ACTE PREMIER
LAFONT
{ Votre place n'est pas 1&, je vous assure, au milieu de femmes déconsidérées. ^
DU MESNIL
Eh bien?VÇa doit te frapper de voir que Lafont et moi nous pensons exactement de la même manière.^
CLOTILDE
C'est bien. Nous ferons ce que tu voudras. (Regardant Lafont.) Si nous n'allons pas chez madame Simpson, nous irons ailleurs, voilà tout. Mais, h l'avenir, tu attendras, pour parlor de certaines choses, que nous soyons seuls. Je n'ai pas l'habitude de consulter des étrangers.
Elle les quitte brusquement.
DU MESNIL
Qu'est-ce que tu dis? Lafont! Un étranger! (a tafont.) Il y a donc de la brouille avec Clotilde?
LAFONT
C'est toi, depuis que tu es ici, qui l'irrites bien inutilement.
DU MESNIL, allant â ClotiMe.
Je m'en vais. ^
CLOTILDE, sèchement.
Bon voyage !
DU MESNIL
Qu'est-ce que tu fais aujourd'hui ?
CLOTILDE
Ce qui me plaira.
DU MESNIL
OÙ dînons-nous ce soir?
CLOTILDE
Je n'en sais rien.
DU MESNIL
Comme tu me réponds 1
Je vais me gêner avec un homme querelleur et désobligeant.
DU MESNIL
Tu tiens donc bien à aller à ce bal.
CLOTILDE
Il ne s'agit pas de ce bal. Je l'avais déjà oublié. Je n'ai plus vingt ans, je crois^ pour me préoccuper d'un bal de plus ou de moins. Tu te plains ! Tu cries ! Tu frappes sur la femme sans le plus petit égard pour elle ! Quelqu'un qui t'entendrait se ferait une bien triste idée et une bien fausse idée de notre intérieur.
DU MESNIL
Je plaisante, bébéte, ne le fâche donc pas. Tu en trouveras beaucoup de maris comme moi. Je grogne pendant trois secondes et quand lu as décidé quelque chose, il faut toujours y arriver. /Qu'est-ce qui est le maître ici ? (Elle lourii.) Je pcnso beaucoup à cette recet!e, qui serait une grosse alVaire pour nous et (jui devrait le préoccuper davantage. Allons, Clolilde, bien raisonnablement, croistu que je réussisse ? \