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La réaction électrique des muscles paralysés et atrophiés est très appréciable. Si l'on fait passer, à l’aide d’une électrode boutonnée, un fort courant induit dans la région du cou, on provoque une contraction violente du peaucier des muscles hyoïdiens et de la musculature externe du larynx, des contractions moins fortes des sterno-cléido-mastoïdiens et aucune contraction des grands dentelés et des muscles élévateurs des épaules.Les rameaux trapéziens du nerf accessoire (spinal) sont faiblement excités par les forts courants ; les secousses sont lentes à se produire et se propagent peu (réaction de dégénérescence aux courants faradiques); le même phénomène s’observe dans le biceps gauche. Lorsque l’on excite les muscles avec un courant galvanique,on observe une réaction de dégénérescence exquise dans les deux trapèzes, les sterno-cléido-mastoïdiens, dans le biceps gauche, et dans le long supinateur ; elle est moins nette dans les deltoïdes et, à droite, dans les fléchisseurs de l’avantbras. On la rencontre encore, à gauche, dans les muscles extenseurs du carpe.
La sensibilité est normale, subjectivement et objectivement, sous toutes ses formes ; le malade est donc en état de reconnaître les lettres écrites sur son bras.
Du côté des membres inférieurs, on note du raccourcissement et de l'amaigrissement de la cuisse droite, datant de la plus tendre enfance et occasionnant des troubles de la marche. À part cela, rien de particulier à signaler. Pas de perte du réflexe rotulien. Pas de troubles vésicaux ni impuissance.
La paralysie de la branche externe du nerf accessoire qui se traduit par des phénomènes paralytiques du côté des mus-
cles de la nuque et du bras et qui s'accompagne d’un enroue-
ment, fait penser que la lésion intéresse également la branche interne d'où partent les nerfs moteurs des muscles internes du larynx. L'examen laryngoscopique ayant été fait le 1e avril par le D' Bœcker, montre l'existence d’une paralysie du récurrent gauche ; le 6 mai, on trouve de la rigidité de la corde vocale droite ; et le 16 mai, il y a de la paralysie bilatérale des cordes vocales. À l'inspiration, pas d’abduction ni de rapprochement des cordes vocales (donc paralysie). A la phonation, la voix est enrouée et éteinte ; le malade ne peut pas crier ; les cordes vocales sont flottantes à chaque vibration par suite de la parésie du nerf laryngé supérieur qui innerve le muscle crico-thyroïdien lequel est tenseur des cordes vocales. L'excitation faradique de ce muscle faite à travers les téguments du cou permet d’augmenter aussitôt le ton de la voix. On n'a pas encore pu avoir de données sur l'excitation électrique des muscles internes du larynx ; car cette technique n’est pas encore mise en pratique ; néanmoins il n'est pas douteux que ces muscles présentent des signes de dégénérescence au même titre que les muscles externes du larynx.
Il était intéressant de rechercher ensuite la réaction nerveuse du cœur ; car les nerfs modérateurs de cet organe, les rameaux cardiaques du vague, doivent provenir du nerf accessoire ; on note alors de la fréquence du pouls que lon peut rattacher à la fréquence respiratoire qui est due à la paralysie du diaphragme. L'examen des autres nerfs craniens ne donne aucun résultat. Le voile du palais s'élève et s’abaisse bien et d'une façon régulière. Voix nasale. Légère difficulté de déglutition. Pas de traces d’atrophie du côté de la langue; sa mobilité est normale dans tous les sens. Les muscles de la
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face sont intacts , le malade peut siffler ; pas de phénomènes | de paralysie bulbaire. Le goût est normal. Les muscles de l'œil ne sont pas intéressés ; pas de phénomènes pupillaires. L'odorat laisse peut-être un peu à désirer.
Les douleurs violentes qui empêchent le malade de dormir la nuit n'atteignent que la région de la nuque, et jamais la région postérieure de la tête; elles s'irradient surtout dans le bras et l'épaule du côté droit.
En ce qui concerne la localisation et la nature du processus, on peut dire qu'il s’agit d’une paralysie ayant entraîné de l’atrophie par dégénérescence et reconnaissant pour cause une névrite dégénérative des nerfs cervicaux supérieurs et des deux nerfs accessoires (spinaux). La syphilis ayant été reconnue et les exostoses vertébrales étant manifestes, on peut affirmer qu'il y a une corrélation étroite entre cette
névrites et des lésions syphilitiques des vertèbres.
OBSERVATION IV (Résumée)
(Oppenheim. — Berlin. Klin. Woch., 1888, p. 1051.)
IL s’agit dans cette observation d’une paralysie de la branche interne et de la branche externe du spinal ; l'affection du malade ressemblait cliniquement à un tabes et avait été considérée comme telle. On constatait une parésie du trapèze et du sterno-cléido-mastoïdien droit, des troubles de la déglutition, une paralysie du moteur oculaire commun droit ; on constatait aussi de l'accélération du pouls, une paralysie de la corde vocale droite et des accès de toux douloureuse.
Le malade avait les troubles du tabes (troubles du côté de la
vessie, troubles de la sensibilité) ; en outre il avait une iridochoroïdite spécifique et unc kératite parenchymateuse.
On trouva à l’autopsie une « pachyméningite interne chronique très intense et une arachnoïdite gommeuse » avec «atrophie très prononcée, dit l’auteur, des racines extramédullaires qui sont enserrées de tissu néoformé », atrophie du trajet des racines bulbaires, atrophie du faisceau solitaire droit ainsi que des noyaux postérieurs du pneumogas-
trique et du glosso-pharyngien.
Ne semble-t-il pas, ici encore, que les lésions des noyaux bulbaires aient dû être consécutives à la
méningite ?