‹ La Paralysie Générale Dans l'AveyronChapitre 5 sur 22 · HEREDITE · texte numérisé non relu

HEREDITE

Nous comprenons, sous le titre d’hérédité, non seulement les tares constatées chez les parents directs de nos malades (père, mère, aïeul..., etc.), mais encore celles rencontrées chez leurs collatéraux les plus rapprochés (oncles; tantes, etc.).

Nous trouvons :

Hérédité vésanique seule. .... ARE ÿ Hérédité épulépliquerseute ee D Hérédité congestive seule... ........ 1 Hérédité alcoolique-seule 0e 4

Hérédité vésanique associée à l’hérétitiéralcooliquemes ts DR

Hérédité congestive associée à l’hérédiéralcooiques ARR [l

Hérédité vésanique associée à l'hérédité congestive et alcoolique ... 1

Il est important de faire remarquer ici que ces chiffres sont probablement bien au-dessous de la réalité, rien n'étant plus difficile, en effet, que de faire avouer aux familles les antécédents héréditaires des malades internés : antécédents souvent insoupçonnés d'ailleurs des parents, même les plus proches.

noi

Au Congrès international de médecine mentale de 1889, M. le docteur Ramadier donnait les résultats suivants d’une staüstique portant sur 79 malades dressée par lui à l'asile de Vauclusë. « Dans 22 cas, l'hérédité alcoolique était notée ; dans 12 élle était seule ; dans 4 elle était liée à l'hérédité congestivé ; dans 4 autres à l'hérédité vésanique ; enfin, dans 2 il y aväit à la fois hérédité alcoolique, congestive et vésanique.

» L’hérédité congestive avait été relevée 20 fois : 10 fois seule ; 4 fois avec l'hérédité alcoolique ; 4 fois avec l’hérédité vésanique ; 2 fois avec l'hérédité alcoolique et vésanique.

» L'hérédité vésanique comprenait 16 cas : dans 6 elle existait seule ; dans 4 elle était réunie à l’hérédité alcoolique : dans 4 autres à l’hérédité congestive : dans 2 à l’hérédité alcoolique et congestive ».

Nous sommes loin à l'asile de Rodez d’avoir pu nous pro-

curer des renseignements d’une telle précision.

Peut-être peut-on penser aussi, que les paralytiques généraux de l'Aveyron n'ont pas cette hérédité lourde si fréquente dans les villes. Nous pouvons supposer que les Aveyronnais naissent en général de parents sains, ayant toujours mené à la campagne une vie sobre. C'est vrai pour beaucoup, nous avons affaire souvent à des malades, seuls responsables de leur état ; comme nous le verrons dans la suite, la plupart de nos paralytiques généraux ont contracté dans les villes où ils exercèrent différents métiers, le germe de leur mal.

Nous pensons voir ici une des causes du manque plus apparent que réel, espérons-le, de renseignements touchant les ares héréditaires de nos malades.

Il est évident pourtant que chez beaucoup de paralytiques généraux l'hérédité joue un grand rôle. Les deux statistiques que nous venons de citer montrent que l'hérédité congestive et l'hérédité alcoolique sont plus fréquentes dans la para-

er ie lysie générale que dans les autres maladies mentales (sauf, bien entendu, la folie alcoolique et peut-être aussi l'épilepsie) (1). Garnier, en 1889, a montré le parallélisme. existant dans le département de la Seine entre le développement de

Ja paralysie générale et celui de la folie alcoolique. Eñ Avey-

ron, ces deux affections relativement rares semblent ne pas tendre à s’accroitre. La théorie de certains aliénistés attribuant dans l’étiologie de cette affection un rôle exclusif à l'hérédité congestive ne semble pas reposer sur un faisceau de preuves suffisantes. Pour notre part, nous la rencontrons rarement seule.

Plusieurs auteurs considèrent aussi l’hérédité arthritique comme un facteur important dans l’étiologie de la paralysie générale ; on sait, en effet, que les auto-intoxications ou les auto-mmfections se produisent assez fréquemment chez l’arthritique, et retentissent assez vivement sur son système nerveux ; donc rien d'étonnant à ce que l’arthritique soit plus disposé qu'un autre à devenir paralytique général.

. Pourtant, à l'asile de Rodez, sur 60 malades, nous n’en avons trouvé que 5 à tempérament nettement arthritique.

S'il est intéressant de chercher ce qu'étaient les parents des paralytiques généraux, il semble non moins intéressant d’examiner, chaque fois que cela se peut, ce que deviennent leurs enfants ; aussi pensons-nous utile de dire quelques mots sur

la descendance des malades mariés ayant subi un traitement à

l'asile de Rodez.

(1) MM. Mairet et Vires classent pourtant l'hérédité alcoolique parmi les facteurs dont le rôle est douteux dans l'étiologie de la paralysie générale ; pour eux, l'hérédité mentale et l'hérédité nerveuse auraient un rôle absolument nul.

nine Hérédilé descendante: — Dans un de ses rapports, le docteur Ramadier nous donne les renseignements suivants sur les trente malades observés par lui (1).

« Sur les 30, six n'ont pas eu d'enfants : parmi eux, on

trouve un homme qui, à 31 ans, avait épousé une femme âgée

de 48 ans.

» Les 24 autres (18 hommes et 6 femmes) ont eu un chiffre total de 94 descendants qui se décomposent ainsi : 7 nés avant terme, non viables-par avortement avant le sixième mois environ. Une fille avant terme par accouchement prématuré à sept mois, elle vil encore, mais malingre, chétive, nerveuse :; 8 mort-nés à terme.

» 51 morts dans les trois premières années ; 8 sortis de la première enfance laissent fortement à désirer tant au point de vue physique que mental.

.» 89, enfin, au sujet desquels on ne signale rien d'anormal. Il en est deux dans ce nombre que j'ai eu l’occasion de suivre d'assez près et qui ne présentent pas de tares ; ils étaient nés 15 ou 20.ans avant l'apparition de la paralysie générale chez le père qui se portait bien alors, et qui contracta la syphilis quelque temps après la naissance du dernier ».

Nous avons eu l'occasion de voir nous-mêmes quelques-uns des enfants de paralytiques généraux en traitement à l'asile de Rodez ; presque tous sont malngres et chétifs, quelquesuns même donnent des signes de dérangement mental. On peut voir par les chiffres qui précèdent qu'une forte partie de ces enfants succombe dès leur naissance ou dans la première enfance ; ceux qui survivent sont presque toujours tarés à moins pourtant que leurs parents n'aient été contaminés (al-

cool-syphilis) que longtemps apres.

(1) D'J. Ramadier. — Rapport lu au Conseil général de l'Aveyron (Année 1901). :

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