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CHAPITRE VII

SURMENAGE — EXCES VENERIENS

Le surmenage, tant physique qu'intellectuel, doit être aussi considéré comme jouant un rôle très important dans l’étiologie de la folie paralytique.

La privation de sommeil, une nourriture insuffisante sont des causes d’affaiblissement propices à léclosion d’une maladie s’attaquant aux centres nerveux.

La profession du malade est souvent une cause de surmenage, les garçons de calé, les aubergistes, les employés de chemin de fer, les ouvriers ayant des métiers pémibles sont, en majorité parmi les paralytiques généraux.

Quant au surmenage intellectuel, 1l est généralement admis comme une cause fréquente de l'éclosion de cette maladie. D’après l'observation du docteur X..., citée plus haut, nous pensons que le surmenage auquel ce malade était livré ne fut pas étranger à l’éliologie de sa maladie ; nous croyons en voir la preuve dans l'amélioration sensible survenue dans son état lors du repos que le malade prit à la campagne, sur le conseil de son médecin.

Il est possible que le surmenage n'ait d'action que chez les sujets préparés déjà par d'autres causes à devenir paralytiques gnéraux, mais comme nous le disions plus haut, à notre avis la paralysie générale n'est presque jamais pro-

Lie a pes duite par une cause unique : aussi en supprimant un certain nombre de facteurs accessoires, doit-on empêcher la cause principale, seule trop faible, d'agir sur un organisme.

Le docteur Paris, médecin en chef à l'asile de Maréville, considère la syphilis comme une condition nécessaire de la paralysie générale ; dans un de ses ouvrages, récemment publié (1), il propose d'appliquer à la folie paralytique, au début, la même thérapeutique qu'à la confusion mentale primilive : c'est-à-dire supprimer tous les éléments (surmenage, intoxication, etc.) pouvant aider la cause première (syphilis) dans ses ravages sur les centres nerveux supérieurs.

« Qui donc, dit-il, oserait soutenir que les paralysies générales passées à la chronicité, observées par tous les vieux aliénistes, n'étaient pas réellement des paralysies générales typiques qui se sont trouvées enrayées par suite de circonslances qui, Jusqu'à ce Jour nous avaient échappé ; séquestralion précoce, repos, régularisation de régime, de genre de vie, etc. ? »

Puisqu'en supprimant le surmenage, les soucis, ete., chez un malade, on arrive à enrayer la marche d'une maladie aussi grave ; on est obligé de conclure que ces facteurs supprimés jouaient un grand rôle dans l’étiologie de la paralysie générale.

Que la syphilis soit ou non un facteur indispensable, il paraît done probable que le surmenage en est un très important.

Chez les malades observés à l'asile de Rodez, le surmenage, soit physique, soit intellectuel, est rarement noté ; cela

(1) D' A. Paris. — La paralysie générale progressive. Sa parenté avec la confusion mentale primitive, sa pathogénie, son pronostic; orientation à donner à sa thérapeutique. Nancy, Louis Kreis, 1905.

J — 39 — tient surtout, à moins d'avoir affaire à un surmenage exagéré, à la difficulté d'apprécier l'excès de travail.

Il est presque impossible, en effet, de mesurer la capacité de travail d’un individu. Cette capacité est éminemment va- riable suivant les dons naturels; l'âge, l'éducation, etc. Tel ouvrier, presque illettré, chargé par son patron de faire un relevé de comptes très simple par exemple, travaillera souvent plus qu'un enfant instruit auquel la même besogne serail imposée. Du reste ne voyons-nous pas tous les jours certains arriver brillamment, sans travail exagéré, à des résultats que d’autres obtiennent difficilement après un labeur acharné.

Nous eroyons voir là l'expliéation du manque de renseignements à cet égard, el aussi dans ce fait, c’est que souvent, vivant dans un milieu de surmenés (mineurs, mouleurs, etc.) celur qui succombe est considéré par ses camarades comme un travailleur ordinaire n'ayant pas de chance, ou trop fai-

- blé pour la profession qu'il avait embrassée.

Quor qu'il en soit, le surmenage n’a pu être incriminé avec : certitude chez les malades de l'Aveyron que 12 fois sur 60. = Chez les malades observés par le docteur Ramadier, à l’asile de Vaucluse, il était incriminé 7 fois seulement pour 79 malades.

Nous dirons deux mots dans ce chapitre des excès vénéd riens relevés dans les antécédents de la plupart des paraly- liques généraux.

Presque tous ces malades, à la période initiale, commettent de nombreux excès, mais comme nous le disions plus haut au sujet de l'alcoolisme, ces excès sont plutôt un effet qu'une cause de la maladie ; aussi ne nous sommes-nous préoccupés que de noter les excès anciens, bien que les au-

| tres puissent être en parlie considérés comme une fatigue nouvelle venant s'ajouter à toutes les autres causes étiolo-

nes giques pour accélérer la marche de la paralysie généralé à son début.

Les excès vénériens dont les malades se rendent coupables longtemps avant l'apparition des premiers troubles peuvent être considérés comme un genre spécial de surmenage des plus funestes, en outre, puisque c'est en général à la suite de ces excès que les malades ont contracté la syphilis.

A ce double point de vue, il semble que les excès vénériens

ont leur place dans l'éliologie de la paralysie générale.

Parmi les malades observés à l'asile de Rodez, ils sont cerlains chez 18, probables chez 2 seulement.

Sur 174 malades observés par MM. Mairet et Vires (1), les excès vénériens sont incriminés 14 fois ; ce chiffre bien inférieur à celui que nous avons relevé nous-même, n'empêche pas ces auteurs de considérer les excès génésiques comme ayant une sérieuse importance éliologique.

(1) Mairet et Vires. — Loc. cit.

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