‹ La papauté au Moyen ÂgeChapitre 58 sur 227 · Regin., Chronic · texte numérisé non relu

Regin., Chronic

qu'on ne saurait méconnaître, n'a rien qui impose à l'imagination. Il a été la figure dominante de son époque, sans que néanmoins il ait marqué cette époque de sa personnalité ; et l'on peut dire que l'ascendant qu'il exerça sur ses contemporains ne vint pas uniquement de lui-même, mais du prestige attaché à la papauté et que rehaussait alors le spectacle de la faiblesse ou de la désorganisation naissante des gouvernements séculiers \

1. M. Roy, professeur à l'École des Chartes, qui a soutenu jadis à cette école une thèse intéressante sur le Gouvonicnicnt pontificnl de Nicolas /«"■, prépare eu ce moment sur ce pai)e un volume qui sera prociiainement publié.

Le rôle de Grégoire YII ne date pas uniquement de son pontificat. Lorsqu'il fut élevé au Saint- Siège, le 22 avril 1073, il exerçait déjà dans l'Eglise, sous le nom d'IIildebrand, une influence considérable. C'est dire que l'étude de sa vie dans les temps antérieurs à son pontificat s'impose à l'historien. Cette étude ne laisse pas de présenter plus d'une difficulté. Hormis de rares secours que fournissent les lettres de Grégoire, on se trouve, pour cette période, réduit à des chroniques qui, reflétant les passions de l'époque où elles ont été écrites, offrent des différences et parfois des contradictions entre lesquelles il est malaisé de se déterminer. Des savants d'une grande autorité se sont efforcés de tracer une voie sûre au milieu de ces obscurités. Mais, s'il est des points qu'on peut considérer aujourd'hui

comme élucidés , il en est d'autres sur lesquels planent encore certains doutes. Avant d'aborder l'histoire du pontificat de Grégoire, nous allons essayer de fixer les principaux traits de sa vie durant les années qui précédèrent son avènement.

On ne sait au juste à quelle date naquit l'homme extraordinaire qui devait résumer en lui toutes les grandeurs, toutes les audaces de la papauté; et, à moins de nouvelles ressources offertes à la critique, il n^est pas à espérer qu'on puisse donner, à cet égard, autre chose qu'une approximation. Les Bollandistes* ont proposé l'année 1020, sans que cette hypothèse, qui s'écarte probablement assez peu de la vérité, soit fondée sur rien de positif. Baronius' a laissé la question pendante. Yoigt^ qu'ont suivi, depuis qu'il a été traduit en notre langue, la plupart des écrivains français, a de même jugé plus sage de ne fixer aucune date. JafFé, à qui l'on doit une excellente édition des lettres de Grégoire sous le titre de Monumenta Gregoriatia'* ^ propose de placer entre les années 1013 et 1024 la naissance de ce pape. Mais les raisons sur lesquelles il appuie son argumentation nous semblent plus ingénieuses que sûres. On peut toutefois tirer une indication,

\. Act. Satict. Mail, VI, p. 107.

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