‹ La papauté au Moyen ÂgeChapitre 57 sur 227 · a Non solum anim&e sed et corporis salvationem. » Ep · texte numérisé non relu

a Non solum anim&e sed et corporis salvationem. » Ep

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Résumant tout ce que nous avons exposé, soit des rapports de Nicolas P'" avec l'Eglise, soit de ses rapports avec les princes, on peut dire que trois grandes affaires occupent son pontificat. Dans l'affaire Photius, il établit l'indépendance du clergé à l'égard des pouvoirs séculiers et proclame la primauté du siège de Rome; dans l'affaire Rothade, il fonde ou plutôt affermit le droit d'appel qui fait du pape le maître de l'Eglise; enfin, dans l'affaire Lothaire, il se place au-dessus des rois. Que si, en outre, on considère ce caractère de magistrature suprême et universelle qui, dès cette époque, semble appartenir à la papauté, et que d'ailleurs on observe que tout concourt alors à faire de Rome la capitale de la chrétienté, on voit que les principaux traits de la théocratie sont déjà dessinés. Elle naît au sein des premiers désordres qui accompagnent le démembrement de l'Empire de Charlemagne ; elle s'achèvera, deux siècles après, lorsque, ces désordres étant parvenus à leur comble et enveloppant la société entière, la papauté sera, malgré son abaissement, le seul pouvoir moral resté debout au milieu de l'anarchie. Il est toutefois un trait inhérent à la théocratie, et qu'on ne trouve point indiqué sous Nicolas P^ A aucun endroit de sa correspondance, le pape n'exprime la pensée que les princes doivent mettre au service des volontés apostoliques la puissance dont ils disposent. Loin d'invoquer l'aide du bras séculier, il réprouve, comme contraire à l'esprit

de l'Eglise, tout recours à la force. Dans sa lettre aux Bulgares, il déclare expressément qu'il ne faut pas user de violence pour amener les infidèles à la religion du Christ '. Ecrivant à un prélat qui l'avait consulté au sujet des châtiments que devaient entraîner certains crimes : « L'Eglise, lui dit-il, ne possède à son usage qu'un glaive spirituel et divine » Principe salutaire, qui sera un jour oublié par les pontifes, et qui, au dommage de la société et de la papauté elle-même, échappera à la grande âme de Grégoire YII.

Quant aux particularités qui, en dehors des actes de ce pontificat, peuvent aider à préciser davantage la figure de Nicolas P', c'est vainement qu'on les chercherait dans les écrits de ses biographes. On sait seulement par eux que, fils d'un notaire apostolique, il avait reçu toute Tinstruction que comportait son temps, et qu'il était principalement versé dans la littérature ecclésiastique \ On sait également que, nommé par Léon IV diacre de l'Eglise romaine, il

1. Ep. 97. Il veut même qu'on ne se consacre à l'Eglise qu'avec une entière liberté, et un jeune moine ayant, en sa présence, affirmé sous serment qu'on l'avait contraint, malgré lui, à revêtir l'habit monastique, il le délia de ses vœux. Ep. 117.

2. « Sancta Dei ecclesia gladium non habet nisi spiritualeni ac divinum. » Ep. 26.

3. Viia Nicolai I, Mansi, Concil., XV. Cf. Mui-at., Rer. ilaL, III, pars 2, p. 298, 301. Le père de Nicolas I^r se nommait Théodore et est qualifié de regionarius. C'est vraisemblablement le même qu'on voit figurer, sous les pontificats de Léon IV et de Benoît III, avec le double titre de notarius et de scriniarius. Voy. Jaffé, Regestn.

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avait été associé par Benoît III, successeur do Léon, à l'administration des affaires générales de l'Eglise \ A regard de son caractère, on est réduit aux indications que fournit sa correspondance. Son style net et toujours égal, son argumentation serrée et fortement conduite, dénotent un esprit lucide et maître de lui-même. Rarement ses lettres s'animent; plus rarement elles atteignent à l'éloquence. Le sentiment élevé qu'il avait du rôle de la papauté semble surtout s'être traduit chez lui par une ferme disposition à exercer avec équité, avec sagesse, cette magistrature supérieure dont il se croyait revêtu. Les historiens modernes, qui l'ont accusé d'avoir fait usage des Fausses Décrétâtes, lui ont attribué une ambition mêlée de duplicité'. On a vu combien peu était fondée une telle accusation. Ce qui parait avoir le plus frappé les hommes de son temps, c'est qu'il s'adressait aux princes de ce ton impérieux qu'eût pu prendre un maître du monde ^ Peut-être a-t-il prévu que sur les débris de l'Empire Carolingien s'édifierait un jour la toute-puissance du Saint-Siège. L'un de ses biographes a dit avec raison qu'il était le plus grand pape qui, depuis Grégoire I", eût occupé la chaire apostolique \ Toutefois cette grandeur,

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