TAXE SUR LES PROSTITUÉES
bien, le voleur a le droit de repousser sa revendication, (lnfertur, exdictis,hanceompositionem esse tutam in conscientia et posteam factam debilorem non teneri in foro interno aliquid ulterius resliluere,etiamsi postea verus dominus ejusmodi bonoruin compareat. Mendo, loc cit., p. 369.)
Inutile d'ajouter que la Bulle de croisade ouvre les portes du ciel toutes grandes, et qu'elle efface tous les péchés. Au xvi* siècle tout le monde l'achetait, mendiants comme grands seigneurs. Quiconque se fût abstenu eût été par ce seul fait suspect aux inquisiteurs. (Relazione degli ambasciatori Veneti al Senato. Ed. Alberi. Firenze, vol. XIII, p. 24. et XIV, p. 379). Le prix modeste de 2 réaux pour chacune des trois parties de la Bulle permettait à chacun d'apaiser facilement sa conscience. L'ambassadeur vénitien Paolo Tiepolo rapporte en 1563 à son gouvernement que le roi d'Espagne a touché pendant les trois dernières années plus d'un million de ducats de la vente de la cruzada.
La vente des indulgences rapportait des sommes énormes à Rome. On citait sous Jules II un moine rentrant dans son couvent après une tournée de vente et ayant encaissé 27.000 ducats. On faisait flèche de tout bois. La curie vendait des indulgences pour une durée de 200.000 ans dans cette vie-ci et dans l'autre. Elle ne dédaignait aucune source d'impôts.
Les prostituées à Rome payaient chacune au pape un tribut hebdomadaire, qui rapportait à la curie au xv° siècle un total annuel de 20.000 ducats (Romana scorta in singulas hebdomadas Julium pendent Pontifici, qui census annuus nonnunquam vigenti millia ducatos excedit. — Agrippa von Nettesheim dansKoch, de obscœnispontificorum decimis, Flensburgi 1707, p. 17). En l'année 1566, l'ambassadeur vénitien Paolo Tiepolo évalue le revenu a un chiffre pareil. (V. Beumont, Gesch. der Stadt Bom, III, 2e éd., p. 790).
Au xvn* siècle, le Jésuite Petrasancta estime que les papes doivent autoriser la prostitution de facto et de jure : il s'appuie pour cette démonstration sur l'Écriture sainte qui n'interdit nulle part la prostitution (quid si dixero, Scripturam sacram, ne méretrices