‹ La papauté au Moyen ÂgeChapitre 93 sur 227 · Ep. I, 2G · texte numérisé non relu

Ep. I, 2G

générales)^ adressées aux évêques, aux princes de la chrétienté ou à l'universalité des fidèles, et, avec elles, d'autres actes d'un intérêt majeur, comme les lettres du pape sur le droit canonique et l'élection des évêques. Peut-être aussi les scribes étaient-ils avertis, une fois pour toutes, d'enregistrer les lettres relatives à certaines affaires graves, ainsi qu'il dut arriver pour la querelle de l'Empire dont toutes les pièces furent réunies dans un registre spécial, le Registriim super negotio imperii Romani. Quant aux lettres qui ne rentraient pas dans l'une ou l'autre de ces catégories, il est permis de penser que le pape ou le chancelier, ou encore l'un des notaires qui concouraient avec celui-ci à la direction de la chancellerie, en ordonnait de lui-même la transcription'. Enfin certaines pièces étaient enregistrées à la requête des destinataires, qui ne croyaient pas leurs intérêts suffisamment sauvegardés par la possession des expéditions proprement dites ^

1. Les Liiterœ générales (Ep. XVI, 29; Reg. ùnp., ep. 98) peuvent être ajoutées à Tintéressante énumération que M. L. Delisle a donnée, dans son mémoire, des différentes espèces dactes d'Innocent III.

2. Ainsi, pour prendre un exemple parmi les actes adressés au Saint-Siège, ce fut sans doute Innocent III qui prescrivit l'enregistrement des serments prêtés par les barons et les villes du midi de la France au sujet de l'hérésie, et dont Mile, son légat, lui avait envoyé des copies collationnées avec soin sur les titres originaux. Ep. XII, 106.

3. L. Delisle, mémoire cité, p. 1], Voir aussi une note de Baluze insérée dans le t. I de l'édition Migne, col. 856,

Non seulemont les registres ne contenaient pas le double de toutes les lettres expédiées, mais les pièces enregistrées n'étaient elles-mêmes, pour la plupart, qu'un abrégé des actes originaux *. Tout incomplets qu'ils fussent, ces registres n'en représentaient pas moins, pour le Saint-Siège, le plus précieux de ses documents. Innocent III déclarait qu'on ne pouvait causer de plus grand dommage à l'Eglise de Rome qu'en altérant ou en détournant ces registres ^ On y recourait à tout moment pour continuer une correspondance, pour vérifier certains faits. Si l'une des lettres émanées de la chancellerie venait à s'égarer, on la recopiait d'après les registres, et la lettre, ainsi rétablie, était expédiée de nouveau ^ Indépendamment des copies délivrées sur la requête des personnes intéressées, les registres étaient mis, au besoin, sous les yeux des demandeurs. Malgré les précautions qui présidaient à cette communication \ elle ne se faisait pas sans péril; une personne admise, sous le pontificat d'Innocent III, à consulter le registre d'un de ses prédécesseurs, trouva moyen d'en arracher deux feuillets ^

Un autre usage auquel servaient les registres.

1. Voy. à l'Appendice les détails que nous donnons sur ce point dans la notice intitulée : les Rcrjistres dlnnocent III.

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