‹ La Parisienne; comédie en trois actesChapitre 12 sur 59 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

CLOTILDE

Nous verrons.

DU HESNIL.

J'ai des titres, n'est-ce pas ?

CLOTILDE

Les titres! Ça ne compte pas.

DU MESNIL

Je suis appuyé par des hommes compétents.

Ils n'ont pas d'influence.

DU HESNIL.

Et ce grand patronage de l'Institut ne te paraît pas décisif?

CLOTILDE

Tu ne veux pas que je m'en môle, tu as peut-être tort.

DU MESMIL.

Qu'est-ce que tu ferais?

CLOTILDE

Mille choses, qui ne coûtent rien à une femme et dont elle s'occupe en se promenant, ([e mettrais toutes mes amies en campagne, Pauline d'abord. Elle t'estime tant, Pauline ! Elle voudrait bien que son mari le ressemblât ! Pauline, qui est très liée avec madame Simpson, l'aurait intéressée à notre ménage. Tu me fais rire quand tu no veux pas aller chez madame Simpson. Elle se moque bien de nous, lille reçoit tout ce qu'il y a de mieux à Paris. Elle a totty les jours deux ou trois ministres à sa table.

Elle t'aurait fait dîner avec eux. Tu leur aurais exposé ta situation, tranquillement, d'égal à égal, en fumant de gros cigares, comme tu les aimes, et le jour où tes hommes compétents seraient venus te dire : nous sommes bien fâchés, la place était promise ; tu leur aurais répondu : je le sais bien, j'ai ma nomination dans ma poche. Voilà comme je comprends les affaires.

DU MESNIL

Tu as peut-être raison. Écoute. Ne précipitons rien. Si je vois à un moment que les choses tournent mal et que mes relations ne Suffisent pas, nous essaierons alors d'utiliser les tiennes.

CLOTILDE

Quand tu voudras. (ll la quitte, elle le reprend.) Tu Saîs qUC

c'est ma devise avec toi.

Ils rient.

DU MESNIL

Me vais voir mon oncle. Est-ce que j'emmène Lafont ou bien le gardes-tu?

CLOTILDE

Je le garde. Il m'impatiente mais il m'amuse. Son nez me fait toujours rire. '

Us rient.

DU MESNIL

^Tu le traites mal, ce pauvre Lafont, qui est aimable et obligeant. '

CLOTILDE, ù l'oroillo do son ninrl.

Je no voudrais pas qu'un homme m'embrassât avec un nez pareil.

lU rient.

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