Benoît X (Jean de Velletri) et Honorius II (Cadaloûs
4. Dans une lettre datée du 22 janvier 1075 (Ep. II, 49, in Jaffé, Mo?i. Greg.), Grégoire dit : « Romœ, quam coactus, Deo teste, jam a viginti annis inhabitavi. » Vingt années comptées en deçà du 22 janvier 1075 nous reportent au 22 janvier 1055. Or il est constant que Grégoire habitait Rome avant cette date, puisque, de son aveu, il quitta cette ville en 4047 à la suite de Grégoire VI, déposé par l'empereur Henri III, pour y revenir plus tard avec Léon IX (Ep. VII, 14 a). De là Jaffé conclut que, dans la lettre ci-dessus, Gré-
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digne de foi, que nous rapportons, autorise à conclure qu'en 1033. première année du pontificat de Benoît IX, Hildebrand n'avait pas encore atteint l'âge d'homme et approchait au plus de celui de l'adolescence.
Il est hors de doute qu 'Hildebrand avait été initié de bonne heure à la vie du cloître'. On peut croire qu'il fut moine, durant quelque temps, à l'abbaye de
goire a entendu signifier qu'il avait commencé d'habiter Rome à Vâge de vingt ans. Combinant cette interprétation avec l'indication tirée du microloge, Jaflfé établit que, de 1033 à 1044, le futur pontife était âgé de vingt ans, ce qui met sa naissance entre 1013 et 1024. Quant aux mots « a puero » employés par l'auteur du microloge, Jaffé les traduit selon les idées canoniques, d'après lesquelles l'âge de l'enfance « pueritia » était supposé ne cesser qu'à la vingtcinquième année (Gratiani, Decr. P. 1. D. 77, c. 7). Ces diverses interprétations ne nous semblent pas acceptables.. Et d'abord nous regardons comme inadmissible la traduction proposée par Jaffé des mots <( a viginti annis », et nous aimons mieux, avec Giesebrecht (cité par M. Schirmer), admettre, de la part de Grégoire, une inexactitude d'expression, qu'explique d'ailleurs l'émotion qui règne dans la lettre où ces mots sont écrits. Nous repoussons de même le sens que Jaffé attribue à l'expression « a puero ». Plusieurs fois, dans sa correspondance, Grégoire use de ce terme « a puero, a pueritia », à propos de son éducation à Rome; la même expression reparait chez ses biographes (Murât., Rer. ital., in, p. 31.5); et il n'est guère supposable que, dans tous ces passages, on ait détourné ce terme de son sens habituel pour lui appliquer une signification spéciale. Une fois même, Grégoire se sert du mot « infantia » {Ep. III, 10 a), qui, s'entendant ordinairement d'un âge plus tendre, ferait croire que Grégoire était à Rome dès ses premières années. Au dire d'un chroniqueur, dont l'autorité n'est pas à dédaigner, Grégoire serait même né à Rome d'une famille bourgeoise de cette ville (Hug. Flavin. in Chron. Virdun. Pertz. Mon. germ. SS. VIII, p. 422). Il parait toutefois plus vraisemblable que c'est à Saône, en Toscane, que naquit Grégoire. (Voigt, p. 1 ; Schirmer, p. 27.) 1. Murât., Rer. ital., UI, p. 314, 315.
Cluiiy'. Sur la foi d'un chroniqueur^, on Ta fait prieur de ce monastère\ Rien n'est plus contestable. L'auteur du Liber ad amicum, Bonizo, évêque de Sutri, contemporain et apologiste de Grégoire, se borne à rapporter qu'après avoir quitté Rome à la suite de Grégoire YI, que venait de déposer Henri III, Hildebrand entra, comme moine, à l'abbaye de Cluny*. Ce qui a vraisemblablement donné lieu à cette version du priorat, c'est que, vers l'époque à laquelle vécut Hildebrand, un personnage du même irom fut prieur [prœpositus) h ce monastère ^ Un chroniqueur a même fait visiblement confusion entre les deux personnages*^.
Sorti de Rome en i047 avec Grégoire VI, Hildebrand y revint, deux ans après, avec Léon IX. Ce pape l'emmena avec lui, soit de Cluny, soit plutôt de Worms^ où il avait eu sans doute occasion de
1. M. Schirmer nie le fait, sans fonder sa négation sur des preuves suffisantes.