‹ La papautiChapitre 176 sur 178 · CANONISATIONS · texte numérisé non relu

CANONISATIONS

romain. Elles n'épuisaient pas cependant la liste des différents chapitres financiers de la Chambre apostolique.

Rome battait aussi monnaie avec le commerce des reliques. Depuis le moyen âge, la curie s'est réservé le droit de prononcer sur l'authenticité d'une relique et quand elle a décidé que la relique est véritable, elle vend son approbation. On est malheureusement assez mal informé sur les sommes que rapporte au pape cette branche d'industrie. Les renseignements précis sont rares et dissimulés avec soin. Cependant, de nos jours encore, une congrégation spéciale s'occupe de la recherche des reliques et on peut estimer l'importance de ses affaires au nombre de ses employés : actuellement, elle ne comporte pas moins de vingt-huit consulteurs. Dans la circulaire de l'agent Sgambaty, citée plus haut, on voit que l'on peut facilement se procurer à Rome des reliques et corps saints moyennant finance.

On possède plus de renseignemeuts sur les sommes que Rome encaisse pour les canonisations. L'acte de canonisation de Léopold d'Autriche (1484) coûta 25.000 fl. d'or; celui de saint François de Sales (1665) 31.900 scudi et au xvme siècle, celui de Pie V, 30.000 scudi aux Dominicains. Ainsi qu'il arrive dans toutes les transactions avec la curie, l'acte de canonisation comporte en outre des sommes accessoires plus considérables que le prix de l'acte même; d'abord, celles que provoquent les interminables procès précédant la canonisation ; puis celles qui suivent l'acte, telles que les énormes frais de la cérémonie à Saint-Pierre et les non moins énormes cadeaux au pape et a toute la curie. Moroni énumère, sous 66 rubriques distinctes, la liste des dons qu'il faut distribuer du pape jusqu'aux sacristains (pantoufles pour le pape d'une valeur de 2.200 scudi, calice de 600 écus ; pour la sacristie de Saint-Pierre 1.650 scudi ; 649 pour la bulle de canonisation ; Alexandre VII réclama 6.000 scudi pour prix des tapis de l'église, etc.). On ne connaît qu'un seul pape, Adrien VI, qui ait procédé a deux canonisations sans frais. Les revenus que Rome retire de certains pays peuvent être considérés comme des revenus annuels; par exemple, pour l'Espagne: à la fin du xviu* siècle, le cardinal de Bernis évaluait les sommes annuelles que Rome recevait d'Espagne, pour les procès de canonisation, à plus d'un million de livres. [G-T.]

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