‹ La Paralysie Infantile: Contribution à l'étude de son traitement par les agents physiques et l'orthopédieChapitre 14 sur 37 · PRONOSTIC — ÉLECTRO.DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

PRONOSTIC — ÉLECTRO.DIAGNOSTIC

Le pronostic vital se pose surtout à la phase aiguë de la maladie. La mortalité dans la paralysie infantile est d'environ 14 % (SCHREIBER), elle dépend de l’âge du sujet, de la sévérité des épidémies. La mort est surtout à craindre dans la première semaine, mais plus tard, après la disparition des phénomènes aigus, le pronostic restera réservé chez des sujets amaigris, atteints de paralysies graves et étendues, qui restent exposés aux broncho-pneumonies ou à la tuberculose.

Le pronostic fonctionnel est toujours réservé, à l’apparition des paralysies, car la guérison complète ne se produit que dans 20% des cas environ. D’après LEEGARD, des séquelles persistent dans 55% des cas. Il faut tenir compte de la gravité des formes cliniques, de la sévérité des épidémies, mais seul l’électro-diagnostic permet de faire un pronostic fonctionnel sérieux (v. observations n°$ 1, 2, 5, 4).

ELECTRO-DIAGNOSTIC.

La recherche des réactions électriques nécessite un appareil faradique avec trembleur et un appareil galvanique dont

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le courant rigoureusement continu sera fourni par des piles ou des accumulateurs. Une clef de CouRTADE permettra d’exciter le muscle à volonté avec le pôle positif ou négatif.

L’électrode indifférente est appliquée dans le dos du sujet. Une compresse hydrophile pliée en seize épaisseurs et humectée d’eau chaude légèrement minéralisée est disposée entre la peau et la plaque. Le tampon excitateur aura été également trempé dans l’eau chaude.

On commence par l'examen faradique.

1° Examen faradique. — L'électrode exploratrice est reliée au pôle négatif. Le trembleur est réglé à un ou deux battements par seconde. On place le tampon sur le point moteur en commençant du côté sain. On engaine les bobines jusqu’à la contraction. On note le chiffre qui marque en centimètres le degré d’enfoncement de la bobine : c’est le seuil d’excitabilité faradique. On opère de la même façon du côté malade. Il y a hyperexcitabilité quand le seuil de contractior est plus élevé du côté sain que du côté malade et hypoexcitabilité dans le cas inverse. Si, malgré l’enfoncement total de la bobine, il n'y a pas de contraction, il y a inexcitabilité faradique (réaclion de Duchenne). Avant d'affirmer cette inexcitabilité, il faudra compléter l'examen faradique par l'excitation bipolaire préconisée par DUCHENNE, de Boulogne. Cette exploration sera faite d’abord avec des interruptions espacées, puis fréquentes (courant tétanisant). Si on ne trouve aucune réaction, on fera la recherche de l’excitabilité faradique latente BABINSKI, DELHERM, JARKkOswkt). Cette méthode consiste à exciter au courant faradique, par la méthode bipolaire de préférence, des muscles déjà parcourus par un courant continu de 10 à 30 milliampères, une électrode étant placée dans la région lombaire et l’autre à l'extrémité distale du membre.

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On obtient quelquefois une réaction alors que, dans les conditions ordinaires d'examen, le muscle est inexcitable au courant faradique.

Il faut se mettre à l’abri de nombreuses causes d'erreur. Le malade doit être en état de résolution musculaire complète, sinon l'excitation électrique n’amène aucune réaction. Il faut être patient dans la recherche de ces réactions ; le muscle ne réagit quelquefois qu’au bout d’un certain temps, quand la peau est bien imbibée par l’eau. On promènera le tampon excitateur sur les téguments jusqu’à ce qu’on ait trouvé le point moteur du muscle.

Il faudra également s'assurer que le membre excité n’est point refroidi, comme il arrive si souvent dans la paralysie infantile. L’excitabilité électrique est alors diminuée. On réchauffera le membre avant l'examen dans un bain ou par une application diathermique.

L'adipose a une grande influence sur les résultats, les sujets maigres ayant une excitabilité plus élevée que les sujets gras ; il faudra tenir compte de ce fait quand on ne peut conclure par comparaison avec le côté non atteint.

Il est, enfin, des cas où il existe des différences de résistance d’un côté par rapport à l’autre. L'examen faradique permet difficilement de le constater ; on vérifiera l'identité des résistances des deux côtés au moment de l'examen galvanique.

La contraction du muscle excité ne s'accompagne pas toujours du mouvement physiologique correspondant, soit que le courant destiné à rechercher le seuil de contraction est trop faible, ou soit que le muscle est très hypoexcitable. Dans ce dernier cas, on peut même constater l’action des antagonistes restés sains, sur lesquels diffuse le courant. Aussi faudra-t-il souvent se contenter d'observer le durcissement du corps

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museuloire ou la saillie du tendon pour affirmer la contraction du muscle.

Toutes ces remarques intéressent également l'examen des

réactions au courant galvanique.

20 Examen galvanique. — Il ne faut pas oublier, ainsi que nous le verrons dans un instant, que la contraction d’un muscle est fonction du temps pendant lequel le courant le traverse, autrement dit de sa chronaxie.

C'est cette vitesse d’excitabilité qui fait que le muscle cesse très rapidement de réagir au courant faradique, lequel ne nous permet par conséquent pas d'apprécier la qualité d'une contraction musculaire dont la chronaxie est augmentée.

Il est, par conséquent, de toute nécessité d’avoir recours à l'examen par le courant galvanique. On peut, en effet, avec ce dernier, faire passer le courant avec tout le temps nécessaire pour déterminer la contraction propre du muscle, même privé de relation avec son centre moteur. On commence par rechercher le seuil d’excitabilité en débutant du côté sain. L’électrode indifférente est fixée dans le dos, le tampon excitateur est posé au point moteur du muscle. On fait de brusques fermetures du courant, le pôle négatif étant relié au tampon excitateur. Avec la manette du rhéostat, on augmente l'intensité du courant jusqu'à ce qu’on obtienne une contraction. On s'assure que cette contraction n’a pas été obtenue avec un courant plus intense qu’il n’était besoin en diminuant l’intensité très lentement et en vérifiant, après chaque diminution d'intensité, si le muscle se contracte encore. Quand il ne se contracte plus, on a le seuil et on note l'intensité qui passe en milliampères. On constate ainsi soit l’excitabilité normale des muscles, soit leur hyper ou hypoexcitabilité, soit, enfin, leur

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inexcitabilité quand on n'obtient aucune réaction quelle que soit l'intensité du courant.

Mais l'examen au courant galvanique permet la recherche beaucoup plus importante d’une série de réactions qualitatives.

a) Réaction lente ou réaction de Remak. — La contraction est lente, paresseuse. Entre la réaction normale, en éclair, et la réaction nettement lente, il y a tous les degrés.

b) À cette réaction lente, DELHERM et LAQUERRIÈRE, Huer et BourGuiIGNon rattachent la contraction galvanoto-

. nique. Avec des intensités faibles à peine supérieures au seuil

galvanique, la contraction obtenue par la fermeture négative du courant galvanique persiste tant que le cireuit est fermé et cesse à l’ouverture, tandis que, normalement, le muscle se contracte brusquement et se relâche de suite. Cependant, avec de très fortes intensités on peut observer du galvanotonus sur un muscle normal. La contraction galvanotonique peut, soit faire suite à une contraction lente, c’est un signe de dégénérescence grave ; soit succéder à une contraction brusque ou constituer à elle seule toute la réaction (BOURGUIGNON).

c) Inversion de la formule ou réaction d'Erb. — Normalement, l'excitation de fermeture faite avec l’électrode négative, au seuil avec une même intensité, donne une réaction plus forte qu’à la fermeture au pôle positif NFS > PFS. Dans la dégénérescence du muscle avec la mêmé intensité au seuil, la contraction de fermeture négative est plus faible que la contraction de fermeture positive NFS < PES ; à un degré moindre il y a égalité NFS — PES. Cette réaction n’a de valeur que lorsque l'excitation est portée exactement au point moteur, car sur des muscles sains on peut constater l’inversion de la formule quand on excite loin du point moteur. Comme on n’est jamais certain de porter l'excitation exactement à son niveau, cette réaction a un intérêt bien secondaire.

d) Réaction longitudinale ou réaction de Huet. — Avec une même intensité, la contraction devient plus forte à mesure qu'on se rapproche du tendon du muscle. Elle peut même disparaître au niveau du point moteur. On observe en même temps, près du tendon, une contraction plus forte à la fermeture négative qu'à la fermeture positive.

L'examen des réactions électriques des muscles sera compiété par l'étude de leurs réactions par l'excitation au niveau du nerf au courant faradique et surtout au courant galva-

nique.

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