OBSERVATION III
(Remak. — Deutsche med. Wochenschrit, 1885, n° 25.)
Un ‘cas de paralysie double du nerf accessoire de Willis
Le patient M. H... boite depuis son enfance à la suite d'une coxalgie qui est survenue à un an et demi du côté droit. Il y a douze ans il eut un chancre et ensuite une roséole. Il est marié depuis huit ans. Sa femme a fait trois fausses couches, elle a eu un enfant mort-né et deux autres enfants qui sont bien portants. Chez ce malade sont apparues des douleurs dans les épaules, des exostoses, et une atrophie-particulière des muscles du cou pour lesquelles il vient consulter.
Sous l'influence d’un traitement énergique par l’iodure de potassium et le courant galvanique l’état général du sujet ne ‘s'est pas modifié d’une façon notable : seulement les exos- ‘toses sont devenues un peu moins sensibles à la pression et elles ont diminué de volume ; par contre, les phénomènes
de paralysie et d’atrophie musculaire sont restés stationnai-
res,
nee
De plus, on remarque, au voisinage de la portion sternale de la clavicule droite, une exostose considérable ayant, à peu près, les dimensions d’un œuf de poule ; à gauche, le gonflement est moins accentué. Exostoses très dures au niveau des premières vertèbres cervicales à droite, et des sixième et septième vertèbres cervicales à gauche,qui gênent la mobilité de ces vertèbres et empêchent le malade de tournèr la tête vers la gauche.
Les muscles de la nuque sont atrophiés etles bords du muscle trapèze sont affaissés au point que la fosse sus-épi neuse est presque confondue avec la fosse sus-claviculaire. En plus de l’atrophie du trapèze, on note encore de l’atrophie du muscle élévateur de l'épaule et des autres muscles de la nuque. Les acromions sont abaissés. Les omoplates, dont les bords internes convergent vers le bas, sont éloignées, de 10 à 11 centimètres, de la colonne vertébrale, et leurs pointes s’écartent du thorax ; l’aplatissement de l’espace interscapulaire correspond à l’atrophie des rhomboïdes ; à gauche, les saillies du grand dentelé ont disparu.
Les muscles de la partie antérieure du cou sont mieux développés ; les sterno-cléido-mastoïdiens ont des contours passables ; la musculature externe du larynx est encore mieux développée : les pectoraux sont affaissés et atrophiés. Les deltoïdes sont encore bien développés ; mais il y a de l’amaigrissement du bras surtout du côté de la flexion. Le biceps est, surtout à gauche, atrophié en un mince fuseau, et le pourtour du bras, à ce niveau, n’est que de 20 centimètres ; du même côté, le long supinateur manque à peu près complètement.
Du côté de l'extension de l’avant-bras on ne remarque
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qu'un affaissemeut insignifiant des muscles. Pas d’atrophie des fléchisseurs de l’avant-bras ni des muscles de la main.
Les troubles fonctionnels sont encore plus importants que les atrophies musculaires pourtant considérables. Tandis que le malade peut encore tenir la tête droite et lui faire faire parfaitement des mouvements d'inclinaison et de rotation, il est incapable de hausser les épaules. En lui faisant mettre les bras dans la position horizontale (action du deltoïde), les acromioses s'élèvent à peine. Les mouvements de rotation interne et externe ainsi que les mouvements d’extension se font encore passablement. Si l’on élève passivement le bras gauche, l'omoplate reste accolée au thorax, tandis que la plus légère pression sur le bras suffit pour provoquer l’'écartement de l'omoplate, caractéristique de la paralysie du grand dentelé.
A droite, on n'observe que de la parésie du grand dentelé.
Le malade peut rapprocher ses omoplates l’une de l’autre (action du grand dorsal); en avant l'adduction par action des pectoraux se fait sans vigueur.
Affaiblissement considérable dans toute l’étendue du nerf radial ; pas de troubles notables de la motilité de la main et des doigts.
La respiration se fait sans dyspnée ni bruit strident (24-27 à la minute), et elle revêt le type costal très nettement. Au moment de l'inspiration, à la place de la voussure normale de l’épigastre, on remarque un affaissement notable de la paroi qui est dû certainement à une contraction défectueuse du diaphragme. Tremblements fibrillaires peu fréquents surtout dans le sterno-cléido-mastoïdien, les pectoraux, le
deltoïde,le biceps et le long supinateur des deux côtés,