‹ La papauté au Moyen ÂgeChapitre 78 sur 227 · Ep. coll · texte numérisé non relu

Ep. coll

En dépit de ces injonctions, les délégués apostoliques étaient quelquefois mal écoutés ou malreçusV Sentant bien qu'avec eux était engagée sa propre autorité. Grégoire s'attache par tous les moyens à triompher de la résistance qu'ils rencontrent. 11 ne se contente pas d'exiger, en vertu de leur caractère, une obéissance absolue à leurs décisions ; il frappe les récalcitrants de peines ecclésiastiques. Des clercs de l'église de Màcon, qui avaient manifesté envers un de ses léaats une rébellion mêlée de violence, durent se rendre à Cluny pieds nus et faire satisfaction devant l'autel de saint Pierre-. Au synode de 1078, il déclara anathème et menaça, dès cette vie, de la vengeance céleste tout prince, tout prélat, qui, par fraude ou par force, mettrait entrave à l'action de ses légats^ Les évêques, en effet, non moins que les princes, se montraient quelquefois hostiles aux envoyés du Saint-Siège, osant même, dans certains cas, dissiper par la violence les conciles qu'ils présidaient*. La cause de cette hostilité venait moins d'un manque de respect envers le souverain pontife que d'une répugnance à céder devant des ecclésiastiques qui étaient leurs égaux ou même leurs inférieurs en dignité; car, si Grégoire choisissait le plus souvent pour ses légats des abbés considérables^

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