Ep. II, 49. — Ep. coll. H. — Cf. Ep. I, til; II
GREGOIRE Vil. 111
mieux son caraclère que la conduite qu'il tint avec ses légats, institution qui dut à Grégoire une importance toute nouvelle, et sur laquelle il ne nous semble pas que les historiens aient porté une suffisante attention.
Par ses légats, véritables lieutenants du Saint- Siège, Grégoire était comme présent sur tous les points de la chrétienté. Il en envoya non seulement en Italie, en Allemagne, en Espagne, en France, en Angleterre, mais en Hongrie, en Pologne, en Russie même et en Danemark '. Chargés de faire prévaloir en leur personne les idées et l'autorité du Saint- Siège, ils étaient par cela même un sujet de constante préoccupation pour Grégoire. Il en parle dans la plupart de ses lettres. Il ne néglige rien pour les entourer du prestige qui convient à leur rôle. <( Celui qui les reçoit nous reçoit, » dit-il souvent, en usant pour eux de l'expression employée par Jésus- Christ à propos de ses disciples ^ « Ecoutez-les, dit-il encore, comme si vous entendiez notre voix et que vous eussiez devant vous notre face. » Ces prescriptions ne lui suffisent pas, et, en certaines circonstances, il va jusqu'à ordonner pour ses légats le même accueil qui serait fait à saint Pierre, venant de sa personne au milieu des nations^.
1. Il fut sur le point d'en envoyer en Norwège ; il en envoya aussi à Constantinople.