OBSERVATION N
R.. 5... 49 ans, née à Montpellier, sans profession, domiciliée à la Cavalerie.
Pas de renseignements sur ses antécédents héréditaires.
LT cl ÉTÉ
Antécédents personnels. — Mariée deux fois ; son premier mari, dont l'observation précède, est mort à l'asile de Rodez.
La malade aurait, paraît-il, toujours joui d’une bonne santé. Six fausses couches du premier mariage, deux du second. La malade avoue avoir fait quelques excès de boisson.
En janvier 1903, présente pour la première fois un certain
embarras de la parole, ce qui étonne son mari. - Les troubles mentaux apparaissent au commencement du mois d'août. Distribue à ses voisins tout ce qui se trouve dans son magasin. Propos incohérents. Hallucimations de la vue. Caractère irritable. Admise à l'asile en août 1903.
Le docteur Ramadier, médecin-directeur, la déclare atteinte de paralysie générale: .… Propos incohérents, absurdes, idées de grandeur et de richesse. Tenue débraillée..…. On est obligé de la laver, de la peigner.. Mange gloutonnement... Gâteuse.. Crises d’agitation violentes. Inégalité pupillaire. Tremblement de la langue.
Janvier 1904. — Affaiblissement considérable des facultés intellectuelles, notamment de la mémoire.
Avril 1904. — Embarras de la parole de plus en plus accertué. Affaiblissement progressif.
Décédée en juillet 1904 d’une attaque apoplectiforme.
De tout ce qui précède, nous pouvons conclure que Ja sYphilis joue un grand rôle dans l'éliologie de la paralysie générale ; pourtant, ainsi que nous allons le voir, d’autres facteurs très importants entrent en ligne de compte.
Nous la trouvons, en effet, souvent associée surtout à l’alcoolisme (1) et au surmenage, et nous n'osons assurer que seule elle est capable d'apporter dans un organisme des troubles tels que ceux dont nous venons de parler ; alors que nos
(1) C'est le cas pour les deux malades G. C. et R. S.
O0 ES maîtres les plus éminents sont loin d'être d'accord sur celle question.
MM. Mairel et Vires relèvent.la syphilis, seulement 23 fois sur cent, dans l'histoire de leurs malades, après avoir cité quelques observations de malades syphilitiques chez la plupart desquels la syphilis est associée à d’autres éléments. MM. Mairet et Vires concluent :
« Nos observations cliniques nous amènent donc à refuser à la syphilis un rôle dans l’étiologie de la paralysie générale vraie. Nous disons paralysie générale vraie... (1) ».
D'après MM.'Mairet et Vires, on aurait affaire, en eflet, dans ces cas, à une syphilis cérébrale à forme de paralysie générale.
Celte opinion défendue par des aliénistes si compétents nous semble exacte, en ce sens que la syphilis est presque tou- | Jours associée à d'autres causes, et que rares sont les cas où elle peut être seule inériminée. Mais pourtant toutes les paralvsies générales que nous avons vu évoluer chez des syphililiques montraient bien le tableau clinique de la paralysie générale {ype el nous n'avons pu, à aucun point de vue, les distinguer de celles évoluant chez les autres sujets ne parais-
sant pas syphilisés.
(1) MM. Mairet et Vires. — De la paralysie générale. Masson,