‹ La paralysie générale dans l'ArméeChapitre 10 sur 29 · EXCÈS SEXUELS · texte numérisé non relu

EXCÈS SEXUELS

On a toujours fait jouer un rôle important aux excès sexuels dans la production de la paralysie générale. Dans son « Traité des perles séminales d Lallemand avait déjà commencé la croisade contre les abus de coït; en 1871, Cavalier de Montpellier allait plus loin, et proclamait que l'unique cause de la paralysie générale était l'abus du plaisir vénérien, n'en avait-on pas une preuve éclatante dans ce fait que les hommes en étaient plus fréquemment atteints que les femmes, et parmi ces dernières celles qui on avaient fait des abus prolongés. Neumann propagea en Allemagne la même idée. Nous ne discuterons pas longuement le mal fondé de cette assertion, la connaissance de la vie privée de certains paralytiques généraux nous a fait voir qu'une telle opinion était pour le moins exagé-

rée ; pour notre compte personnel il nous a été donné à Sainte-Anne de rencontrer parmi les paralytiques générales bien des femmes dont la vie avait été des plus régulières. Aussi MM. Christian et Ritti ont-ils eu beau jeu à réfuter une opinion si exagérée, grand était le nombre des paralytiques généraux observés dans leur service, pères de famille menant la vie la plus régulière, et dont les antécédents et les habitudes étaient à l'abri de tout reproche. Toutefois qu'on nous permette de glisser ici une courte réflexion. Les gens qui se livrent à des excès sexuels vous racontent souvent qu'ils mènent la vie la plus régulière, de même que l'alcoolique avéré raconte parfois ne jamais abuser de l'alcool. Témoin ce paralytique général interrogé un jour à la Clinique des maladies mentales sur ses exploits conjugaux, et qui répondit le plus franchement du monde, et trouvant sa conduite naturelle : « Je fais comme tout le monde». Interrogé d'une façon plus précise il raconta qu'il ne se livrait qu'à deux rapprochements par jour. Singulière façon de ne pas abuser, et de faire comme tout le monde !

Ces excès se rencontrent ailleurs que chez le jeune homme et l'adulte. « Bien (1) des hommes mûrs, se mariant à un âge avancé, et croyant devoir faire honneur à leur signature », dépassent souvent la limite et paient souvent bien cher leur désir de briller et de se conduire vaillamment; c'est qu'ici comme pour les autres excès, et peut-être même plus, tout est relatif; ce qui est l'excès pour l'un ne l'est pas pour l'autre ; ce qui aujourd'hui

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