VALEUR COMPARÉE DE CES RÉACTIONS
Parmi les réactions quantitatives, l’inexcitabilité faradique du muscle est le premier signe de la D. R. Avant de l’affirmer, il faudra avoir mis en œuvre les différentes méthodes indiquées plus haut. D'après BourGuIGNON, l'inexcitabilité galvanique sur le nerf avec un courant continu d’intensité la plus grande possible permettrait mieux que l'inexcitabilité faradique sur le muscle d'apprécier la gravité de la paralysie.
L'inexcitabilité galvanique sur le muscle a peu d'intérêt, car tant que le muscle possède encore quelques fibres saines, sa réaction au courant galvanique persiste.
L'hypoexcitabilité faradique et galvanique comporte un pronostic favorable. |
Les réactions qualitatives : lenteur de la secousse, réaction galvanotonique, réaction longitudinale, inversion de la formule, etc., etc., sont souvent associées et indiquent un état de dégénérescence marqué. Parmi elles, la lenteur de la secousse est surtout importante. La réaction galvanotonique, considérée comme une exagération de la lenteur de la secousse, est un
DT
signe de gravité plus grande que lorsque la réaction est seulement lente.
Les autres réactions : réaction longitudinale, égalité ou inversion de la formule, accompagnent en général la réaction lente.
Les réactions quantitatives et qualitatives peuvent se diviser en trois groupes, de valeur pronostique bien différente. Une simple hypoexcitabilité faradique et galvanique à un pronostic favorable.
L'association d’hypoexcitabilité faradique et galvanique sur le muscle et sur le nerf avec réaction ralentie accompagnée ou non de réaction longitudinale et d’égalité ou d’inversion de la formule, constitue la réaction de dégénérescence partielle, dont le pronostic est réservé.
Quand le muscle est inexcitable au courant faradique avec lenteur de la secousse, contraction galvanotonique, réaction longitudinale, égalité ou inversion de la formule et quand le nerf est inexcitable au faradique et au galvanique, il y a réaclion de dégénérescence complète. Le pronostic est très grave.
Enfin, à une période très éloignée du début, la R. D. ellemême disparaît et on n’observe plus aucune réaction à aucun mode de courant. Cette abolition complète de toute excitabilité est le signe de la disparition complète du muscle.
Mais un seul examen ne permet pas de faire un pronostic, car, tandis que tel muscle atteint de R. D. complète a tendance à revenir lentement vers la normale, tel autre atteint de B. D. partielle dégénérera au contraire complètement. C’est, qu’en effet, si l’électro-diagnostic pratiqué une seule fois nous permet d'établir l’état de dégénérescence actuel du muscle, il n'indique pas dans quel sens évolue le processus au moment de l’examen ; d’où la nécessité de faire l’électro-diagnostic tous les mois environ, et de relater chaque fois exactement les seuils
d’excitabilité.et les réactions qualitatives afin de les comparer avec ceux de l'examen précédent. On pourra ainsi déceler la tendance à la guérison ou, au contraire, à la dégénérescence plus complète du muscle. ù £
Il faut tenir compte, dans l'interprétation d’un électro-diagnostic, du temps qui le sépare du début de la maladie. A l’apparition des paralysies, les réactions présentent un intérêt très secondaire, car elles peuvent n'être que la conséquence d’une lésion anatomique passagère. Quand l’œdème médullaire est résorbé, il laisse les lésions des cornes antérieures de la moelle se manifester. L'évolution des paralysies pourra alors être suivie à l’aide de l'examen électrique. Un mois environ après le début des paralysies, celles-ci ont nettement évolué soit vers l'amélioration, soit vers un état plus grave, de telle sorte que l'hypoexcitabilité faradique et galvanique commence à indiquer une amélioration probable ; et la R. D. complète implique, au contraire, un pronostic sombre.
Le pronostic serait encore plus certain s’il était pratiqué plus tard, mais on comprend la hâte de l'entourage à se renseigner sur l’évolution probable de la maladie.
Bien qu’un pronostic sérieux ne puisse être établi qu’à la fin du premier mois, il y a cependant intérêt à faire un électrodiagnostic plus tôt, dans le courant de la deuxième semaine, et noter soigneusement les résultats qui seront comparés avec ceux d’un examen ultérieur. Avec cet examen précoce, on n'aura le droit de prévoir une évolution favorable que pour les muscles ayant seulement de très légers troubles de la contraclité. Enfin, on évitera de fixer la date de la guérison complète
des troubles paralÿtiques, car si la régression est assez rapide dans les formes légères, elle peut
, dans les formes sévères, durer des mois et des années.