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La paralysie générale dans l'Armée

Nos nombreuses visites à l'asile de Sainte-Anne et la lecture des récents ouvrages de maladies mentales nous avaient depuis déjà longtemps montré la part considérable pour laquelle la paralysie générale entrait clans le monde des aliénés. Une leçon de M. le professeur Bail vint un beau jour nous apprendre que le métier des armes était, où dans tous les cas passait pour la profession prédisposant le plus à cette affection. Pour tout autre, ce point de vue spécial eut pu passer inaperçu, il ne pouvait l'être pour nous. Destiné à passer notre vie plus particulièrement dans ce milieu, avoir certainement des paralytiques généraux parmi les personnes qui partageront notre existence, nous ne pouvions nous empêcher de noter cette assertion et d'en rechercher les causes. Nous ne pouvions songer à trouver une affection chez le militaire différente de celle qui frappe le civil, ce n'est point une Darricam-rc 2

description de la maladie que nous devions entreprendre, mais bien chercher si des causes spéciales, prédisposantes et occasionnelles, découlaient du fait même du métier des armes. Avant de rechercher ses causes spéciales, il nous a paru utile, sinon indispensable, de faire l'étiologie en général de notre affection, c'est notre premier chapitre. Parmi ces causes, découvrir celles qui relevaient plus particulièrement de la profession militaire, quels sujets elles devaient attaquer de préférence, quelles armes, quels grades, constituait une partie peu traitée jusqu'ici, partie négligée et cause d'erreurs nombreuses. Chercher à nous assurer si les faits répondaient à nos prévisions et aux considérations étiologiques par nous exposées; en un mot, si les faits corroboraient nos présomptions, est une tâche à laquelle nous ne pouvions nous soustraire. Le point de vue déontologique méritait une importante place, et nous lui avons, avec plaisir, consacré tout un paragraphe. Si le métier militaire est cause de la paralysie générale, c'est lui qu'on en doit rendre responsable. En même temps, nous devions indiquer les mesures à prendre à l'égard de notre aliéné, dans le double intérêt de sa personne et de la société, plus particulièrement de l'armée.

Avant d'entrer en matière qu'on nouspermelte de nous acquitter d'un double devoir d'usage et de reconnaissance.

Nos premiers remerciements vont tout naturellement à M. le professeur Bail, qui a bien voulu nous faire l'honneur de présider notre thèse inaugurale. C'est dans sa clinique de Sainte-Anne, en écoutant les leçons inappréciables, où il prodigue avec une éloquence si attrayante

les principes de la science mentale dont il est un des maîtres incontestés, que nous est venu le désir d'étudier de plus près cette partie de la pathologie médicale et d'y chercher le sujet de ce travail.

A côté du maître notre reconnaissance ne saurait oublier son second, M. le D1' Rouillard, chef de clinique de la Faculté, médecin de Sainte-Anne. Dans l'étude d'une matière, parfois ingrate, nous avons souvent mis à contribution son savoir et son expérience, et son concours ne nous a jamais fait défaut, témoignage incontestable d'une amitié dont il nous a donné par ailleurs bien des marques. Cette amitié nous honore au plus haut point, nous lui savons gré de cette preuve de sympathie dont nous sommes on ne peut plus flatté.

M. le professeur Reclus, soit par son enseignement à l'Hôtel-Dieu, soit surtout par les conseils qu'il nous a prodigués durant tout le cours de nos études médicales, et l'appui affectueux et constant que nous avons trouvé en lui, s'est acquis à notre reconnaissance plus de titres que nous n'en saurions énumérer ici. Qu'il veuille agréer le sincère hommage de notre gratitude et de notre dévouement.

En peu de jours M. le professeur Burlureaux a su nous obliger 5 un degré extrême, par la bienveillance et l'affabilité qu'il a mises à notre service. Nous lui adressons nos plus vifs remerciements.

Nous les adressons aussi à M. le Dr Christian pour l'accueil des plus complaisants qu'il nous a fait dans son service de la maison de Charenton,et les indications précieuses qu'il nous a fournies.

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