‹ La paralysie générale dans l'ArméeChapitre 2 sur 29 · CAUSES DE LA PARALYSIE GÉNÉRALE · texte numérisé non relu

CAUSES DE LA PARALYSIE GÉNÉRALE

CAUSES PRÉDISPOSANTES.

Loin de nous l'idée de discuter le rôle de l'hérédité des maladies ou des tendances aux maladies, et moins encore celle d'en indiquer les lois. Quiconque s'est occupé de pathologie générale n'a pu négliger ce chapitre fondamental de la science médicale, et a vu sans la moindre surprise la transmission à la postérité des aptitudes pathologiques se faire au même titre que celle de certains caractères physiologiques innés ou acquis. Nul n'ignore que parmi les maladies il en est de plus fatalement héréditaires que les autres, ce sont les névropathies de tout genre. A cela rien d'étonnant, les cellules nerveuses étant sans contredit les plus aptes à conserver les empreintes auxquelles elles ont été soumises. Il en est de l'hérédité psychique comme de l'hérédité physique; résultant simplement du fonctionnement physiologique des organes et spécialement des centres nerveux, les caractères psychiques obéissent naturellement aux lois générales de l'hérédité. Comme tout autre chose le cerveau s'use d'autant plus qu'il travaille davantage, il se fatiguera par conséquent plus souvent chez les civilisés, aussi chez ces derniers la folie est-elle plus fréquente. Si ces considérations sont vraies pour les névropathies pures, en est-il de même pour la paralysie

générale, qui par bien des côtés a des rapports intimes avec les affections cérébrales et nerveuses. Absolument niée par quelques auteurs, l'influence héréditaire semble pour la majorité au contraire jouer un cerlain rôle dans la production de la maladie qui nous occupe. Nous n'hésitons pas un instant à nous rallier à cette dernière opinion, mais nous croyons indispensable d'établir des distinctions tranchées suivant les rôles attribués aux différentes hérédités.

Et d'abord les paralytiques généraux ont-ils leurs ascendants directs, père et mère ou seulement l'un d'eux paralytiques généraux ? Des faits de ce genre sont absolument incontestables, des parents paralytiques généraux ont eu des enfants qui a leur tour le sont devenus, mais si de telles observations sont indéniables, moins discutable est leur rareté. Nous ne trouvons plus en paralysie générale cette corrélation malheureusement si fréquente et si intime, qui dans les autres vésanies semble vouloir relier sans cesse le déplorable état mental du descendant à celui de son ascendant. Nous exprimerions volontiers cette loi dans les termes suivants : l'hérédité similaire est fort rare dans la paralysie générale.

Contrairement à l'hérédité similaire dont le rôle semble presque effacé, l'hérédité vésanique réclame une part assez appréciable dans l'étiologie de cette affection. Lisez observations sur observations, et il vous sera facile de vous convaincre du rôle assez important qu'y joue la vésanie pure. A cet égard nul doute, nos malades ont souvent parmi leurs ascendants des aliénés de toute sorte, dans un tiers des cas, écrivait Calmeil, dans une propor-

lion plus forlc encore rapportait Marcé. On est généralement d'accord sur ce point que l'hérédité vésanique est assez fréquente dans la paralysie générale.

Mais sans contredit le grand facteur héréditaire, celui que la curiosité du clinicien doit rechercher avant tout chez les ascendants, est l'état congostif de leur encéphale. Ce point a échappé à bien peu d'observateurs. « Les (l) tendances congestives et l'hémorrhagie cérébrale chez les ascendants, noua dit M. le professeur Bail, sont pour les descendants une prédisposition manifeste à cette maladie ». Les ascendants ont donc été le plus souvent exposés aux troubles congestifs les plus variés depuis la simple conges'ion cérébrale jusqu'à l'hémorrhagie. Déjà çn 4874 M. Bouchoir écrivait : « Quand (2) on demande, à la famille d'un paralylique général de quelle affection est mort son père, six fois sur dix il est répondu : d'apoplexie ». M. Bail, dans un mémoire fait en collaboration avec M. Régis, a donné la généalogie complète de cent familles de paralytiques généraux comptant mille cinq cent-soixante-cinq membres, parmi lesquels il a trouvé quatre aliénés seulement, mais cent quarante-trois personnes atteintes d'affections cérébrales diverses. Cesquelques lignes, dont la vérité est surabondamment prouvée par les observations de tous, réclamant h première place pour ce dernier facteur étiologiquc, et autorisent l'assertion suivante : L'hérédité congestive est sans conteste la prédisposition héréditaire la plus fréquente.

Page 1