TARIFS DES CONFIRMATIONS
de Toulouse, de Séville, 5.000 ; de Langres, 9.000 ; de Liège, 7.200 ; de Cambrai, de Metz, 6.000, etc., etc. ; les abbés de Saint- Germain des-Prés, 8.000 ; de Saint-Denis, 6.000, etc. ; l'ensemble des abbayes du diocèse de Paris était taxé 18.366, et celles du diocèse de Rouen à 24.206.
Dans les doléances que le clergé français présenta au concile de Constance, il est dit que les évêchés et les abbayes de France étaient taxés ensemble à 697.750 florins et que celle somme devait être payée, dans sa totalité, en moyenne tous les trois ans, en raison des fréquentes mutations des prélats.
Les taxes ne firent qu'augmenter dans les siècles suivants; l'évèché de Bamberg, au commencement du xvie siècle, avait à payer pour chaque confirmation 15.000 florins; Mayence, au xvi" siècle, est élevé au chiffre de 27.000 ; Salzbourg, qui au xiv* paie 10.000, se voit porlé aux xvic et xvn" siècles à 25.000 et 26.000 ; au xvin" à 31.000, et en 1787, Dalberg, pour obtenir sa confirmation comme coadjuteur de Mayence et de Worms, fut obligé de payera Rome 80.000 florins. Il va de soi que les prélats se récupéraient sur leurs ouailles au double ou au triple de la somme envoyée à Rome. Les taxes pour la confirmation devaient être payées à chaque nomination nouvelle. Dans le xv" siècle, Mayence, pendant une seule génération, versa sept fois la somme de 25.000 florins d'or pour confirmations, et Salzbourg sous le pontificat de Benoît XIV, dans l'espace de neuf années, trois fois la somme de 32.333 scudi.
Lepallium, qui était imposé aux archevêques, rapportait également des sommes importantes : ainsi, on voit au xm* siècle déjà, l'archevêque Henri II de Trêves, qui en 1265 avait été déposé pour avoir refusé le pallium, être obligé pour sa réintégration de payer 165.000 florins d'or (ou 33.000 mark d'argent). Le prélat qui était transféré dans un autre évèché était tenu, quoique possédant le pallium, de l'acheter une seconde fois.
Le total de ces sommes n'était pas entièrement encaissé par le pape : une légion de cardinaux, neveux de papes, courtisans, employés de la curie, etc., se répartissait la manne d'or. Seules les Taxes du Pallium allaient tout droit à la Chambre apostolique et n'étaient partagées ni avec les cardinaux ni avec les « vacabilistes ». — Le décompte et l'affectation des différentes fractions du prix payé
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nous sont connus par les factures que la curie adressait aux intéressés. C'est ainsi que l'archevêque Ernest de Salzbourg reçut en 1745, pour sa confirmation, une note (1) de 31.338 scudi, dans laquelle figurent sous la rubrique : Propina (gratification, pourboire) les sommes suivantes: Propina pour le Saint-Père, 1 .500 scudi et 1.500 juliens, — propina pour le protecteur, 1.635 scudi, — pour
(1) Computum expensarum, factaruni in expeditione literarum apostolicarum translationis ad ecclesiam metropolitanam Salisburgensem taxatam in libris camerœ ad fioren. 1 0.000 vacantem per obitum p. m. Leopoldi Antonii Eleutherii de Firmian, ad quam a Rev"" capitulo et canonicis dicta; ecclesiae Salisburgensis postulatus fuit celsissimns et reverendissimus Jacobus Ernestus ex comitibus de Liechtenstein, episcopus Olomucensis et canonicus ecolesia* Salisburgensis, a ss" domino nostro propositum die 23 septembris 1745 cuni clausula confirmantes et approbantes. — Taxa apud scriptores principalis 38 septies 28 commissio juranienti 16 et forma 12. — R. P. D. secretario consistorii pro decreto prorogationis brevis in administrationem 10 scuta 10 julii — Substituto ejusdem 2 se. 2 jul. — Juveni secretarii 9 jul. — Famulis illn,i D. secretarii 12 jul. — Subslituto ejusdem pro copia authentica decreti confirmationis electionis 1 se. 1 jul. — Pro memorialibus propositions in consis" torio 4 se. 4 jul. — Propina sanclissimi 1500 se. 1500 jul. — Gedula in secretaria brevium 2 se. 2 jul. — Minutanti secretario1 brevium pro extensione cedula? consistorialis et sigillo 44 jul. — Propina R. P. D. auditoris sanctissimi 25 se. 25 jul. — Propina eminentissimi protectoris 1635 se. — Illius auditor 25 se. 25 jul. — Secretarius pro sigillo 1 se. 1 jul. — Deereto consistoriali 33 se. 51 jul. — Substituto summissaria* (?) pro extraordinario pro céleri expeditione dich decreti 2 se. 2 jul. — Sacro collegio pro communi minuta et quietantia flor. 5400, 45-5887 se. — Clericis camerœ pro flor. 2176,33-2307 se. 4 jul. — Eisdem pro mantelletis 654 se. — Pro spoglio processus et confectione restrictus 6 se. 6 jul. — Scriptoribus apostolicis 26 se. 28 jul. — Scriptura bullarum 10 se. 10 jul. — Minuta bullarum 2 se. 2 jul. — Majusculis bene umbratis 2 se. 2 jul. — Eisdem pro regaliis 6 jul. — Abbrevialoribus 19 se 26 jul. — Eisdem pro primis visionibus et regaliis 20 jul. — Jannizeris pro taxa 12 se. 12 jul. — Eisdem pro communi 250 se 250 jul. — Collegio archivii 600 se. 600 jul. — Gubiculariis et scutiferis apostolicis 1000 se. 1000 jul. — Eisdem pro minutp et uno pro centenario 470 se. 470 jul. — Portionariis 1500 se. 1500 jul. — Militibus s. s. Pétri et Pauli 1500 se. 1500 jul. — Gamerariis et parafrenariis ssmi 200 se. 200 jul. — Participantibus de propinis palatii 2300 jul. — Protonotariis apostolicis 104 se. 106 jul. — Regaliis offieialium 2 se. 2 jul. — Palloto 12 jul. — Judicalura, turno et revisione etiam ratione. — Pallii 22 se. 28 jul.— Gustodi cancellaria- 12 se. 20 jul. — Plumbo 203 se. 357 jul. — Registro bullarum 1 se. 1 jul. — Gordulis nro 10 40 jul. — Transsumpto 2 se. 2 jul. — Extraordinario pro céleri expeditione dicti transsumpti 20 jul. 5 obol. — Notarii caméra? pro eorum quietantia 42 se. 42 jul. — Expeditione 100 se. 100 jul. — Agentia 200 se. 200 jul. — Sunt in totum scuta auri 10355 ad rationeni juliorum 16 1/2 pro quolibet scuto auri, et julii 10526 et obuli 5, quœ in totum constituunt scuta Mt" 31338 et obulos 40, — (Schlœzer's Staatsanzeigen, Bd 7. Heft 27. Gœttingen 1785, p. 321 sqq).
426 IFFIZI VACABILI
les cardinaux, 5.887 scudi, — pour les domestiques du pape et les gardes du corps, 1 .000 scudi et 1 .000 jul., — pour les chevaliers de Saints-Pierre-et-Paul, 1500 scudi et 1500 jul. — etc.
Le dictionnaire de Moroni (Dizionario di erudizione storico-ecclesiastica), entrepris sur l'ordre de Grégoire XVI, nous donne d'intéressants détails sur cette armée d'employés et fonctionnaires, répartis en congrégations ou collèges aux noms les plus variés (mameloucks, jannizeri, plumbatores, etc.). Plusieurs de ces catégories ou classes diverses d'employés achetaient leurs charges (uffizi vacabili) comme un placement avantageux, rapportant en général sept à huit pour cent.
Ces uffizi vacabili étaient déjà sous Sixte IV (1471-1484) au nombre de 650 et, ensemble, fournissaient déjà à la caisse pontificale une recelte de 100.000 scudi. Dans les siècles suivants, la création de ces emplois devint un souci constant des papes. Innocent VIII en créa plus de 300, que chaque acquéreur dut payer en moyenne 200 livres d'or. Alexandre VI nomma 80 scribes des Brefs, qui chacun, achetèrent leur emploi 750 scudi. Léon X porta leur nombre à 2.150 et se procura ainsi 900.000 fl. d'or. Paul 111 en ajouta 600, Paul IV 300, et Pie V 535. Sixte-Quint (1585-1590) surpassa ses prédécesseurs; il créa un grand nombre d'uffizi vacabili et augmenta les prix. Ces diverses opérations financières lui rapportèrent un million et demi de scudi.
Jusqu'à la Révolution française, il y a eu trois classes de vacabili : la première comprenait 48 prélats, dont le camerlingue, l'auditeur, le maître du trésor, 12 clercs de la chambre apostolique ; la deuxième comptait (outre les employés uniquement affectés aux affaires d'Étal) 588 membres(100 scribes apostoliques, 81 scribes des Brefs, 27 scribes de la Pénitencerie, 100 jannizeri, 19 courriers apost., etc.): la troisième classe contenait 2.559 places; les membres en étaient divisés en collèges (104 collecteurs des Plombs, 91 scribes des archives, 16 chefs des portiers, 401 chevaliers de Saint-Pierre, 671 cavalieri Pii, etc., etc..) — Xapoléon, eu 1811, ordonna la suppression de ces offices, et, jusqu'en 1814, on en liquida les 7/90S : mais, de nos jours encore, on voit figurer sur les comptes que la cour de Rome adresse aux évèques qu'elle confirme, la mention des anciens articles pour les jannizeri, employés des Plombs, etc.