TARIFS DES CONFIRMATIONS
taxes, depuis le xvm' siècle, sont sans grande importance : on vend toujours à Rome l'exercice des plus grands crimes et des facultés les plus naturelles, mais on abaisse les prix.
Un document de notre époque nous permet d'apprécier l'état actuel du système des taxes : c'est un de ces tarifs comme celui du XV111" siècle, qui a remplacé l'ancien Livre de la Chancellerie. 11 émane d'un agent romain, Sgambaty, qui avait ouvert à Paris « un cabinet de correspondance » et offrait, dans une circulaire au clergé français les dispenses matrimoniales, absolutions, indulgences, les reliques des saints, etc., qu'on pouvait se procurer à Rome (1).
Un prêtre français publia la circulaire, et demanda au nonce de désavouer l'agent : le nonce garda le silence.
La vente des indulgences n'était qu'une des branches de la vaste industrie financière des papes. D'autres sources, non moins fécondes, alimentaient le budget de la curie; les unes régulières et fixes ; les autres occasionnelles et variables.
Parmi les premières, il faut citer les droits perçus pour la confirmation des évêques et archevêques, qui rapportaient des sommes considérables a la Chambre apostolique (la Caméra apostolica, mater pecuniarum, dit la Glossa in regul. 66 cancell. Innocentii VIII).
Ces droits commencèrent déjà à être appliqués au xme siècle, mais le tarif précis sur chaque évêché et abbaye n'en fut établi qu'au xive siècle. Un exemplaire complet de ces tarifs, qui avait appartenu au pape Renoît XIV et dont la bibliothèque de la ville de Roiogne a hérité, nous a conservé la nomenclature de ces taxes. Les archevêques de Mayence, Cologne, Trêves et Salzbourg avaient à payer chacun 10.000 florins d'or (le florin d'or ou ducat valant 8 1/2 francs, cela fait environ 85 mille francs) : les archevêques de Rouen, 12.000 florins ; de Tolède, 8.000 ; de Sens, 6.000 ;
(1) Voir l'Observateur catholique, avril-octobre, t. IV. Paris, 1857, pages 222 et 250.