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Le membre est froid. La peau peut être violacée, cyanosée, lisse, amincie. Elle est parfois le siège d’engelures et même
d’escarres.
FoRMESs CLINIQUES.
Nous insisterons surtout sur les formes cliniques dont la connaissance nous permettra de prévoir l’évolution plus ou moins favorable des troubles paralytiques. Les formes rapides et graves nous intéressent moins ; leur pronostic est avant tout un pronostic vital, tandis que leur pronostic fonctionnel devient tout à fait secondaire, et il est exceptionnel qu’on soit appelé à traiter les troubles paralytiques.
Avec SCHREIBER, nous considérerons les différentes formes cliniques d’après le siège des lésions, d’après la marche de ces lésions, d’après les symptômes, d’après l’âge ; nous termi-
nerons par les formes abortives.
1° Formes d’après le siège des lésions. — La forme spinale est la forme prise pour type de description.
La forme bulbo-protubérantielle est caractérisée par des paralysies des nerfs craniens analogues aux paralysies des nerfs spinaux de la forme précédente. Elle est exceptionnelle, Elle peut exister seule ou associée à des paralysies des nerfs rachidiens. On peut observer une paralysie faciale, type périphérique, associée parfois à une hémiplégie croisée. Le grand hypoglosse peut être atteint. Les paralysies oculaires portent sur le moteur oculaire et sur le moteur oculaire commun. Les paralysies du glosso-pharyngien, du pneumogastrique, du spinal entraînent des troubles de la déglutition, de la parole, de la respiration. Le pronostic de cette forme est très grave.
La forme cérébrale est également très rare. Après des
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troubles fébriles aigus apparaît une hémiplégie spasmodique. Quelquefois, on observe une simple monoplégie spasmodique. Paralysies spasmodiques et paralysies flasques peuvent coïncider. D’autres phénomènes encéphalitiques peuvent s’ajouter : convulsions, crises épileptiformes, aphasie, céphalée, délire, torpeur.
Les formes méningées sont caractérisées par l'intensité particulière des signes méningés qu'il est courant d’observer, mais atténués dans toutes les formes de paralysie infantile. On peut observer la méningite simple non suivie de paralysie et la méningo-myélite, quise présente avec une phase méningée suivie d’une phase paralytique. Ces signes méningés ne permettent pas de prévoir la gravité des paralysies. Quand celles-ci apparaissent, les signes méningés cessent ; la flaccidité fait suite à la contracture. On peut tout voir : quelquefois la flaccidité de toute la musculature dans les cas graves de paralysies ascendantes ou au contraire des paralysies transitoires à régression très rapide (SCHREIBER).
20 Formes d'après la marche des lésions. — Forme ascendante. Il est assez commun que les paralysies débutent par les membres inférieurs, puis gagnent les membres supérieurs, le cou. Mais si le bulbe est atteint, on est alors en présence du syndrome de Lanpry. A la suite de phénomènes fébriles avec vomissements, des douleurs apparaissent à la nuque, au rachis. Les membres supérieurs se paralysent tandis que la paralysie se complète aux membres inférieurs. L'enfant ne peut plus s'asseoir, puis ne peut plus se servir de ses mains. La déglutition est difficile, la parole hésitante, la dyspnée apparaît. L'enfant meurt le troisième ou quatrième jour,
quelquefois plus tôt, quelquefois plus tard, en huit ou quinze jours,
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Des cas de paralysie descendante ont été cités, débutant par des nerfs craniens pour finir par les membres inférieurs. Le pronostic est moins grave que celui de la forme ascendante.
30 Formes d’après les symptômes.— Citons la forme ataxique, qui se définit d'elle-même, et surtout la forme douloureuse. Celle-ci se caractérise par des douleurs très vives dès le début de la maladie : douleurs spontanées, continues avec exacerbation, au niveau des muscles du cou, au dos, aux lombes avec
irradiations vers les membres qui seront paralysés. Les mouvements de la colonne vertébrale sont très douloureux. L'hyperesthésie cutanée est très marquée. Elle est souvent localisée à la pression d’un groupe musculaire ou d’un tronc nerveux. Ces douleurs disparaissent généralement quand apparaissent les paralysies, mais les douleurs provoquées par les mouvements passifs et la pression des masses musculaires ou des nerfs persistent quelquefois plusieurs semaines ou plusieurs mois (SCHREIBER).
Il nous a semblé que souvent ces formes douloureuses s’accompagnaient de phénomènes paralytiques assez graves et étendus à de nombreux groupes musculaires (observations n°8 5, 6, 7).
40 Formes d’après l’âge. — La forme du nourrisson passe souvent inaperçue quand l'enfant n'a pas encore marché. Les crises convulsives sont fréquentes. La paralysie spinale est plus rare chez l'adulte, mais plus grave au point de vue vital.
59 Formes abortives. — Ce sont des poliomyélites sans paralysies. Leur existence est prouvée par des sujets présentant les signes du début d’une poliomyélite dans l'entourage même d’un malade atteint de cette maladie, Entre ces formes