ Or il résulte d'un texte cité par Marini que, dans le transport opéré en 1339, était comprise une quantité notable de registres ^
antiquis Romanorum i)ontificum, qiue sunt in thesaiiraria Assisii, habere certitudinem pleiiïorem).
1. « Ne Romanre ecclesiije jura... lapsu temporuin obsolescerent, sollicitus pontifex .. Joanni de Amelio, camene apostolicœ clerico, injunxit ut Assisium se conferret, ac, duobus vel pluribus tabellionibus adhibitis, vetera monumenta iu thesauro Romanas ecclesise in Assisiuate sacrario asservato recoudita perquireret atque exscribenda curaret, confectaque exempla mitteret deferretve... quce res ab illo perfecta summa cum diligentia. » (Rayn. Annal, ecc'., VI, }). 129). Voir aussi un mémoire de M. Huillard-Bréholles sur les Rouleaux de Cluny, publié dans les notices et extraits des Mss., t. XXI, 2c partie, p. 273.