SEXE
Nul n'ignore combien la paralysie générale est plus fréquente chez l'homme que chez la femme. Une femme pour huit hommes est la proportion observée autrefois par Baylc dans l'asile de Charenton; une pour six, nous dit Parchappe, une pour huit, Calmeil. Cette proportion va de jour en jour en augmentant, le sexe faible semble vouloir égaler même à ce point de vue le sexe fort. La statistique d'emblée qui a été faite sur le service des aliénés en France de 1864 à 1874 donne pour les asiles publics delà Seine la forte proportion de soixante femmes pour cent hommes. Celte staListique ne saurait nous donner une idée exacte de la situation, il est en effet à noter qu'elle varie suivant le milieu, et que les asiles d'indigents contiennent beaucoup plus de paralytiques générales que les asiles privés. Tout le monde sait que la paralysie générale est plus fréquente chez les femmes de la basse classe que chez celles de la classe riche, et qu'en outre elle semble trouver un terrain éminemment favorable chez les prostituées. La clame d'une position aisée ou d'un rang élevé est rarement la victime de cette maladie, tandis qu'à côté d'elle son mari y est si fréquemment sujet. Si dans les classes inférieures l'homme y est exposé à peu près huit fois plus que la femme, clans la classe élevée la proportion y est infiniment plus considérable. C'est que la grande dame, riche ou aisée, vit à l'abri de ce travail continuel qui fait gagner l'existence matérielle, éloignée du combat pour la vie, cl dépourvue
de cette contention d'esprit et de ces préoccupations répétées qui sont une des principales causes de lu maladie. La femme pauvre au contraire partage les efforts, les angoisses et la misère de son compagnon d'existence, et se trouve de ce fait exposée à ajouter plus tard à sa pauvreté matérielle la pauvreté intellectuelle. Nous en dirons autant de l'homme de la classe élevée qui, ambitieux souvent, ayant soif de gloire ou d'une position qui le fasse briller, se fatigue et souffre intellectuellement et moralement, conditions éminemment propres à faire éclorele mal qui nous occupe.