DE L'INDIVIDUALISME CHEZ LES PEUPLES LATINS ET GERMANIQUES
CSote de V Avant-Propos.)
Parmi les facteurs qui déterminent l'histoire d'un peuple, certains semblent comme imposés par la nature et soustraits au libre arbitre humain; d'autres paraissent d'origine occasionnelle et susceptibles d'être modifiés par une résistance réfléchie. Si l'amour du césarisme est un caractère constitutif de certaines races, il est inutile de chercher à réagir contre le fatum qui conduit le troupeau moutonnier, et les efforts des philosophes et des hommes d'État pour corriger la nature ethnique sont à l'avance frappés de stérilité. Si, au contraire, la forme d'esprit césarienne n'est pas une fatalité psychologique chez ces races, mais une simple maladie accidentelle ou superficielle, il est permis d'espérer la guérir et d'en combattre les manifestations. Tel pourrait bien être le cas en ce qui concerne les Français.
Au premier abord, l'histoire de la centralisation politique et intellectuelle en France, depuis la fin du xvi* siècle jusqu'à nos jours, est faite pour donner raison à ceux qui affirment que le Franco-Latin est spécifiquement impropre à l'individualisme en politique et en religion. En France même, les défenseurs du trône et de l'autel proclament que « le génie latin, dont nous sommes les
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héritiers, répugne à la variété anarchique qu'engendre l'individualisme en politique et en religion ; que notre peuple cherche avant tout l'unité au temporel comme au spirituel, et que c'est pourcette raison qu'il a repoussé la Réforme au xvi° siècle, qu'il a refusé de laisser rompre l'unité religieuse par le protestantisme. L'esprit latin tend à l'universalité ou à la catholicité, et non au particularisme et au polymorphisme ».
Que vaut, en réalité, celte philosophie de l'histoire, qui, au nom de la catholicité du génie latin, condamne à perpétuité la France au catholicisme romain, c'est-à-dire à l'esclavage intellectuel (comme si catholicité était synonyme de catholicisme) et déclare notre peuple à tout jamais réfractaire aux qualités morales, résumées dans le mot assez mal sonnant d' « individualisme » — énergie , initiative personnelle, courage civique, etc. ? Certes, ces qualités sont fort obscurcies de nos jours, et on ne saurait actuellement les revendiquer comme une spécialité nationale — mais, en a-t-il toujours été de même, et n'est-ce pas se méprendre sur les traits distinctifs de notre peuple que de lui refuser toute aptitude à cette individualité morale que l'on admire chez les Anglo-Saxons?
Avant de souscrire à une pareille condamnation, il serait bon d'élucider une question préjudicielle, c'est-à-dire de se rendre compte de la nature exacte du génie latin, qu'on oppose aux tendances individualistes.
Le génie d'une race se révèle dans ses institutions. Le Droit d'un peuple est le sûr critérium auquei nous reconnaissons la façon dont ce peuple a conçu la Personne humaine, et le rôle et la place qu'il a assignés à l'Individu dans la société et dans la famille.
Or, nous n'apprendrons rien à personne en rappelant que le Droit romain était essentiellement individualiste et, si tel a été son esprit, comment le génie dont il émane aurait-il pu être luimême contraire à l'individualisme ? La conception d'une société générale des hommes, la tendance à l'universalité », caractère très réel du génie latin, comportaient par elles-mêmes l'idéal de l'individu en soi.
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Il serait étrange, en vérité, qu'un peuple de culture latine, comme le nôtre, élevé sous l'égide du Droit romain, eût puisé dans son éducation des principes opposés à l'esprit de son tuteur intellectuel. C'est qu'en réalité les tendances hostiles à l'individualisme que l'on constate chez nous ne sont point imputables au génie latin. D'autres agents que lui ont concouru à notre formation, et parmi eux, un élément moral étranger, que nous signalerons plus loin, et qui peut être qualifié d'accidentel ou de superficiel, en ce sens qu'il ne dérive pas logiquement des antécédents latins. Nous ne sommes pas le seul peuple chez lequel « l'accident » ait joué un rôle important. Les nations germaniques, par exemple, que l'on se plaît a nous opposer en matière d'individualisme, ont, comme nous, connu l'accident en histoire, c'est-à-dire l'intervention d'un facteur étranger aux instincts de la race ; mais, chose qui les distingue de nous, l'accident, chez elles, a tourné en leur faveur. En effet, les Allemands et les Anglais, qui font preuve aujourd'hui d'un caractère personnel, dont nous avons tout lieu d'être jaloux, n'ont point emprunté leur individualisme au germanisme primitif. Le génie propre des races germaniques, révélé par leurs institutions, loin d'être propice à l'individualisme, était marqué au coin du collectivisme.
Latins et Germains se présentent dans l'histoire comme deux arbres, d'essence différente, dont chacun semble porter à ses branches, non pas ses fruits propres, mais ceux du voisin. On dirait qu'une fée maligne, intervertissant la logique de la nature, les a réciproquement greffés avec les bourgeons l'un de l'autre. L'arbre germanique a reçu de la greffe une vigueur nouvelle; mais, l'arbre latin a faibli sous l'inoculation malencontreuse. Ce n'est pas une tare congénitale, c'est un apport étranger qui en a vicié le sang. Quelques indications sommaires suffiront, espérons-nous, à justifier cette thèse paradoxale.
Dans les anciennes sociétés barbares, l'unité sociale n'était pas l'individu, mais le groupe, tribu, clan ou famille. On ne reconnaissait pas à l'individu de vie propre en dehors du groupe dont
il faisait partie. Les divers éléments dont se composait l'État n'étaient point séparés. Le Droit et la Morale, la Religion et la Politique, étroitement amalgamés, formaient un tout organique, une unité substantielle. L'État lui-même s'y confondait avec la tribu ou le clan.
L'esprit, qui, dès le début, pénètre le Droit romain, offre un contraste formel avec celui des sociétés barbares : il est profondément individualiste. Dès l'origine, depuis les XII tables jusqu'au terme du Droit Prétorien, sous Justinien, le Droit romain poursuit logiquement un système remarquable d'abstractions, qui a constitué son originalité dans le monde ancien et inauguré, dans l'histoire de la civilisation, une féconde révolution. S'écarlant des notions admises dans la Barbarie, il envisage l'homme en lui-même, d'une façon neutre et abstraite, indépendante de la race ou de la nation, et conçoit l'État comme une personne morale, distincte des individus qui le composent. Ces conceptions abstraites avaient bien été déjà formulées par la philosophie grecque, mais, avec Rome, elles entraient pour la première fois dans le droit positif de la Cité.
Le caractère individualiste du Droit romain est si nettement marqué que, dès les débuts, la faculté de tester est absolue, prérogative inconnue chez les Barbares. A l'origine, il est vrai, le Droit romain n'avait vu dans la famille que le chef, et avait assimilé le fils à la « chose », la femme mariée à une « fille ». Mais bientôt, avec le progrès des mœurs, il reconnaît d'autres « personnes » à côté du paterfamilias, et, cette reconnaissance une fois faite, il émancipe entièrement le fils, et même la femme mariée : si bien que celle-ci finit un jour par ne plus même rester sous la tutelle de son mari.
On observe le même esprit individualiste dans le droit des Obligations. En matière de contrat, les Bomains répugnaient à reconnaître l'obligation parce qu'elle limitait la liberté individuelle. C'est là le motif de l'importance extraordinaire qu'ils ont attribuée à l'Action, c'est-à-dire à l'autorisation de faire valoir un droit en justice, car te jugement ayant pour conclusion une contrainte, il était nécessaire à leurs yeux que l'action fût expressément accordée.
En un mot, l'œuvre du Droit romain dans l'antiquité a consisté à dégager la personne humaine du bloc collectif dans lequel elle était enfermée dans les sociétés barbares et à mettre au premier plan les droits de l'individu.
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En regard, le Droit germanique a gardé jusqu'à nos jours l'empreinte des époques barbares. Sa préoccupation fondamentale est encore l'organisme social, famille, tribu, nation, auquel il subordonne l'individu. La famille le touche plus que l'individu : la considérant comme un tout organique, il a généralisé le principe de la tutelle et créé le système de la communauté de biens entre époux. A l'origine, chez les Germains, le testament est inconnu : la faculté de tester ne s'est introduite que tard chez eux, et sous l'influence du Droit romain, mais toujours étroitement limitée. De même qu'ils subordonnent l'individu à la famille, de même ils subordonnent le débiteur au crédit, l'individu à l'intérêt général : aussi la faillite est-elle chez eux de droit commun, même pour le non commerçant.
En toutes choses, le droit germanique voit la collectivité, plutôt que l'individu et montre plus de souci des intérêts de l'ensemble que des droits particuliers. C'est pourquoi la loi pénale fait preuve d'une grande rigueur à l'égard des infractions à l'ordre moral. Enfin l'État, chez les Germains, n'est pas séparé abstraitement des individus, mais relié à eux par une foule d'intermédiaires, de corporations. Nulle part l'esprit de corporation ne s'est développé comme chez les races germaniques : l'action des Ziinfte et des Bourgeoisies a été intense dans leur histoire. L'esprit corporatif est encore vivant de nos jours dans les mœurs allemandes et c'est lui qui empêche, outre-Rhin, le socialisme de prendre le caractère international qu'il affecte chez les Slaves et les Latins.
Si, à un observateur placé, par exemple, au seuil du \ne siècle, on eût demandé de désigner les peuples qui, dans le cours des âges futurs, paraissaient destinés à porter au plus haut degré l'indépendance du caractère et l'esprit d'initiative, il eût vraisemblablement indiqué les Franco-Latins, plutôt que les peuples
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germaniques, et, pour justifier ses prévisions il n'aurait, eu qu'à invoquer les institutions juridiques des uns et des autres. Tout, alors, paraissait disposer les Français des Croisades à développer les conséquences logiques d'un individualisme aussi manifeste dans le droit que dans l'organisation politique, soit de la Féodalité, soit des Communes. Quelle est donc la cause quia fait dévier la nation de la route suivie jusqu'alors? Une seule explication peut en être fournie. La déformation du caractère national a été la conséquence de la transformation du grand organe de la pensée au Moyen Age, l'Église, d'instrument émancipateur en instrument d'oppression.
Nous avons dit que le Droit romain, en s'écartant des principes de la Barbarie, qui concevait la Société comme un Tout organique, était devenu neutre et abstrait. Peu à peu, cette abstraction l'avait séparé de la vie morale et collective de la nation, et cette séparation avait désagrégé le faisceau de l'unité sociale primitive. La désagrégation s'était affirmée d'une manière sensible par la création d'un organe distinct dans la Cité, les Jurisconsultes.
Or, plus tard, l'Église vint continuer l'œuvre de décomposition entreprise par les jurisconsultes, en se constituant, de son côté, l'organe de la Religion. Avec elle, la Religion se séparait de la nation et de la race, comme le Droit s'en était isolé avec les Jurisconsultes. L'abstraction était encore ici un produit des tendances individualistes : si bien, que l'on a pu soutenir que, si les races latines étaient demeurées en majorité catholiques, elles en étaient redevables à ce vieil instinct d'individualisme qui leur faisait rechercher l'indépendance spirituelle en dehors de l'État.
Ceci fut vrai pendant les premiers siècles de l'histoire de FÉglise; mais, bientôt survint dans l'évolution des peuples catholiques un arrêt de développement provoqué par une influence atavique accidentelle qui compromit leur émancipation. L'organe de l'individualisme spirituel, l'Église, devint, à la fin du xic siècle, infidèle aux principes qui lui avaient donné naissance et trahit sa mission primitive. Si l'ancienne Église catholique avait employé tous ses efforts à séparer le spirituel d'avec le temporel, il n'en fut plus de même lorsqu'elle entrevit la possibilité d'accaparer à son profit le pouvoir politique et de recueillir la succession de l'Empire défunt. Elle fit alors revivre, en contradiction avec la doctrine chrétienne, la vieille idée des temps barbares, d'après
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laquelle « la religion était conçue comme une fonction collective », et non plus comme une faculté individuelle. Donnant pour modèle l'unité politique de la Rome impériale, elle érigea en principe le maintien de l'unité spirituelle. Sous son influence, les peuples latins sacrifièrent les droits de la conscience personnelle à la prétendue nécessité de l'unité religieuse, si contraire que fut celle-ci à l'individualisme chrétien, et acceptèrent la doctrine païenne de la religion d'État. L'abdication de la liberté du croyant entre les mains d'une autorité spirituelle entraîna celle de l'homme tout entier: de sorte que le résultat final d'une religion individualiste a été un esclavage moral complet, un retour à l'état grégaire. Au xvi* siècle, les Jésuites ont encore accentué la transformation de l'Église primitive, en supprimant toute distinction entre le temporel et le spirituel, conservé jusqu'à eux, au moins nominalement, dans la doctrine. Il lui ont substitué le principe mahométan de la confusion des deux Pouvoirs, et depuis eux, ne subsiste plus trace dans l'Église de l'individualisme chrétien des premiers siècles.
Les races germaniques, au contraire, moins idéalistes, moins ambitieuses que les races latines, n'ont point couru après la séparation du spirituel d'avec le temporel. Plus près de leurs origines barbares, elles ont toujours été jalouses de maintenir l'autonomie de la conscience collective.
La Réforme (nous n'envisageons ici ce grand mouvement religieux, qui enleva la moitié de l'Europe au pape, qu'au point de vue de ses effets politiques et non de sa doctrine), la Réforme n'a été chez les peuples germaniques que le réveil de cette conscience collective. Elle affirmait l'unité spirituelle de la Nation et de l'Étal, et rendait à ce dernier la souveraineté spirituelle : le clergé rentrait dans le peuple : aussi le mouvement religieux tout entier fùt-il éminemment national. Mais, tout en ranimant les instincts collectivistes anciens, puisque la religion n'était plus abstraite de la vie nationale, ni condensée dans un clergé séparé, la Réforme contribua indirectement au développement de l'individualisme chez les Allemands, par son seul principe de l'examen personnel en matière de foi. Ce principe, d'origine hellénique, plus encore que sémitique, avait vivifié le christianisme des premiers siècles et avait été transmis par l'Église elle-même aux Rarbares avec le christianisme et la civilisation romaine. L'appel à la conscience
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individuelle, qui formait la base du protestantisme, porta tous ses fruits : du domaine religieux, il s'étendit au domaine civil et féconda l'homme tout entier dans sa vie morale. De sorte que les Germains, qui n'avaient point tout d'abord cherché l'individualisme spirituel, l'ont trouvé peu à peu dans la vie réelle, et que les Latins, qui l'avaient proclamé comme article de foi, l'ont perdu sur la terre, espérant le retrouver dans les cieux. L'histoire a de ces ironies.
Telle est, croyons-nous, l'explication de ce remarquable chassécroisé entre l'idéal premier d'une race, et le but qu'elle a atteint. Les Germains partent d'un droit collectiviste et conquièrent l'individualisme ; les Latins élaborent un droit individualiste et aboutissent au collectivisme spirituel.
Le triomphe de l'individualisme chez les Allemands a donc été essentiellement l'œuvre du protestantisme qui émancipait les consciences de la tyrannie romaine. En Angleterre, la Réforme a également donné le signal du grand épanouissement de la liberté individuelle; mais ici, la Réforme n'a pas été le seul facteur de l'émancipation. Le terrain était admirablement préparé par le travail des siècles précédents. Le monde anglo-saxon avait été à l'origine foncièrement germanique : mais, lorsqu'au moyen âge, les Normands lui apportèrent l'élément latin avec la féodalité française, le caractère purement germanique s'atténua. Une lutte séculaire s'établit entre les principes du droit germanique et ceux du droit franco-latin et engendra un type mental mixte. Ce long débat juridique rappelle les luttes du Forum : c'est lui qui a fait naître chez les Anglais cet esprit formel et juridique qui les rapproche plus des anciens Romains que des Germains.
Quand la Réforme éclata en Angleterre, elle eut la bonne fortune de réunir dans le même courant l'esprit germanique qui concevait la religion comme une fonction et une propriété nationales et l'esprit latin, qui, depuis la Grande Charte, revendiquait la liberté individuelle et politique. Aussi, lors de la lutte entre les Puritains et le calvinisme orthodoxe, l'idée des droits
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individuels s'est-elle puissamment dégagée, et les Anglais sont-ils devenus le type par excellence des peuples individualistes? En France, la Réforme avait dû son succès à l'esprit individualiste de la nation, et ce fut précisément cet esprit indépendant qui effraya les rois; en Allemagne, elle dut son triomphe, moins à la révolte individualiste, qu'au fait qu'elle rétablissait la religion sur ses anciennes bases nationales.
De sorte qu'en résumé, on doit considérer l'essor politique des individus et des peuples modernes comme se rattachant à la Réforme — soit directement à celle de Luther, qui par son caractère populaire et national favorisa chez les Allemands l'évolution civile, soit indirectement à celle de Calvin par réaction contre son despotisme. Jl ne faut en effet pas perdre de vue que la philosophie du xvme siècle, et plus tard la Révolution, n'ont fait que reprendre les principes du droit individuel, affirmé par les Puritains. Il n'y a pas à se dissimuler que le protestantisme a été en Europe une école de liberté politique. Le catholicisme a dévié de sa destination en voulant absorber l'État et en paralysant les autres organes de la cité. Si l'organe religieux des peuples catholiques, l'Eglise, était, par la suppression de la monarchie papale, rendu à sa fonction normale, il pourrait peut-être, en délivrant l'Etat et l'individu d'une atrophiante tyrannie, s'accommoder à la société moderne. Mais, est-il permis de concevoir dans l'Église catholique une révolution qui renierait la papauté et rétablirait les libertés gallicanes? a-t-on jamais vu les fleuves remonter leur cours? L'Église romaine semble, au contraire, par une concentration toujours plus grande, se préparer aux temps futurs, où, abandonnée par les classes riches, qu'elle sera impuissante à protéger contre le socialisme, elle arborera franchement le drapeau démagogique et socialiste. Et, comme le socialisme n'est au fond qu'une religion en formation, les Jésuites espèrent lui fournir les cadres et les chapelles qui lui manquent encore : un néo-christianisme socialiste peut sortir de la réconciliation des frères ennemis : l'histoire n'est pas au bout des transformations du christianisme. Mais, revenons à la question que nous nous sommes posée au début de ces litmes.
L'objection qui consiste à représenter l'échec de la Réforme en France au xvi° siècle comme une preuve de l'antipathie du Français pour l'individualisme protestant, est plus spécieuse que fondée. La nouvelle doctrine avait si largement répondu aux instincts de la nation, qu'en 1565 le nonce du pape pouvait écrire : « Ce royaume est à moitié huguenot. »
La Réforme ne paraît pas avoir échoué en France par défaut de consentement, mais par défaut d'armement. Si, au lieu de la combattre par le fer et par le feu, les pouvoirs politiques l'eussent soutenue comme ils le firent en Allemagne et en Angleterre, elle aurait triomphé en France comme chez nos voisins. Elle a été noyée dans des flots de sang, comme en Bohême ou dans les Pays- Bas. Invoquer sa défaite comme un indice de son peu de vitalité est un pur sophisme : dit-on d'un homme assassiné que sa mort témoigne de son peu de goût pour la vie ?
Tout en déclin que soient aujourd'hui chez nous les vertus de l'individualisme qui suscistèrent la Réforme et les grands caractères du xvie siècle, nous aimons à croire qu'elles existent encore en puissance et comme en réserve latente dans notre bagage moral. Jusqu'au xvie siècle et pendant le moyen âge, elles ont été prépondérantes chez les Français et comme un apanage de la nation : que l'on veuille bien se rappeler le mouvement de la féodalité, des croisades, de la chevalerie et de l'émancipation des communes. La perte de notre individualisme natif correspond à une date positive de notre histoire : aux règnes de Louis XIII et de Louis XIV. Elle concorde avec le triomphe de la monarchie absolue, de la centralisation politique et du catholicisme romain. Alors fut empoisonné notre sang, alors fut changé notre tempérament.
Un instant, au xvm* siècle, nos qualités héréditaires ont paru reprendre le dessus et réveiller l'ancien esprit individualiste. Mais le retour fut fugitif : l'Empire et le catholicisme ressuscité par Napoléon nous ramenèrent bientôt à la discipline mécanique du troupeau, que méprisent si fort les hommes libres, soumis volontairement à la discipline du devoir et de la loi, Anglais, Suisses,
Américains, etc. Et, cependant malgré l'écrasement artificiel de notre génie national depuis le xvie siècle, malgré les ravages faits dans notre âme par deux siècles d'esclavage, tout espoir peut n'être pas perdu. En dépit des apparences, notre nature intime est encore et toujours dans son tréfonds plus individualiste que celle des Germains. On peut observer en Suisse le contraste profond entre l'esprit latin et l'esprit germanique, en comparant les cantons allemands et les cantons français. Chez les Allemands du nord de la Suisse, qui sont des Germains purs, tout prend la forme collective ; mœurs, institutions locales, idées politiques, tout converge vers la corporation et l'Etat ; leur conception sociale est comme ils disent « étatiste ». — Chez les Suisses Romans, domine au contraire un individualisme aussi accentué qu'en Angleterre. Et, en toute première ligne chez ceux qui sont incontestablement d'origine et de civilisation latines se manifeste une variété des caractères et de la personnalité, plus riche encore, plus énergique que chez les Germains et les Anglo-Saxons. Une étude parallèle sur ces spécimens ethniques, développés tous les deux dans des conditions politiques analogues (régime républicain et protestantisme) ne peut laisser aucun doute sur les aptitudes des néo- latins à produire les fruits les plus féconds de l'individualisme. Les Allemands ont le culte de l'État : les Français ont le culte du Gouvernement, ce qui est fort différent. Il suffirait d'une heureuse révolution qui nous délivrât de la centralisation spirituelle, pour retrouver en une ou deux générations nos qualités naturelles spontanées, et, par suite, notre premier rang parmi les peuples civilisés.
{Les numéros renvoient aux pages du texte.)
Adrien 1", pape ; ne parvient pas à faire reconnaître le VIF concile œcuménique par Charlemagne et l'Église franque ; celle-ci en 824, qualifie ses dissertations «d'inepties », 9; — Ps.-Adrien anathématise les rois qui violent la censure d'un canon, 40.
Adrien IV. Personne n'est plus malheureux que le pape, 74.
Adrien VI. L'Eglise est corrompue par la tète, 169 ; le pape peut tomber en hérésie, 179 ; appelle Célestin III un hérétique, 181 ; Cajétan lui dénonce la corruption de la curie, 186.
Africaine (Église ), maintient, malgré le pape Etienne Ier, ses usages, relativement au baptême donné par les hérétiques, 3 ; résiste au pape Zosime, 5 ; rompt la communauté avec Rome dans la dispute des 3 chapitres, 7 ; repousse le canon de Sardique, 15 ; maintient son indépendance après la chute de la domination des Vandales; au vu8 siècle encore, déclare, avec Cyprien tous les apôtres égaux en rang et puissance, 16, n. 70 : Gratien falsifie sa défense d'en appeler outremer, 51.
Agathon. pape ; interprète, le premier, le passage de saint Luc (22, 32) dans le sens de l'infaillib. papale, 13 ; les Grégoriens lui attribuent faussement le canon : « les ordonnances du pape sont la voix de saint Pierre ». 42.
Albert-le-Grand. Dominicain : ignore encore l'infaillibilité papale, 116.
Alexandre III, pape ; avec Innocent III. le créateur du droit des Décrétâtes, 54 ; multiplie les appels à Rome, 67 ; son synode de 1179. 79.
Alexandre IV, pape ; frappe d'excommunication tout laïque, qui, eu public ou en particulier, s'entretiendra des choses de la foi, 60, n. 221.
Alexandre VI, pape ; aurteur d'un écrit sur l'infaillibilité papale : fait brûler Savonarole, 167.
Alexandre VII, pape ; changement de son caractère lorsqu'il fut pape,
Allemand, cardinal d'Arles ; dirige le concile de Bâle, 148 ; béatifié par Clément VII, 157.
Altérations des textes, voy. Falsifications.
Ancyre (Prétendu canon du synode d') contre la réalité de la sorcellerie, 109, 113, 114.
Antonin (saint), archev. de Florence, contre l'infaillibilité, 178, n. 567.
Antiquité de la tradition n'est pas nécessaire, d'après les Jésuites, pour établir un dogme, 224, 227.
Appel au concile général, doctrine constante de l'Eglise ; l'Univ. de Paris l'oppose aux théoriies de saint Thomas d'Aquin, 124, n. 416 ; Pie II frappe cette doctrine d'excommunication, 157, n. 508.
Appels à Rome ; interdits par l'Eglise d'Afrique; leurs effets pernicieux, 67 ; limités par le concile de Bâle, 146.
Arianisme. Le pape Sylvestre ne prend point part à la dispute : les papes Jules et Libérius prennent parti pour l'hérésie : personne, pendant les troubles de l'arianisme ne s'adresse aux papes pour trancher la controverse, 4.
Arménienne (Eglise) autocéphale et indépendante de Rome, 18 ; d'après Grégoire VII a perdu la vraie foi, 44 ; décret d'Eugène IV aux Arméniens ; ses erreurs, 108, 185.
Augustin (saint). Une décision n'est valable pour l'Église que par le décret d'un grand concile, 3 ; son mot : Causa finita est. 5 ; ne parle pas de la nécessité de l'union avec Rome. 11 : les Grégoriens, au moyen d'une falsification, font dire à Augustin que les écrits des papes égalent ceux des apôtres, 42 ; cette falsification est citée au concile de Florence, 150, n. 486 et par Cajétan, 179 ; Thomas d'Aquin puise dans saint Augustin sa théorie des amours entre hommes et démons, et des enfants d'incubes, 110.
Bacon (Roger). Sur les abus de la jurisprudence et la négligence de la théologie, 84.
Bale (concile de), 143-159.
Baptême par les hérétiques, 2 ; tout baptisé, même hors de la communauté avec le pape, est sujet du pape, 62 ; au nom du Christ seul est valable (Nicolas I"), 181 ; sans la communion, inefficace (Innocent I" et Gélase I"), 184 ; avec le vin, valable (Etienne II), 185.
Banquiers du pape : l'usure leur est permise, 71.
Baronius (cardinal), falsifie, l'histoire dans le bréviaire romain, dans le martyrologe ; dans le missel, 199.
Bartolo, jurisconsulte ; se tait sur la corruption du clergé, 100 ; conseille de brûler les sorciers, 111.
Beaulieu (cardinal Simon de) ; l'Eglise bouleversée par les Ordres mendiants ; devenue un « monstre », 121.
Bellarmin (Jésuite et cardinal) prétend que les Actes du VF concT œcum. ont été falsifiés, 200 ; développe la doctrine de l'infail. papale, 194 ; défend le Pseudo-Isidore et le Pseudo-Cyrille, 131, 195 ; les fables de l'excommunication de l'empereur Arcadius par Innocent II ; de la déposition des Princes- Electeurs par les papes, 196 ; sa conduite lors de l'édition de la Bible par Sixte-Quint ; son autobiographie, 196-197 ; aide Baronius à falsifier le bréviaire et le martyrologe, 199 ; conditions qu'il assigne à l'infaill. papale ; sa théorie adoptée par le concile du Vatican, 203 ; son procès de béatification sous Benoît XIV : le cardinal Passionei le fait échouer, 215.
BEXOIT Xll (Jacques Fournler, pape), adversaire de Tinfaillib., 123,
ii. 412.
Benoit XIII (pape) : l'Eglise, à Peniscola, comme dans l'arche de Noé, et non à Constance, 235.
Benoit XIV (pape), les concordats ne lient pas le pape, 156, n. 506 ; favorable à la canonisation de Savanarole, 168 ; à la béatification de Bellarmin, 215.
Bible (la), d'après Perrone, n'est pas nécessaire pour les art. de foi, 223.
Bible (interprétation de la) grossière et matérialiste par les papes, les juristes et les théologiens, 112.
Bible (édition de la) par Sixte-Quint, pleine d'erreurs ; ses dangers pour Tinfaillib. papale, 196.
Biondo (Flavio), secrétaire d'Eugène IV ; son texte latin du Décret d'Union de Florence, 152.
Boniface (saint), ses Gesta, avec lesquels on fabrique le canon Si Papa, 43.
Boniface VIII (pape) : Bulle Unam Sanctam, 60, 112, 164 ; le pape détient en lui tous les droits, 62 ; fait raser Palestrina et disperser ses habitants, 73 ; amène le roi Albert à reconnaître le droit des papes à transmettre la couronne impériale, le glaive temporel aux rois, etc., 129.
Bretagne (Église de l'ancienne), indépendante de Rome, 19.
Brigitte (sainte), sur la corruption rom. ; le pape, pire que Lucifer, assassin des âmes, 93.
Buoncompagni (Cataldino de), jurisconsulte : le pape n'est lié par aucune promesse ; tout traité est une concession gracieuse de sa part, toujours révocable, 156.
Burchard (abbé d'Ursperg), sur les procès à Rome, 67.
Burkard de Worms, attribue aux papes les ordonnances ecclésiastiques des Capitulaires, 49.
Cajetan. Les écrits des papes équivalent à ceux des apôtres. 42. 179 ; son sytstème, comme celui de Torquemada, est échafaudé sur le Ps. -Isidore et le Ps.-Cyrille, 131, 178 ; reconnaît en 1527 la corruption de la curie, 171 ; soutient l'infail. papale ; l'Eglise est la setfvante du pape, 179, 259! ; dénonce à Adrien VI les abus de la curie ; soulève contre lui une réprobation générale, 186.
Calderini, Jurisconsulte ; hérétique celui qui méprise les Décrétais des papes, 108.
Calixte II, pape, son synode de 1123, 78.
Calixte III, pape. Se plaindre de la violation des concordats est un attentat à l'autorité du pape et par suite une hérésie, 107 ; les concordats n'obligent pas le pape. 156.
Canisius (Jésuite) publie de prétendues lettres de la Vierge Marie, 200.
Canons (collection rom. de) fait défaut pendant mille ans. Denys le Petit ne peut insérer aucun canon romain dans son recueil, 22.
Canus (Melch.). Loci theol., défend les falsifications, les inventions, le Ps.-Cyrille, 131, n. 447, l'infaillibilité, 184 : déclare l'admi-
nistration de l'Église une grande entreprise mercantile , trafic sordide général ; Rome inguérissable, 187.
Capitulations d'élection, jurées et violées par les papes, 87.
Cardinaux (collège des), son origine, son développement, 85 ; en lutte avec la papauté, 86;soumet le candidat à la tiare aux capitulations d'élection, 87 ; son influence néfaste sur l'Église, 88 ; sur les cardinaux. 20 jurisconsultes pour un théologien, 83 ; certains d'entre eux mis à mort par les papes, 86 ; avidité des cardinaux, 89 ; prolongent, souvent dans leur intérêt, la vacance du siège apostolique, 89 ; ne peuvent subsister sans simonie ; quand Urbain VI la leur interdit sous menace d'excommunication, ils élisent à sa place Clément VII, 134.
Catéchisme. Aucun des Pères de l'Église ne parle du pape, 1.
Cathedra (Décision ex), difficultés pour la définir, 201.
Catherine (sainte) de Sienne, dit à Grégoire XI qu'elle sent dans la curie romaine la puanteur des vices infernaux, 159.
Célestin I", pape, sa condamnation de la doctrine de Nestorius, examinée et approuvée par le III* conc. cecum., 6 ; déclaration de ses légats à Éphèse. 17.
Célestin III, pape, enseigne la dissolution du mariage par l'hérésie d'un des conjoints : Adrien VI le nomme pour cette raison un hérétique lui-même, 181.
Cène (Bulle de la sainte), son origine ; son contenu. Depuis Clément XIV n'est plus lue publiquement à Rome le Jeudi-Saint, mais on la maintient encore en vigueur dans les tribunaux et les congrégations. Pie IX l'a renouvelée avec quelques modifications, 190-192.
Charlemagne, rejette le VU" conc. cecum. : les livres Karolins, 9 ; prétendues donations à l'Eglise rom., 27, 30 : prétendus capitulaires dans Gratien; on doit supporter le joug de Rome, même intolérable, 50 ; d'après Tolomeo, l'empire des Grecs, sur l'ordre de l'Église, prend fin avec Charlemagne, 129.
Charta Magna d'Angleterre et Innocent III, 243.
Chevalerie (Ordres de), leur importance pour la papauté, 55 ; suppression de l'Ordre des Templiers. 80.
Chiari (Isidore), év. de Foligno, son jugement sévère sur les évêques et le clergé italien, 168.
Christologiques (controverses), les papes n'y prennent point part. 2.
Clefs (pouvoir des), 17, 41.
Clément IV (pape). Le pape peut disposer des bénéfices vacants, 69.
Clément V exige de l'empereur un serment d'obéissance, 61 ; met les Vénitiens hors la loi, 73 ; son synode de 1311, 80 ; fait soumettre les Templiers à la torture par l'Inquisition, 111 ; le pape succède à la couronne impériale pendant l'interrègne, 129 ; sa décision sur la pauvreté du Christ, contredite par Jean XXII, 183.
Clément VII, antipape d'Urbain VI, 134, 151, 157, 166, 209.
Clément XI excommunie l'empereur Joseph I" au nom de la Bulle de la sainte Cène, 191 ; Bulle Unigenitus, 214.
Clément XIII .usurpe les droits de souveraineté en Paume ; Marie- Thérèse interdit la publication de la Bulle de la sainte Cène, 191.
Clément XIV fait cesser la lecture publique de la Bulle de la sainte Cène, 192.
Conception. Immaculée de Marie ; falsification, à son propos, de la doctrine des sources du dogme, 223-227 ; le Jésuite Higuera falsifie en faveur de ce dogme l'histoire de l'Eglise espagnole, 266.
Concordats. Martin V à Constance, 143 ; avec la France (1517), 153, 164 ; Nicolas V (1448) avec Vienne, 155 ; d'après Calixte III et la doctrine adoptée à Borne, le pape n'est pas lié par les concordats, 156.
Concubinat général ; suite de la corruption de Tadministration de l'Eglise, 162.
Conecte (Thomas), prédicateur brûlé par Eugène IV pour avoir flagellé les vices de la curie, 167.
Confessions (anciennes) de foi : ne parlent pas du pape. 1.
Confirmation des évêques, droit réservé aux papes, d'après Nicolas III. 68.
Consilium de emendanda ecclesia, rédigé principalement par le card. Paul Caraffa (Paul IV) en 1538 ; met les papes (prudentes auribus) en garde contre les flatteurs, 99 ; ne présuppose aucune infaillibilité, 180 ; mis par l'auteur à l'index. 100, n. £15.
Constance (concile de). Décret sur la subordination du pape au concile, 139.
Constamin-le-Grand. Fables de sa conversion et de son baptême, 21 ; de sa donation au pape Sylvestre, 25, 29, 39 ; fable de Rufin (les évêques sont des Dieux), 41 ; interprétation de la donation par Grégoire IX et Innocent IV, 59 ; donation de la Sicile comme « Manuale ». 129.
Constantin II (pape), réordonne les prêtres qu'il a déjà ordonnés, 124.
COHTIUS, canoniste ; on supprime la préface où il prouve l'inauthenticité du Pseudo-Isidore, 200.
Croisades. Leur influence sur l'Église, 55.
Cum ex apostolatus OFFicio, bulle de Paul IV, reproduit les idées grégoriennes ; ses erreurs touchant l'efficacité des sacrements,
Curie romaine, n'existait pas dans l'anc. Église, 16 ; quiconque n'accepte pas ses doctrines est hérétique ou schismatique, 64 ; la curie hérite de toutes les autorités et institutions antérieures, 70, 74, 77, 90 ; plaintes générales contre elle, 92, 94, 99, 153, 157, 158, 159, 160, 161, 166, 168, 170-175, 187, 229.
Cyprien de Carthage, sa dispute sur le baptême hérét. avec le pape Etienne I". 3 ; l'Église d'Afrique, au vu' siècle encore, confesse la doctrine de Cyprien sur l'égalité en dignité et en pouvoir de tous les apôtres : cf. la lettre de Victor de Carthage au P. Théodore. 23, n. 90 ; — interpolation du passage sur la primauté romaine (lettre de Pelage II aux évêques d'Istrie) dans l'écrit de Cyprien, de unit, eccles., 23 ; — variations de Rome dans son appréciation de Cyprien, 23.
Damase (pape), anathématise avec 2 syn. rom. certaines erreurs dogmatiques, 5 ; les lettres de saint Jérôme à ce pape, 10.
Damien (Pierre), cardinal : grégorien, 36 : adversaire des réordinations (Léon IX), 126.
Dante. Les Italiens n'étudient que les Décrétales et négligent lès évangiles et les Pères, 83, 85 ; les Gascons ont volé la papauté aux Latins, 96 ; Rome, la prostituée des 7 collines. 97.
Definiens subscripsi (La formule épiscopale), supprimée au concile du Vatican ; désormais un blasphème, 264.
Delrio, Jésuite ; auteur du Manuel de Sorcellerie servant de règle aux tribunaux ; soutient la réalité de la sorcellerie, 114.
Dénonciation évangélique, introduite par Innocent III, 58.
Déposition. — des évêques ; droit divin du pape, d'après Innocent III; 66, 181 ; — des princes ; inaugurée par Grégoire VII, 39, 41, 48 ; prononcée ensuite par Grégoire IX, Innocent IV, Boniface VIII (Unam Sanctam), 60 ; de l'empereur Frédéric II, 79 ; par Léon X (renouvellement de la Bulle Unam Sanctam), 164 ; par Paul IV (Bulle Cum ex apost. off.). 189 ; dans le Syllabus, 235-250.
Dettes des évêques à Borne ; leurs conséquences, 68, 71, 94.
Deutéronome érigé au rang d'un code chrétien, par Innocent III, qui en extrait le droit de faire périr quiconque désobéit au pape: thèse reproduite par Léon X, 57.
Dispense (droit de) du pape, illimité au moyen âge et source fiscale importante, 63.
Dubois (Pierre). Sur le grand nombre des victimes de l'excommunication au xiv* siècle, 72 ; les cardinaux vivent en quelque sorte de rapine, 94.
Durand de Mende ; son jugement sur la curie et sur le mal qu'elle engendre, 94 ; la tyrannie papale, obstacle à la réunion avec les Grecs, 150.
Église. — son ancienne constitution, 14-19 ; modifiée par le Ps. -Isidore, 31-35 ; par les Grégoriens, 35-49 ; par le décret de Gratien, 49-54 ; par le droit des Décrétâtes, 54-61 ; avilissement des conciles, 78-82 ; révolution achevée par le concile du Vatican, 259-265 ; les anc. Églises nationales indépendantes de Borne, 18, 130 ; la doctrine des Pères relativement aux privilèges de Borne, 1, 9-14 ; schismes, conséquence du syst. grégorien, 132-135 ; histoire de l'Église, déformée systématiquement par les Jésuites, 195-201 ; haine de la critique hist, 212 ; Aonio Paleario, brûlé pour s'y adonner, n. 657.
Empire transféré par les papes des Grecs aux Franks, d'après Innocent III, 56 ; est la propriété des papes d'après! Grégoire IX, Innocent IV et Boniface VIII, 60 ; l'empereur, d'après Clément V doit prêter serment d'obéissance au pape,, 61 ; maux causés à l'Empire par les papes, 134.
Erasme de Botterdam déclare la tyrannie des Turcs plus supportable que celle de Borne, 160 ; le schisme protestant causé par la haine de Borne, 170.
Erbermann, Jésuite ; l'ignorance d'un pape ne nuit pas à son infaillibilité : on a bien vu une ânesse parler pour Dieu, 263.
Erreurs et contradictions des papes : réordinations, 124, 184 ; baptême au nota du Christ seul ; invalidité de la confirmation
grecque (Nicolas I"), 181 ; dissolution du mariage par suite de l'hérésie d'un des époux (Célestin III), 181 ; le pape peut dissoudre le mariage (Innocent III), 181 ; Jean XXII condamne la doctrine de Nicolas III et de Clément V sur la pauvreté du Christ, 183 ; la communion est nécessaire au salut des petis enfants (Innocent I", Gélase I"), 184 ; dissolution du mariage avec une femme serve ; baptême avec du vin (Etienne III), 184, 185 ; le corps du Christ sensualiter dans l'Eucharistie (Nicolas II), 185 ; décret aux Arméniens (Eugène IV), 185 ; la Bulle Cum ex apostolatus offlcio (Paul IV),
Esclavage. États, villes, familles voués à l'esclavage par les papes, 73 ; les partisans et les sujets des Visconti (Jean XXII), 108 ; les Florentins (Grégoire XI), 109, n. 369.
Espagne (Église d'), n'accepte les écrits des papes que lorsqu'ils ont été émis par des synodes romains, 16 ; falsification du synode de Tolède par le Ps. -Isidore et les Grégoriens, 40 ; autonomie de cette Église ; falsification de son histoire, 130 ; modifications apportées par l'Inquisition, 187 ; falsifications par le Jésuite Higuera. 266.
État (pouvoir de F), doit exécuter les jugements de l'Inquisition, 104 ; maudit par le Syllabus, 235-250 ; les constitutions de l'État et Rome, 244.
Ethiopienne (Église), indépendante de Rome, 19.
Etienne 1". Cyprien repousse sa doctrine à propos du baptême par les hérétiques, 3.
Etienne II permet le divorce avec une femme serve ; déclare valable le baptême avec du vin. 184. 185.
Etienne III réordonne les prêtres ordonnés par. Constantin II. 125.
Eugène IV tient pour ridicule de vouloir opposer au pape les lois de l'Église, 53 ; son décret aux Arméniens, 108 : erreurs qu'il contient, 185 ; s'engage au conclave à continuer le concile de Bâle et le dissout en 1431 ; sa lutte avec le concile ; élection de Félix V, 143-148 ; concile de Florence ; traité d'union avec les Grecs ; ceux-ci repoussent comme apocryphes les canons de Ps. -Isidore. Gratien et Ps. -Cyrille, 149-152 ; la Pragmatique Sanction de Bourges et l'Allemagne en 1439 adhèrent solennellement aux décrets réformateurs de Bâle. 153 ; Eugène jette l'interdit sur Bâle, 154 : reconnaît les décrets de Constance et les répudie en secret, 155 ; son successeur Nicolas V annule tous les actes d'Eugène IV contre le concile de Bâle. 158 : Eugène fait brûler le Carmélite Thomas Conecte, 167.
Excommunication. Dans l'anc. Eglise le pape ne pouvait mettre quelqu'un au ban de toute l'Eglise, 16 ; Grégoire VII innove une doctrine différente, 47 ; occire un excommunié n'est pas commettre un meurtre (Urbain II et Gratien), 52 ; tout excommunié est un hérétique (Nicolas I" et Gratien), 52 ; en 1327, la moitié de la chrétienté est excommuniée, 72 ; Grégoire XI excommunie jusqu'à la 7" génération, 73.
Exemptions. Leurs abus, 63 ; empêchent les évêques d'effectuer des réformes, 169.
Exorciste, d'après Grégoire VII, est plus grand et plus puissant qu'aucun monarque, 43.
Eymerich, auteur du Directorium Inquisitorum, 103 ; la sorcellerie est une réalité, et par conséquent appartient à l'Inquisition, 112.
Falsifications, altérations de textes, fictions et fraudes diverses : canons de Sardique, 20, appendice A ; 6° can. de Nicée, 20 ; conversion et baptême de Constantin, 20 ; syn. de Sinuessa ; les Gesta Liberii ; Gesta Xisti III (et Polychronii Hierosol.) ; confirmation du conc. de Nicée par Sylvestre ; la gr. préface du conc. de Nicée, 21, 22 ; passage de Cyprien sur la primauté rom. interpolé, 23: saint Augustin, falsif., 42; Livre de:-; papes, 24 ; donation de Constantin, 25 ; lettre de saint Pierre à Pépin, 27 ; Pseudo-Symmaque, 43, 46 ; donations de Charlemagne. Louis le Pieux, Othon Ier, Henri IL 27-30 ; capitulâmes, 49, 50, n. 186 ; Pseudo-Isidore, 31-35, 200, 201 ; canon XVII du conc. de Chalcédoine, falsifié par Nicolas I", 34 ; falsifications des Grégoriens, 35-49 ; de Gratien, 49-54, 128 ; d'Alexandre III, de Boniface VIII, 57-61 ; Pseudo-Cyrille, 116-122, 131-132 ; falsifications de l'histoire, 127-132, 195-201, 266 ; lettres de la Vierge, 200 ; Bulle Pastor ,Eternus de Léon X, 164 ; falsif. du décret de Constance sur Wiklef, 179 ; du décret aux Arméniens, 185 ; du, décret d'union avec les Grecs, 152 ; du bréviaire et martyrologe rom., 199 ; des manuels de théologie et des catéchismes mod., 219 ; des sources de la dogmatique par les Jésuites. 224-227.
Florentins voués à l'esclavage par Grégoire XI, 109, n. 369.
Florence (concile de), 147-152 ; désigné par Clément VII comme Je VIIF œcuménique, 151.
Fqrmose (pape), réordination des prêtres qu'il a ordonnés, 125.
France. La Pragmatique Sanction de Bourges, sacrifiée au concordat de 1517, 153, 164 ; la France demeure attachée à la Sanction de Bourges, 187 ; le Parlement interdit la public, de la Bulle de la sainte Cène, 191 ; l'Église gallicane, 213 ; sa
destruction par les Jésuites ; sa fin sous Napoléon et Pie VII, 216 ; De Maistre et Lamennais rendent l'Église franc, infaillibiliste ; leur école, 217-219 ; falsif. en faveur de l'infail., 219.
Franque (Église), rejette, malgré le pape Adrien Ier, les décrets du VII' conc. cecum. ; nomme les arguments du pape des « inepties », 9.
Frédéric III, empereur ; vend la nation allemande et le concile de Bâle à Eugène IV, 154 ; conclut avec Nicolas V le concordat de Vienne, 155 ; revient plus tard à d'autres sentiments et engage les princes allemands à refuser l'obéissance au pape,
Gaule tributaire de l'Eglise rom., d'après Grégoire VII, 30.
Gélase I" (pape), Rome confirme les conciles, juge toutes les Églises, ne peut être jugée par aucune, 22 ; la communion est nécessaire au salut des petits enfants, 184.
Germanus, patriarche de Constantinople : la tyrannie et les exactions de l'Église rom. sont la cause du schisme avec l'Église orientale, 150.
Gerson, chancelier de l'Univ. de Paris ; sur le désordre apporté dans l'Église par l'avidité et l'ambition des papes. 72, 75.
Gratien, auteur du Decretum ; codifie les falsifications de Ps. -Isidore, des Grégoriens, de Burkard de Worms, et en ajoute de nouvelles, 49-54 ; autorité de son décret, 53 ; repoussé par les Grecs à Florence comme apocryphe, 150.
Grégoire I" (pape), repousse le titre de patriarche œcuménique comme blasphématoire et sacrilège, 18 ; son prétendu privilège pour Autun, d'après Grégoire VII, 39 ; les Grégoriens lui font dire que personne ne doit tenir de synode particulier, 47 ; Gratien lui attribue un prétendu canon d'après lequel l'Église doit prendre les meurtriers sous sa protection, 52.
Grégoire VII revendique Spolète, la Sardaigne, la Gaule, la Saxe, 29, 30 ; aspire à changer les institutions de l'Église, 36 ; ses Dictatus, 39 ; est le premier qui détrône les rois et délie les sujets du serment de fidélité, 41 ; place les exorcistes audessus des rois ; attribue la sainteté personnelle à chaque pape, 43 ; prétend être le juge de la foi sur l'Église orientale, 44 ; introduit le culte de Libérius, 45 ; prétend que l'excommunication a pour effet de déposer les princes, 48 ; la royauté temporelle est une création de Satan, 54 ; déclare sans valeur les consécrations simoniaques, 125 ; on essaie au xvi' siècle de réaliser ses idées, 189.
Grégoire IX réclame, au nom de la Donation de Constantin, la puissance directe sur le pouvoir séculier, 59 ; de même, revendique la plénitude du pouvoir séculier sur l'empire grec, 61 ; son zèle pour l'Inquisition, 104.
Grégoire X élève les mêmes prétentions que le précédent, 61 ; son synode de 1274, 80.
Grégoire XI excommunie jusqu'à la 7" génération, 73 ; déclare esclaves les prisonniers florentins, 109, n. 369.
Grégoire XV livre en 1623 les sorciers à l'Inquisition, 115.
Grégoire XVI, sur sa propre infaillibilité, même en matière financière, 207 ; condamne la liberté de conscience, 244.
Grégoriens, card. Pierre Damien, évêque Anselme de Lucques, card. Humbert, card. Dieudonné, év. Bonizo de Plaisance, card. Grégoire de Pavie, le moine Bernold de Constance ; leurs ouvrages, leur programme dans la préface de Dieudonné ; leurs fictions et falsifications, 35-49.
Guichardin. Son jugement sur l'Église rom., 168.
Hérésie étendue par Nicolas I" aux excommuniés et aux schismatiques ; de même par Anselme et Gratien, 52 ; la simonie est une hérésie, et elle est pratiquée par les papes et les cardinaux, 56.
Hérétiques, d'après Gratien, doivent être dépouillés de leurs biens et exécutés, 52 ; tout excomunié ou schismatique est hérétique ; quiconque n'acoepte pas les doctrines de la curie, également, 53, 64 ; extension de la notion d'hérésie avec l'Inquisition, 102, 110.
Higuera (Roman de la), Jésuite, falsifie l'histoire d'Espagne, 266.
Hilaire de Poitiers, anathématise le pape Liberius, 4.
Hildegarde (sainte), sur la corruption de la curie, 93.
Histoire (falsification de 1') par Baronius et Bellarmin, 199 ; d'Espagne par Pelayo d'Oviedo et Lucas de Tuy, 130 ; par les Jésuites, 266.
Honorius (pape), condamné comme hérétique par le VI' conc. cecum.,
Immunité de la justice temporelle pour le clergé, d'ordre divin, d'après les Décrétales, 57 ; le V syn. de Latran refuse aux laïques tout pouvoir sur les clercs, 165 ; immunité du clergé réclamée par le Syllabus, 239.
Incubes. Folie introduite dans la théologie par Thomas d'Aquin, 110 ; soutenue de nos jours par la Civiltà Cattolica, organe des Jésuites. 113, n. 387.
Index (Congrégation de F), 188 ; son despotisme. 197 ; protège Ps.- Isidore. 200.
Infaillibilité papale ; inconnue dans l'anc. Eglise, 1-9 ; le pape Agathon, 13 ; cette doctrine ne fait aucun progrès jusqu'à Ps- Isidore, 31 ; raisons sur lesquelles l'établit Ps. -Isidore, 35 ; cette doctrine chez les Grégoriens, 42 ; introd. dans la théologie par Thomas d'Aquin, qui invoque Ps. -Isidore, 119 ; combattue comme une hérésie par FUniv. de Paris, 123 ; cette doctrine au moyen âge sert de refuge aux consciences qui désespèrent du salut de l'Église, 133 ; nouveaux efforts pour la faire prévaloir, Torquemada, Capistrano, etc.. 177 ; Cajétan la défend, 178 ; le pape Adrien VI la rejette ; de même, la France et l'Allemagne, 179 ; erreurs des papes, 180-186 ; Jean XXII fait brûler les Spirituels qui défendent l'inf., 184 : l'Espagne, jusqu'à l'Inquisition, proteste contre cette doctrine ; de même, l'Allemagne jusqu'aux Jésuites, 187 ; de même, la France, 188 ; l'Italie, au contraire, y adhère d'autant mieux. 188 ; d'après Léon X toutes les constitutions papales sont inf.. 178. n. 572 ; les Jésuites achèvent de développer la théorie de l'inf ail., 192 ; difficultés pour définir une doctrine ex cathedra, 201 ; pernicieux effets de cette doctrine sur les papes. 208 : propagée par de Maistre et Lamennais, 218 ; Pie IX la proclame dans son Encyclique d'avènement, 219 ; appliquée par lui pratiquement dans la définition de l'Immaculée-Conception, 224 ; action des Jésuites sur l'adoption de cette doctrine. 219. 223, 227, 230, 233, 263.
Innocent I" et le canon 3 de Sardique. 17, 20, append. A ; déclare la communion nécessaire aux petits enfants, 184.
Innocent IL Son synode fie 1139. 78 ; déclare nulles les ordinations faites par les schismatiques, 126.
Innocent III créateur (avec Alexandre III) du droit des Décrétales ; ses théories sur l'omnipotence papale, 54-59 ; développe l'Inquisition. 102, 106 : condamne la Magna Charta anglaise.
Innocent IV interprète à nouveau la Donation de Constantin. 60 ; ses théories sur la soumission due au pape, 60, 123 ; son synode de 1245, 79 ; fonde une école de droit à Rome, 82 ; augmente le pouvoir des Inquisiteurs, ordonne l'emploi de la torture, 105 : déclare le gibelin Ezzelin hérétique. 108.
Innocent VIII. Sa Bulle, où il admet la réalité de la sorcellerie, 112 ; favorise la simonie. 166 : reconnaît l'orthodoxie de FUniv.
de Paris, quoiqu'elle ait déclaré que la supériorité du pape sur le concile était une hérésie, 179.
Innocent X, jurisconsulte seulement : se sent soudainement devenir infaillible, 207 ; le pouvoir gâte son caractère, 209 ; condamne la paix de Westphalie, 248.
Inquisition. Sa naissance ; extension de la notion d'hérésie, 101-109 ; appliquée à la sorceDerie, 110 ; aveux en 1657 sur la légèreté et l'injustice apportées aux procès de sorcellerie, 115 ; le Jésuite Spée et les Inquisiteurs introd. en Allemagne la folie de la sorcellerie, 111, n. 378 ; elle brûle 114 Spirituels pour avoir soutenu l'infail. papale-, 184 ; introduit en Espagne l'infaillibilité, 187, 106.
Interdit. Ses effets funestes reconnus dans les Décrétales, 132 ; adouci par le conc. de Bâle, 146.
Investiture des charges ecclés., dans les diocèses étrangers, inconnue dans l'anc. Église : revendiquée par les papes, 68 ; inv. des prébendes, 69.
Irlandaise (Église), indépendante de Rome, 19, n. 80.
Isidore de Séville, ne mentionne pas la papauté comme l'un des degrés de la hiérarchie ecclés., 11, 131.
Italie. Sonirréligiosité et sa corruption, 166, 168, 170475.
Jean (saint), apôtre, 21, 18, ne peut, d'après l'explication exégétique des Pères, servir de base à la primauté de Rome, 12.
Jean VIII, fiction à son sujet par Pelayo d'Oviedo, 131.
Jean XXII. Le pape pourvoit aux évêchés vacants par résignation, 66 : fait exécuter par l'Inquisition les Minorités fidèles à la Bulle de Nicolas III, 183, 107 ; fait poursuivre comme hérétiques ses adversaires politiques, 108 ; condamne leurs partisans à l'esclavage, 109 ; fait appliquer aux sorcier-s les mêmes peines qu'aux hérétiques, 111 ; sa doctrine de la contemplation des Bienheureux est contestée ; il est forcé de la rétracter, 123 ; prétend administrer l'Empire pendant l'interrègne, 129 ; réclame la soumission des Grecs, que ceux-ci refusent à cause de son orgueil et de son avidité, 150 ; condamne la décision de Nicolas III et de Clément V sur la pauvreté du Christ, 183 ; condamne les écrits du Minorité Oliva, que Sixte-Quint à son tour, déclare orthodoxes, 184.
Jean XXIII déposé à Constance, 137.
Jean de Parme, Minorité, refuse d'être cardinal à cause de la corruption de la curie, 92.
Jean de Salisbury, celui qui n'adhère pas aux doctrines de la curie est hérétique ou schismatique, 64.
Jérôme (saint), ses lettres au pape Damase ; sa conception de la primauté, 10, 260.
Jésuites. Prétendent que les Actes du VF conc. cecuim. ont été falsifiés, 8 ; soutiennent la réalité de la sorcellerie, 114 ; dépendent le Ps. -Cyrille, 131 ; le caractère de leur société les pousse à développer l'infaillib. papale, 192 ; Bellarmin, 193 ; rendent les études impossibles en Allemagne, 197 ; se font les défenseurs de toutes les falsifications, 200 ; les Jésuites français promettent d'enseigner les doctrines de la Déclaration de 1682, 215 ; la suppression de l'Ordre provoque un mouvement libéral dans la théologie, 216 ; Pie VII les rétablit, 217 ; ils falsifient les sources de la dogmatique (Bible et tradition), 223, 227, 251 ; fondent en 1867 la Ligue pour l'Infaillibilité, 230 ; leurs menées en vue du concile du Vatican, 229-234, 251 ; déclarent! le canon de Vincent de Lérihs sans valeur, 256 ; leur doctrine du pape, 259, 260 ; passés maîtres dans la falsification de l'hist. de l'Église, 266.
Joseph Ier, empereur, excommunié au nom de la Bulle de la sainte Cène, 191.
Jovinien. Son hérésie, née et condamnée à Rome. 5.
Jules I" déclare orthodoxe Marcel d'Ancyre et accroît la confusion de la controverse sur l'Arianisme, 4 ; son nom dans les canons de Sardique, 15 ; append. A ; le Pseudo-Julius dans le Pseudo-Isidore et chez les Grégoriens. 41, 46.
Jules II. Concile de Latran, 163.
Jurisconsultes. Leur science, instrument de flatterie et moyen de parvenir aux dignités, 83 ; les docteurs de Paris, meilleurs théologiens que les Juristes ecclésiastiques (Jean XXII), 123 ; sur les Concordats, 156.
Jurisprudence. Son influence sur la théologie. 53, 82, 99 ; Dante. Bacon sur elle, 83.
Ketteler. év. de Mayence, adversaire des intrigues rom. qui ont précédé le concile du Vatican, 229 ; affirme que l'Église respecte la lib. de conscience ; rappelé à l'ordre par le Jésuite Schrader et par le Syllabus, 241 ; finit par tomber aux pieds de Pie IX, 258.
Lamennais (abbé de), pousse au rétablissement des Jésuites : l'inlail., pensée fondamentale de son système, 218.
Légats (Institution des), permanente depuis Grégoire VII, fondée en vertu d'un canon falsifié par Gratien, 128.
Léon Fr (pape), sa lettre à Flavien, examinée et approuvée par le TV conc. cecum., 6 ; revendique pour l'Église rom. les droits de Pierre ; ne fait valoir contre le 28e canon de Chalcédoine que le 6' canon de Nicée ; obtient de Valentinien III la Novelle, qui soumettait au pape les évêques d'Occident, 17 ; ses légats produisent à Chalcédoine un texte falsifié du 6% canon de Nicée, 20.
Léon III se subordonne encore aux conciles, 31.
Léon IX inaugure une nouvelle ère de la papauté, celle d'Hildebraud, 35 ; entreprend de nombreuses réordinations, 125.
Léon X (pape). Celui qui ne 'oe soumet pas au jugement du Grand-Prêtre (Deutéronome) doit être exécuté par le juge, 58 ; organise le monachisme ; institue une commission permanente pour défendre les droits des moines et du pape contre les évêques, leur commun ennemi, 70 ; Bulle Pastor .«Eternus, basée sur le Ps. -Isidore, Bulle Unam Sanctam, etc. ; conclut avec François Ier le concordat de 1517~en échange de la Sanction de Bourges, sacrifiée. 164 ; vend les dignités de cardinaux, 166 ; son caractère matérialiste, 170 ; toutes les constit. pap., sont infaill., 178, n. 572.
Léon XII contre la Constitution franc., 244.
Libérius (pape), adopte l'hérésie d'Arius, 4 ; ses Gesta apocryphes. 21 r d'après les Grégoriens, aurait lui-même ordonné son sucesseur avant son apostasie. Grégoire VII institue un culte en son honneur, 45.
Liberté. — des conciles, impossible, 255 ; de l'Église, 57, 60 ; de conscience, 240, 244.
Lorraine (card. de), la supériorité du pape sur le concile, hérésie pour toute la France, 179.
Louis IX de France, ses lois contre les hérétiques, 103.
Lucien III introduit l'Inquisition. 101, 106.
Lure (de), théologien, conteste la réalité de la sorcellerie ; est brûlé vif, 115.
Macchiavel. L'Église rom. rend l'Italie incrédule et mauvaise, 168.
Maistre (comte de), le prophète de l'infaillibilité au xixe siècle, 218.
Marcellin (pape) : son histoire fictive, dans le synode fictif de Sinuessa. 21.
Marcel II (pape), ne voit pas comment un pape p«ut atteindre le salut, 74 ; son caractère s'altère au pouvoir, 205.
Marie-Thérèse interdit dans ses Etats la Bulle de la sainte Cène, 191.
Marsigli (Luigi). La cour pontificale ne règne que par la terreur des excommunications, 99.
Marsiglio (de Venise), accuse Bellarmin de falsification. 199.
Marsilio (de Padoue). se perd dans le fourré des falsif. et fictions, 84.
Martin I" (pape), condamne le monothélétisme, 7.
Martin Y. Créature du concile de Constance, 141, 143.
Martin de Troppau. falsifie l'histoire, 127.
Martyrano, év. de Saint-Marc, va plus loin qu/e Luther dans sa peinture des cardinaux et des évêques italiens, 179.
Martyrologe romain, falsifié par Baronius et Bellarmin, 198.
Melun (synode de), proteste contre l'introd. des abus rom. en Bretagne et en Provence, 171.
Meurtre (le) d'un excommunié n'est pas un meurtre (Urbain II, Gratien, d'après un prétendu canon de Grégoire I", qui fait protéger les homicides par l'Église). 52.
Minorités, commbattent la réalité de la sorcellerie. 113.
Monothélétisme. Le pape Honorius I" y adhère ; le pape Martin le condamne : le VI' conc. œcum. condamne Honorius comme hérétique, 7.
Musso, év. de Bitonto, avoue que Rome est haïe par toutes les nations, 170 ; dans les choses divines il faut tenir le pape pour Dieu : il croit dans le pape, plus que dans mille saint Augustin, saint Jérôme, etc.. 188.
Nicolas I" s'empare avidement du Ps. -Isidore, 34 : y ajoute ses falsifications personnelles, 41 : étend l'hérésie aux excommuniés et aux schismatiques. 52 ; déclare le baptême au nom du Christ valable, et la confirmation grecque sans valeur. 181.
Nicolas II. Lie corps du Christ est présent « sensualiter » dans l'Eucharistie, 185.
Nicolas III réserve au pape la confirmation des évêques, 68 ; confesse la corruption de la curie, 92 ; sa bulle sur la pauvreté du Christ abrogée par Jean XXII, 107, 183 ; enrichit sa famille avec les biens des hérétiques, 109.
Nicolas V, personne n'est plus malheureux que le pape, personne ne lui dit la vérité, 74 ; conclut en 1448 le concordat de Vienne, 155 ; révoque tous les écrits, procès, etc., d'Eugène IV contre le concile de Bâle, 158.
Non obstante, nouvelle formule ; sa signification. 75.
Novit, Décrétale d'Innocent III, 58 ; Pie IX veut en faire un décret du concile du Vatican, 59. n. 216.
Obéissance (serment d') des évêques ; sa signification, 69 ; d'après Pie II, un évêque le viole lorsqu'il exprime quelque vérité préjudiciable au pape, 70.
Oliva, Minorité ; Jean XXII condamne ses écrits. Sixte IV les déclare orthodoxes, 184.
Oliva, général des Jésuites ; l'élévation à la tiare vicie le caractère des papes, 208 ; conseille au pape d'enrichir ses neveux, 210.
Oresme, év. de Lisieux : l'Église troublée par les papes, 72 ; l'Église devenue une prostituée vénale, 95.
Ordres mendiants, leur importance pour la papauté ; désorganisent l'Église, 55, 64, 83, 120, 121 ; saint Thomas d'Aquin pour leur défense invoque le Ps.-Cyrille, 120 ; le card. Simon de Beaulieu les accuse d'avoir fait de l'Église un monstre, 121.
Ordres monastiques, leurs exemptions. 64 ; Léon X les organise pour lutter contre les évêques, 70.
Orientale (Église), résiste au pape Victor, 2 ; n'obéit qu'aux canons des synodes orientaux ; ne reconnaît pas le canon de Sardique, 15 ; maintient contre les papes le 28e canon de Chalcédoine, 17 ; Grégoire VII prétend tenir des assises à Constantinople, 44 ; réunion avec l'Église d'Occident à Lyon en 1274 : la profession de foi de l'empereur Michel Paléologue en ce qui concerne Rome est 'tirée du Ps.-Cyrille, 117. n. 398 ; les Grecs repoussent la tyrannie papale, 149 ; le traité d'union à Florence en 1439. 151 ; le Syllabus défend d'attribuer aux papes la cause de la séparation des Églises, 239.
Paleario, Aonio, condamné au bûcher par Pie V pour s'adonner à la critique historique, 212, n. 657.
Palestrina, rasée par Boniface VIII, ses habitants dispersés, 73.
Pallavicini, Jésuite, sur la nécessité des exemptions1, 70 ; éloge des évêques italiens, 175 ; du pape, 193 ; contre les conciles, 253.
Pallium, son origine ; son importance croissante ; taxes du pallium, 64. V. append. B.
Papal (système), repoussé comme sacrilège par Grégoire I", 18 ; créé par Ps. -Isidore et les Grégoriens, 35-49 ; par Gratien, 49-54 ; servi par la scholastique, 57 : désorganise l'Église, 70 ; provoque le schisme, 134 ; renversé par le conc. de Constance, 139, 140 ; repoussé par les Grecs à Florence, 149 : réaction victorieuse contre le système épiscopal, 152 ;N ;remis en vigueur par la Bulle Pastor iEternus au V concile de Latran, 164 ; d'après le cardinal Contarini est condamnable et antichrétien, 172 ; perfectionné par les Jésuites, 193 ; triomphe au conc. du Vatican, 255.
Papes. Leur situation dans l'anc. Église, 1-20 ; les premières falsifications dans l'intérêt de leur pouvoir, 20-30 ; Ps. -Isidore fondJé une monarchie papale absolue, 32 ; les Grégoriens continuent son œuvre, 35-49 ; puis Gratien, 50-53 ; importance des Croisades, des Ordres de Chevalerie, des Ordres mendiants, des Universités, etc., etc., 55 ; nouvelles fraudes, 6-1 ; les grands papes ont été des juristes, non des théologiens, 84 : jugements hostiles des contemporains sur les papes, 93-99 ; les papes introduisent l'Inquisition, 101-109 : les procès de sorcellerie, 109-116 ; Urbain IV adopte le Ps.-Cyrille, 117 ; erreur des réordinations, 124 ; les papes agissent en qualité de représentants de Dieu comme Dieu. 132 : le syst. épiscopal à Constance et à Bâle, 139. 143. 145 : réaction de la papauté, 152 ; la Bulle Pastor /Eternus, 164 ; l'Église, c'est le pape. 206, 259. 260.
Papes (Livre des). Lib. pontif.. ses fictions, leur but, 25.
Papes (écrits des), sont la voix de saint Pierre. 42 : est hérétique qui n'accepte pas les Décrétâtes. 107, 108.
Passionet. card.. empêche la béatification de Bellarmin. 815.
Paul II, transforme le Saint-Siège en cloaque. 166.
Paul III. sourd aux avertissements du card. Contarini, 172.
Paul IV met à l'index son propre Consil. de emend. eccles., 100, n. 335 ; cf. 209 : l'Inquisition, seul appui du Saint-Siège en Italie,
188 ; sa Bulle Cum ex apost. off., 188 ; renouvelée et confirmée par Pie V, 190.
Pelage I" (pape), doit prouver son orthodoxie, 7 ; les sièges aposto- ■ liques sont le fondement de l'Église, 11 ; fiction des Grégoriens à son sujet, 47.
Pelage II (pape), se sert d'une interpolation dans Cyprien pour prouver la primauté de Rome, 23.
Pélagianisme, condamné par Innocent I", approuvé par Zosime, condamné par l'Église d'Afriquie et finalement aussi par Zosime; définitivement condamné par le concile œcuménique d'Éphèse, 5.
Pelayo (Alvaro). Sur l'avidité de la cour du pape, 76 ; Rome, la prostituée des 7 collines, 97 ; les papies peuvent tomber en hérésie, cessent alors d'être papes, 122 ; la miséricorde du pape, refuge contre sa colère, 133.
Pelayo d'Oviedo falsifie l'hist. d'Espagne, 130.
Perrone, Jésuite, falsifie la doctrine des sources de la dogmatique, 223.
Persane (Eglise) indépendante de Rome, 19.
Pie II, ce que comporte d'après lui le serment d'obéissance des év., 70, excommunie «tout appel au concile général, 157 ;- reconnaît l'autorité du concile œcuménique d'après les décrets de Constance, 159 ; l'Allemagne, arrachée à la barbarie par Rome, doit lui prouver sa reconnaissance par de riches tributs, 161.
Pie IV, sa profess. fid. Trident, exige l'interprétation de l'Écriture d'après le consentement unanime des Pères, 13 ; l'élévation à la tiare pervertit son caractère, 209.
Pie V confirme la Bulle de Paul IV, Cum ex apost. off., 189 ; Komma pianum, 265 ; fait brûler Aonio Paleario, 212, n. 657.
Pie VI ,en 1789, reconnaît la fraude du Ps. -Isidore, 201 ; la paix de Westphalie n'a jamais été approuvée par l'Église, 248.
Pie VII. Concordat avec Napoléon I" sur la base des doctrines de Bellarmin, 216 ; maintient les lois d'Innocent III à l'égard des princes hérétiques (instructions au nonce à Vienne), 248.
Pie IX veut faire élever au rang dte décret du concile la Décrétale Novit d'Innocent III, 58, n. 216 ; renouvelle sous une forme modifiée la bulle de la sainte Cène, 192 ; proclame l'infail. papale dans eon encyclique d'avènement, 219 ; intrigues
dans l'Eglise en faveur de l'infaillib., 219-234 ; le Syllabus, 235-252 ; renouvelle l'encyclique de Grégoire XVI contre la lib. de conscience, 244 ; condamne les constitutions de Toscane, d'Espagne, d'Autriche, 246 ; son intervention au concile du Vatican. 255.
Pierre (saint). Sa légende inconnue à Rome jusqu'au milieu du second siècle, 1, n. 3. Les « Droits de saint Pierre » inconnus dans l'anc. Égliseï, cbmme attribués 'exclusivement aux évêques romains, 17 ; le 28e canon de Chalcédoine ne les mentionne pas ; l'empereur Valentinien III fait valoir « le mérite de Pierre » en faveur d'une primauté de Rome sur l'Église d'Occident, 18.
Pisanus, Jésuite, auteur d'une hist. apocryphe du I" concile (Nicée),
Pise (concile de), dépose Grégoire XII et Benoît XIII, élit Alexandre X, 137.
Polychronius, évêque fictif de Jérusalem, déposé par le pape et qui n'a jamais existé que dans les Gesta Xisti III, 21.
Prédestination (controverse de la) avec Gotschalk : on ne demande pas l'avis du pape, 9.
Prêt a intérêts, condamné par les papes ; autorisé seulement chez leurs banquiers, 71.
Procès (les) à Rome : troubles qu'ils occasionnent dans l'Église, 67 ; Roger Bacon à leur propos, 85 ; source d'extorsions, 93.
Professo fid. Trid. contraire à l'infaillibilité. 13.
Pseudo-Cyrille, son origine ; Thomas d'Aquin en fait la base d'une nouv. doctr. du pape dans la théologie, 116-121 ; les Dominicains découvrent la fraude, 131, 132 ; opposé aux Grecs à Florence. 150 ; Cajétan, 179 et Bellarmin, 195 le défendent.
Pseudo-Isidore, Décrétales, 31-35 ; leur autorité, 122 ; les Grecs les déclarent apocryphes, 150 ; défendues par Bellarmin et le Jésuite Turrian, 195 ; introd. dans le Bréviaire romain, 198 ; reconnues fausses par Pie VI en 1789 ; par le P. Jés. Regnon en 1866, 201.
Purgatoire inventé par les papes : puissance du pape sur le P.. 98.
Regino, auteur du prétendu canon d'Ancyre, relatif à la sorcellerie, 109-113.
Regnon, Jésuite, avoue que le faussaire Ps. -Isidore a transformé les institutions de l'Église, 201.
RéORDInations ordonnées par les papes, 124, 136.
Réserves des évêchés, introd. par les papes français, 69 ; supprimées par le conc. de Bâle, 146.
Résignation des évêques ; n'est permise que par le pape (depuis Innocent III), 66.
Royauté (la) est l'œuvre de Satan (Grégoire VII) ; fausse le plan de Dieu» sur la terre (Innocent III), 54.
Rufin. Sa fable, d'après laquelle Constantin le Grand aurait nommé les évêques des Dieux, exploitée par Nicolas Ier, Grégoire VII, Gratien, etc., 41.
Ryckel, prieur des Chartreux : sa vision, dans laquelle Dieu lui dit : « même si les papes, les cardinaux et les prélats juraient de s'amender, ils prêteraient un faux serment », 161.
Sainteté personnelle des papes, 43, 45 ; abandonnée 56.
Sanction (Pragmatique) de Bourges, sacrifiée au concordat de 1517, 153, 164 ; la France cependant reste fidèle à ses doctrines, 187.
Sardique (canon 3 de), exploité par Rome, 15, 17, 20, 22 ; son interprétation par les Grégoriens, 47 ; inauthenticité des canons de Sardique, append. A.
Savonarole, brûlé par Alexandre VI, 167 ; honoré comme un saint et déclaré digne de la canonisation par Benoît XIV, 168.
Saxe (la), d'après Grégoire VII donnée en cadeau à l'Église rom. par Charlemagne, 30.
Schisme, hérésie, d'après Nicolas I", Anselme et Gratien, 52 ; qui n'adhère pas aux doctrines de la curie est schismatique, 62.
Scolastique, dépend de la jurisprudence, 53 ; son influence après Thomas d'Aquin, 84, 99, 119, 159, 165, 180.
Sens (synode de) en 1528, contre les prêtres indignes ou incapables qui se font ordonner à Rome, 171.
Silvestre I", son rôle sans importance dans la querelle de l'Arianisme, 4 ; fables accolées à son nom : confirmation du I" conc. œcum., 15 ; ses Vitae, avec la conversion et le baptême de Constantin. 20, 21 ; la donation de Constantin, 25 ; le Constitutum Silvestri, 21.
Silvestre II, devenu pape à la suite d'un pacte avec le diable, 110.
Simonie (la) est une hérésie ; pratiquée par les papes et par les cardinaux : mais les juristes déclarent que les papes étant audessus des lois, elle n'est pas un crime chez eux, 57 ; Urbain VI menace d'excomm. les cardinaux simoniaqii'is : aussitôt ils élisent un autre pape, 134 : interdite par le concile de Bâle, 146.
Sinuessa (synode de), inventé pour accréditer l'axiome que le pape ne peut être jugé par personne, 21.
Siricius (pape), refuse de décider sur l'hérésie de Bonosus, 5.
Sixte III, ses Gesta apocryphes, avec la condamnation du patr. Polychronius, personnage fictif, 21.
Sixte IV. se réserve la confection des agneaux de Dieu contre les enchantements, 112 ; extension du trafic des choses ecclîs., 166 ; contrairement à Jean XXII déclare orthodoxes les écrits d'Oliva, 184.
Sixte V. son édition de la Bible, dangereuse pour l'infail. papale : conduite de Bellarmin dans cette circonstance, 196.
Sorcellerie, opinion de l'anc. Eglise à ce sujet, 109 ; le prétendu canon d'Ancyre, 113 ; avec les Cisterciens et les Dominicains propagation de la légende de Théophile, (pacte avec le diable), 110 ; on brûle ceux qui nient la réalité de la s., 115 ; Grégoire IX, Jean XXII, procès contre les sorciers, 110, 111, 113,
Spirituels, Franciscains, flétrissent l'Église charnelle, 97, brûlés par l'Inquisition, 107 ; leur lutte avec Jean XXII, 184.
Sprenger, auteur du Marteau des Sorciers, armé par Innocent VIII de pleins pouvoirs contre les sorciers, 113.
Syllabus, 235-250.
Symmaque (Pseudo-), sainteté person. des papes, 43 ; les conciles sans les papes n'ont aucune valeur, 47.
Synodes — décident des questions dogmatiques, 5 ; ne peuvent pas être tenus sans l'autorisation du pape, 46 ; Grégoire I" aurait interdit les syn. particuliers, 47 ; Burkard de Worms travestit les libres décisions des syn. franks du ix" siècle en ordonnances papales, 49.
Synodes œcuméniques : les papes n'ont aucun droit à les convoquer, présider et confirmer, 14 ; confirmation du syn. de Nicée
par Silvestre I". fable, 15 ; Gélase I" revendique le premier ce droit de confirmation, 22 ; doctrine de Bellarmin et des Jésuites sur les syn., 194.
I" syn., ses canons seuls gouvernent l'ancienne Eglise, 14.
II* syn., tenu sans la participation du pape, 5.
III* syn., termine la dispute pléagienne : examine la doctr. de Célestin contre Nestorius, 5.
IVe syn., examine la lettre de Léon Ier à Flavien, 6 ; Léon proteste en vain contre le 28* canon, 17.
V" syn., le pape Vigile se soumet au concile. 6.
VI* syn., condamne le P. Honorius comme hérétique : on falsifie les Actes de ce concile, 8.
VII" syn., rejerté par Charlemagne et par l'Église franque. malgré le P. Adrien, 9.
Synodes du moyen âge : instruments serviles des papes. 78 ; nouv. doctr. de saint Thomas d'Aquin sur les syn., fondée sur le Ps. -Cyrille, 118 ; cette dôctr. succombe aux conciles réformateurs du xv* siècle, 137 ; que le P. Clément VII ne compte pas comme œcuméniques, 151 ; les papes frappent d'excom. l'appel au concile général, 157, 253-255.
Le 1- en 1123, 78 ; le 2e en 1139. 78 ; le 3* en 1179, 79 ; le 4* en 1215, 79 ; le 5* en 1245, 79 ; le 6e en 1274, 80 ; le 7' en 1311, 80 ; le 8e en 1437, 147 ; le 9* en 151«S, 163 ; ïe 10* en 1545. 173 ; le lf en 1869 (v. concile du Vatican). 255.
Synodes réformateurs du xv' siècle : Pise, Constance et Bâle, 137-147 ; leurs principes reconnus par Nicolas V et Pie II, 158. 159 : réprouvés par Léon X dans sa Bulle Pastor /Etternus. au concile de Latran et dans le concordat avec la France, 164.
Syro-Persane (Eglise), indépendante de Borne, 19.
Taxes fiscales, inconnues dans l'anc. Eglise. 16 ; écrasent l'Eglise au moyen âge, 62 ; annates. 143, 146 ; augmentent pendant le schisme, 135 ; — de la Chancellerie et de la Pénitencerie rom. ; leur authenticité. 166, append. B.
Templiers (Ordre des), 80, 111.
Théologie nulle à Borne, 82 ; des moines mendiants, 83 ; fécondée par le Ps.- Cyrille, 117-121 ; son éclat pâlit à Constance, 140- 141 ; ressuscite, 159 ; règne seule à Borne au début du xvi* siècle, 165 ; Aleandre met en garde contre ses sophismes, 180 ; caractère de la théologie infaillibiliste, 264.
Théophile (légende de), le pacte avec le Diable, 110.
Thessalomque (vicariat de), 51, 65.
Thomas d'Aquin se rattache étroitement à Gratien, 53 ; introd. dans la théologie la doctrine des amours des hommes et des démons, 110 ; la doctrine du pape, basée sur le Ps. -Cyrille, 118 ; accusé d'hérésie par l'Univ. die Paris, 124.
Tolomeo de Lucques, falsifie l'histoire, 128-130.
Torquemada (Turrecremata), 8, 42, 131, 145, n. 467, 152, 177.
Tradition (doctrine de la), falsifiée par Perrone, 223.
Translation des évêques ; interdite dans l'anc. Eglise ; attribuée au pape seul par les Grégoriens à la suite de Ps. -Isidore, 52.
Trionfo. Le pouvoir du pape sur le Purgatoire, 98 ; les papes peuvent errer dans la foi. et par là même cessent d'être papes, 122.
Trois-Chapitres (dispute des), variations du pape Vigile, 6.
Trullo (concile in), canon 36, falsifié par Gratien, 50.
Turrianus, Jésuite, défend Ps. -Isidore, 195 ; fait de nouvelles découvertes en Patristique. 200.
Unam Sanctam, Bulle de Boniface VIII, 60. 112 : renouvelée par Léon X,
Unigenitus, Bulle de Clément XI ; ses monstruosités, 214.
I'mversités de Bologne et de Paris prêtent une force morale à la monarchie papale, 55 ; Jean XXII est forcé par l'Univ. de Paris de rétracter sa doctrine sur la contemplation des Bienheureux ; l'Univ. de Paris accuse Thomas d'Aquin d'hérésie en raison de sa théorie de l'infaillib., 123 ; les Universités se rangent du côté des conciles de Constance et de Bâle, 153.
Urbain 1" (Pseudo-). 48.
Urbain II revendique la Corse et toutes les îles d'Occident au nom de la donation de Constantin, 29 ; tuer par zèle pour l'Église un excommunié n'est pas commettre un meurtre, 52 ; ses réordinations, 126.
Urbain IV accueille et exploite le Ps. -Cyrille, 117.
Urbain V attribue la corruption de l'Eglise à l'abandon des conciles, 95.
Urbain VI abandonné par les cardinaux qu'il a menacés d'excom. pour simonie, 134.
Valentinien III, empereur ; sa Novelle sur la primauté de Rome en Occident, 17, et apptend. A.
Vassalité (serment de) des Métropolites depuis Grégoire VII, 65, 69.
Vatican (concile du), Indiction, 229 ; programme du concile, 230 ; acclamation projetée, 234 ; l'Assomption de Marie, 250-252 ; manque de liberté de l'assemblée, 252-255 ; le canon de Vincent de Lérins mis de côté comme n'ayant pas de valeur, 256.
Venise. Clément V voue les Vénitiens à l'esclavage, 73 ; l'Interdit de 1606 sur V., 188.
Westphalie (paix de), maudite par Innocent X ; Pie VI déclare qu'elle n'a jamais été approuvée par l'Eglise, 248.
Victor Ier. Sa doctrine sur les fêtes de Pâques, rejetée, 3.
Vigile I". Ses contradictions dans la dispute des Trois-Chapitres ; déclare qu'il n'a été qu'un instrument de Satan travaillant à la ruine de l'Eglise, 7 ; Pseudo-Vigile : les évêques ne sont quie les vicaires du pape (Innocent III), 65 ; d'après Tolomeo de Lucques a tenu le Ve syn. œcum., 128.
Vincent d'Aspach, prieur des Chartreux, 1459 : on n'a rien à espérer de Rome, elle est pire que l'Hussitisme ; prédit la chute de Rome, 157.
Vincent de Lérins ; ne reconnaît pas la suprématie doctrinale des papes, 11 ; son célèbre canon quod semper, etc.. déclaré sans valeur par les Jésuites et mis de côté par le concile du Vatican, 256.
Vitry (Jacques de), les revenus de la France entière insuffisants pour l'entretien des cardinaux, 89 ; sur la corruption de la curie, 92.
Zabarella, cardinal ; sur la funeste absorption par Rome de tous les droits, 71.
Zosime soutient, contrairement à son prédécesseur Innocent I", la doctrine de Pelage. L'Eglise d'Afrique lui résiste ; le pape finit par adopter l'opinion des Africains, 5.