CHAPITRE II
279. (p. 78). — Les conciles qui ont suivi, dits œcuméniques (occidentaux) , n'ont jamais réussi à obtenir le même crédit que les anciens ci-dessus nommés. Cela ressort même de la Professio fidei Orientalibus prsescripta ab TJrbano VIII (Denzinger,Enchir.3' éd., p. 296 sqq), où il est dit, après rénumération d- s huit anciens conciles œcuméniques: veneror etiam et suscipio omnes alias universales synodos auctoritate R. P. légitime celebratas et confirmatas, et prsesertim Florentinam synodum. Elle évite d'en faire une désignation ou énumération précise, parce que sur oe point rien n'était fixé : en fait de synodes généraux ou légitimes, les uns comptaient celui-ci. les autres celui-là.
même à Rome <et dans les collections de conciles. Le cardinal Bellarmin arrêta le premier une liste, peu à peu, à peu près généralement acceptée, car, au fond, il n'existe encore, à l'heure qu'il est, aucun dénombrement fermement établi. V. là-dessus l'exposé très complet dans Dœllinger-Reusch, die Selbst-Biographie des card. Bellarmin, p. 226 sqq. ; Friedrich, KG., III, 7 sqq ; Schulte, Die Stellung der Concilien, p. 292. — A cela, j'ajoute que Demsdedit, lib. 2, c. 93, p. 211, ne compte que sept synodes œcuméniques ; que probablement aussi le concile de Constance ne parlait que de huit œcuméniques dans le serment du pape, dont il avait fixé les termes, car oelui-ci d'après le Cod. lat. Mon. 5596, f. 6 dit seulement : Item Nycœnum octavum quoque Constantinop. usquc ad unum apicem, etc.. tandis que l'addition des synodes occidentaux est en marge. Friedrich, ueb. den authent. Text der IV Sitzg. des Conc. v Constanz, akad Sitzgsber, 1871, p. 251. Enfin, confirmant ce qui précède, l'archev. de Spalato, le porte-parole du pape au synode de Bâle, a dit : « qu'il savait... que les papes ne juraient que sur 8 conciles » ; à quoi le card. Julian Cesarini ne fit aucune observation. Hefele-Hergenrôther, Concil. Gesch., VII, 2, 555.
280. (p. 78). — Mais en revanche, de violentes colères de leur part contre les moines : l'abbé du Mont-Cassin, ayant voulu défendre les intérêts de son couvent, ils se soulèvent bruyamment contre lui : dicentes nil auud superesse, nisi ut sublatis virgis et anulis deservirent monachis : « illi enim ecclesias, villas, castra, decimationes, vivorum et mortuorum oblationes retinent... » Chronic. Casin. MG. SS. VII, 802. La seule trace de débats qu'on y observe est caractéristique du concile : l'archevêque de Pise, lésé dans ses prérogatives épiscopales, se prend de dispute avec le pape : Archiepiscopus vero Pisanus inter alios episcopos sedens, hoc audito mitram et anulum ante pedes d. papx proiecit, et irato animo dixit : « Ulterius archiepiscopus et episcopus tuus non ero. » Papa ilico anulum et mitram cum pede longe proiecit et dixit : « Frater, maie fecisti, et te inde penitere procul dubio faciam. »
281. (p. 78). — « Auctoritate sedis ap. prohibemus » est-il dit dès le premier canon, Harduin, Concil. VI, 2, 1111.
282. K 78). — Harduin, 1. c, 1214 ; Watterich, R. P. vitœ, II, 252 (chronic. Mauriniac) : Hti dictiis, singulos quos reos cognoverat, propriis njominibus exprimens eisque cum indignativne et iurgio exprobrans, pastorales baculos de manibus violenter arripuit, et pontiflcalia pallia, in quibus summa dignitas consista, de humeris vcrecundose abstraxit. Ipsos quoque anulos, in quibus ad ipsos pertincns ecclesiœ desponsatio exprimitur, sine respectu misericordiœ abstulit.
283. (p. 79). — Dans Trouilla't, Documents de Bâle, I, 389 : « /?i generali concilio summi Pontiflcis... judicatum est. »
284. (p. 79). — His omnibus congregatis in loco suo prsefato. et jitxta morem conciliorum generalium in suis ordinibus singulis collocatis, facto prius ab ipso papa exhortationis sermone, recitata sunt
in pleno concilio capitula sexaginta, quae aliis placabilia atque aliis videbantur onerosa. Tandem de negotio Crucifixi et subsidio terrœ sanctse verbum prœdicationis exorsus subjunxit dicens... Matth. Paris, chronica major, éd. Luard, London, 1874, II, 631.
285. (p. 79). — Nous ne connaissons d'ailleurs les décrets que parce qu'ils ont été insérés séparément dans le recueil des Décrétales de Grégoire IX, avec la mention : Innocentius III in eoncil. Lateran.
286. (p. 79). — Tune vero solutum est concilium générale. Papa vero prœlatis petentibus licentiam repatriandi, minime concessit ; immo a singulis auxilium in pecunia. postulavit, quam recessuri cura viaticis cogebantur a mercatoribus curise Bom. duris conditionibus mutuare. Et sic, cum bénédiction e papali ad propria remearunt. Matth. Paris, hist. minor, éd. Madden, II. 174 ; de même, chron. mai, II, 635 ; et : abbreviatio chronicor., III, 234.
287. (p. 79). — Raynald, Annal, a. 1245, 1, nous apprend qu'Innocentë n'avait appelé au concile que l'archevêque de Sens, avec les évêques de sa province, le roi de France et un certain nombre d'évêques anglais. Raynald, qui avait sous les yeux le registre papal, ne put découvrir d'autres convocations. Les évêques allemands, qui étaient venus à Lyon trouver le pape, repartirent peu après l'ouverture du concile. Aussi est-ce pour cette' raison qu'Innocent a évité de désigner le concile comme un concile général, et que tant de manuels théologiques font preuve d'ignorance en le présentant comme œcuménique. Il en est de même pour le synode de Vienne en 1311, à propos duquel Clément V lui-même a déclaré qu'il n'avait convoqué qu'un petit nombre d'évêques choisis par lui (Raynald a. 1311, 52 dans sa lettre à l'empereur Henri VII). [Le prof. Friedrich a accumulé, en outre, p. 423 de l'édition allemande, toute une série de témoignages, prouvant que le concile de 1245 n'avait pas été œcuménique.]
288. (p. 80). — Sic dans l'historien officiel de la curie, Nicolas de Curbio. vita Innoc. IV dans Baluze, éd. Mansi, I, 198. — Nie. de Curbio ajoute plus loin que le pape Constantin avait excommunié lempereur Justinien pour avoir mal accueilli ses légats : que l'empereur, le regnum sur la tête, s'était jeté aux pieds de Constantin, implorant sa grâce, jusqu'à ce qu'il eût obtenu son pardon ; que le pape Etienne avait déposé le roi Charles et élevé au trône à sa place son frère Pépin ; de même que Nicolas I" avait excommunié deux empereurs, Michel et Lothaire ; de même, Ambroise, évêque de Milan, l'empereur Théodose : Alexandre III, l'empereur Frédéric I" : Innocent III excommunié et déposé Othon IV. Quis ergo nisi mente captus ignorât potestatem Imperatoris et Regum Pontificibus esse subjectam ? — Au concile de 1245, les évêques eurent un rôle plus effacé encore que ne le dit Dœllinger : Innocent IV fit tout lui-même et accorda seulement au concile l'honneur d'être présent : c'est à ma connaissance la première fois que surgit la formule « Sacro présente
concilio » P. 11733, que Pie IX, le 8 décembre 1854 reproduisit, avec bon goût, sous la forme « adstantibus et plaudentibus episcopis », Friedrich, KG. I, 338.
289. (p. 80). — Pour les détails v. Tillemont, Vie de saint Louis, III, 83. — Tillemont montre en outre les procédés qui furent mis en œuvre au concile pour faire signer les donations des princes à Rome, en particulier celles de Jean Sans-Terre, P. 11722 : « Il semble par Matthieu Paris que les évesques d'Angleterre n'aient signé ces actes détestables, comme il les appelle, que quelques jours après cette séance. Ils le firent par un commandement exprès dui pape, auquel ils n'eurent pas le courage de résister. »