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—il faut excepter ceux qui en furent empêchés par la vieillesse ou la maladie—répondirent à l’appel de leur chef.
Le 8 décembre 1869, jour de la fête de l’Immaculée Conception, à cinq heures du matin, toutes les troupes pontificales furent appelées sous les armes et échelonnées sur la place Saint-Pierre. Nous étions près de l’obélisque de Néron, la carabine au bras depuis deux heures et exposés à une pluie torrentielle, lorsque le colonel Allet nous donna l’ordre de marcher de l’avant. Cet ordre arrivait à temps : nous étions mouillés jusqu'aux os et transis de froid, nous grelottions comme si nos membres avaient été
mis en mouvement par des ressorts invisibles. Nous
entrons dans l’immense basilique constantinienne, et nous formons la haie comme aux grandes fêtes des noces d’or de Pie IX. Les zouaves étaient les enfants gâtés du Saint-Père ; car, dans toutes les circonstances solennelles, les officiers supérieurs nous assignaient invariablement la place d'honneur. Après quelques moments d’attente, notre bon papa Allet commande le genou-terre. Toute l'assistance tombe à genoux comme foudroyée, à la vue du vénérable vieillard du Vatican et des sept cents soixante-onze têtes mitrées qui le précèdent. Quelle majestueuse procession nous voyons alors défiler! Quelle grandeur
et quelle vertu ons avons devant nous ce que l’Eglise renferme de plus saiui. Nous avons devant nous les prélats les plus illustres que le catholicisme ait jamais donnés à la terre. Nous avons devant nous les plus courageux athlètes qui aient jamais figuré sur la scène catholique. Nous avons devant nous, enfin, les plus nobles défenseurs du droit et de la Papauté.
Les cérémonies de l'ouverture du Concile se pro-
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longèrent jusqu’à deux heures de l'après-midi. Nous
retournons à nos casernes complètement épuisés de fatigue et de faim. Etre debout depuis cinq heures du matin jusqu’à deux heures de l'après-midi, sans bouger un seul instant et n’ayant pris pour toute nourriture qu'un demi-litre de café noir ! C’est presque incroyable. Pourtant c’est la vérité, et encore le temps nous a paru court, tant le cœur avait éprouvé de si douces jouissances.
Les délibérations du Concile du Vatican, qui pro-
clama néanmoins le dogme de l'infaillibilité du Pape, furent interrompues en 1870, à la veille des grands et tristes événements que nous raconterons dans le prochain chapitre.