‹ La papauté au Moyen ÂgeChapitre 61 sur 227 · Voigt, p · texte numérisé non relu

Voigt, p

4. Bonitho {sive Bonizo), lib. ad am. 1. v, apud Jaffë in Mo7l. f/reg., p. 631. Hildebrand paraît avoir été attaché à Grégoire VI en qualité de chapelain.

5. « Hic (Hildebrannus), cum esset (Cluniacensis) monasterii prsepositus, bis invitatus est ut officium abbatise susciperet. » Act. sand. Mail, II, 686, in vita S. Majoli, abh. Cluniac. Saint Maieul mourut en 994.

6. <( Cluniacensis monasterii pater S. Majolus fertur illud B. Johannis baptistoe adaptasse : iste puer (Gregorius sive Hildelbran* dus parvulus) maguus erit coram Domino. » Paul. Bernried., 1. i, c. II.

7. Ce retour à Rome avec Léon IX, mentionné par Grégoire lui-

deviner son génie', et le fit sous-diacre de TJ^^glise ^romaine. C'est de ce retour à Rome que date la vie publique d'Hildebrand. Si l'on en croit l'auteur du Liber ad amicum^ il jouissait déjà d'un tel crédit sous Léon IX, que ce pape, se voyant mourir, à Rome, au mois d'avril 1054, lui remit solennellement le gouvernement de l'Eglise. L'inexactitude de ce récit a été justement relevée par M. Schirmer et par Jaffé, car il est constant qu'Hildebrand était alors en France ^ Ce n'est guère qu'à partir du pontificat de Victor II (10o4-10o7), successeur de Léon, que se montre clairement l'influence dllildebrand, dont le nom^so lit au bas de plusieurs privilèges concédés par ce pape à divers monastères ^ Sous le môme pontife se passa un événement qui nous semble devoir être considéré comme le point de départ de la renommée et de l'autorité dllildebrand. Nous voulons parler d'un concile tenu en France,

même (Ep. VII, 14 a), l'est aussi par ses biograpiies. Ceux-ci ne sont en désaccord que sur le lieu où le pape et Hildebrand se rencontrèrent. Voyez, sur ce point, la discussion de Pagi (^dans Baron., Ann.eccL, XVII, p. 20 et 21), et Schirmer, p. 32-37. M. Ch. Giraud estime que cette rencontre eut lieu à Besancon, où Léon IX, venant de AVorms, aurait reçu l'abbé de Cluny, accouru avec le moine Hildebrand pour lui rendre hommage [Grégoire VII et so?i temps. Hevue des Deux-Mondes, mars-mai 1873).

1. Bruno Signiens., m vita Leonis IX; Murât., Rer. ital. 111, secunda pars, p. 348.

2. Bonitho, Lib. ad am., 1. v. — Berengarii De sacra cœna adversus Lanfrancum liber, edit. Vischer, p. 53. — Jaffé, Mon. greg., p. 636. — Schirmer, p. 45.

3. Voy. Jaffé, Regesta pontificion, p. 379, où ces privilèges sont notés sous les nos 3991, 3292, 3293, 3294, 3297, 3311 et 3312.

eu 1055, et qu'il présida comme légat du Saint- Siège. Il y convainquit publiquement un archevêque de simonie, et déploya en cette occasion une telle force de parole , qu'à sa voix plusieurs prélats , s'avouant spontanément coupables du même crime, se démirent de leurs fonctions. L'événement fit assez de bruit pour que l'on ait vu là un miracle'.

Depuis ce moment, l'influence d'Hildebrand ne fit que croître. Des afl'aires graves étaient remises si complètement à sa décision, durant le pontificat d'Etienne X (1057-1058), qu'elles se trouvaient suspendues par son absence ^ Il paraît avéré, malgré les doutes élevés à ce sujet, que, dans un synode tenu à Rome en 1058, Etienne défendit que, dans le cas où il viendrait à être surpris par la mort, on procédât à l'élection d'un nouveau pape avant le retour d'Hildebrand , alors en mission auprès de l'impératrice Agnès, veuve de Henri IIP. L'autorité d'Hildebrand ne put que grandir encore sous Nicolas II (1059-1061), qui fut redevable de la tiare à son

i. Bonitho, Lih. ad am., 1. vi. — Desiderii miracula S. Bénédictin ap. Mabillon, Acta Sanct., IV, ii, 458. — Labb., Concil. IX, 1077. — Jaffé, Mon. Greg,, p. 640, n. 5. D'après diverses chroniques qu'ont suivies Baronius et Voigt, soixante et douze prélats auraient avoué spontanément le crime de simonie. Bonizo, qui ne se fait pas faute d'exagération, ne parle que de dix-huit évêques. M. Schirmer n'en compte qne six, sans indiquer le document sur lequel il s'appuie.

2. Voir une lettre d'Etienne X à Gervais, archevêque de Reims, sept.-oct. 1057. Labb., Concil. IX, 1083. — Jafîé, Regesta, p. 382.

3. Labb., Concil. IX, 1087. — Jaffé, Regesta, p. 383. — Voigt, p. 41. — Schirmer, p. 58.

initiative et qui le fit archidiacre. Telle était Timportance du nouvel archidiacre, que Pierre Damien , écrivant à Nicolas II, ne les séparait pas l'un de l'autre dans les témoignages de son obéissance', et que Nicolas II, de son côté, envoyait dans ses lettres le salut d'Hildebrand avec le sien'. Sous Alexandre II (1061-1073), successeur de Nicolas, l'ascendant d'Hildebrand. devenu chancelier de l'Eglise romaine, paraît être sans limites \ Une lettre de Sigefroi, archevêque de Mayence, adressée, sur la fin de ce pontificat, à l'archidiacre Plildebrand. nous montre que les affaires passaient ordinairement par ses mains et que leur succès dépendait de sa protection \ Grégoire mentionne d'ailleurs le fait dans sa correspondance". On connaît le distique de Pierre Damien sur Alexandre et Hildebrand^ Ce qui n'est pas moins significatif, ce sont des lettres où celui-ci, devenu pape, rappelle que, n'étant encore qu'archidiacre, il recevait ou envoyait en son nom lettres et légats". Enfin, de l'aveu même de Grégoire, ce fut

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