Ep. II
évêqucs et à tous les hommes religieux, tant clercs que laïques, dépendants de ce siège, de procéder d*'un commun accord à l'élection du métropolitain. (( Néanmoins, ajoute-t-il, si vous voulez suivre nos conseils, choisissez l'une des trois personnes dont nous vous donnons ici les noms et que nous savons jouir parmi vous d'une bonne renommée ; vous avez d'avance notre plein assentiment*. » Une autre fois il envoie Léger, évèque de Gap, aux fidèles de l'Eglise d'Arles, — privée aussi de son pasteur, — et les engage à le choisir pour leur évèque, dans le cas 011^ de concert avec ce prélat et avec Hugues, évèque de Die, légat apostolique, ils jugeraient que personne, dans leur diocèse, n'est apte à remplir la vacance^ De là à nommer directement l'évèque et à l'imposer aux fidèles, il n'y avait qu'un pas; Grégoire n'a pas manqué de le franchir. Mais, portée jusque-là, son intervention est rare, accidentelle; elle ne présente aucun des caractères qui appartiennent à un droit revendiqué, même indirectement, parle Saint-Siège \ Toutefois, si l'on ne peut dire que Grégoire se soit arrogé le droit de nommer lui-même les évêques, il a, sur ce point, frayé la voie à ses successeurs, en pratiquant, à côté des canons qui proclamaient la liberté de l'élection, quelque chose d'analogue à ce qu'on pourrait appeler le suffrage dirigé.