PRESENTATION DES PARCHEMINS
Le colonel Rouleau, qui manie aussi bien la parole que l'épée, présente au capitaine Guilbault le parchemin qui le créait chevalier de St-Grégoire (ordre militaire). M. Rouleau accompagna cette présenta-
tion de quelques paroles émues à l'adresse de son frère d'armes et qui furent couvertes d’applaudissements, après quoi les clairons et les tambours firent entendre leur voix vibrante, réflétant l'enthousiasme et la joie des camarades.
Le commandement “ Présentez armes 17 se fit ensuite entendre, et ce suprême hommage militaire fut exécuté avec une maëstria et un brio imposants.
Le même cérémonial se répéta pour le lieutenant Louis Lefebvre qui, lui aussi, fut l’objet de sincères hommages de la part de son colonel.
En présentant ces brevets, M. Rouleau dit que la chevalerie est une fleur des champs de bataille qui ne pourrait fleurir sur plus noble poitrine que celle des deux titulaires des décorations de ce soir, MM. Guilbault.et Lefebvre.
Le capitaine Guilbault prit le premier la parole et exprima sa surprise à la vue d’un si grand honneur, dont, naturellement, il se déclare bien indigne, opinion qui, soit dit en passant, n’a pas paru partagée par ses supérieurs et tous ses camarades,
En somme, M. Guilbault, quoique pris tout-à-fait à l’improviste, a fait un discours spirituel tout plein et assaisonné d’un bon'sel gaulois, qui démontre que
l’ancien zonave devait être, dans le temps, un joyeux camarade de régiment.
Le lieutenant LOUIS LEFEBVRE, Chevalier de S. Grégoire-le-Grand.
M. L. Lefebvre, avec une émotion visible, remercia vivement le commandant et M. l’auônier, et déclara®que [rien n’aurait pu lui causer plus de joie que ila décoration qui lui est transmise ce soir. C’estfun bonheur, dit M. Lefebvre, que je n'aurais jamais oséf'rêver, car je considère que c’est le plus grand honneur dont un soldat puisse être l’objet, puisqu’ellefvient de Fie X, le vicaire du Christ, qui est le roi des rois, Comme son camarade, M. Guilbault, il est très heureux de cette décoration dont
l'honneur retombe sur tout le régiment. (Vifs applaudissements).
M. l’aumônier se lève ensuite et dit que les paroles des deux nouveaux décorés lui rappellent cette histoire d’un général français qui devenait timide et tout tremblant lorsqu'on lui faisait des éloges et déclarait qu’il préférait une pluie de balles à une averse de compliments.