SCÈNE VIII
CLOTILDE, seule.
Bovary! Parlez donc do sagesse et de retenue à une femme. Qu'elle reste dans sa maison et sa maison prospérera, je t'en moque. Qu'est-ce qu'il aurait fait, mon mari, s'il ne m'avait pas eue? Sans compter que les honnêtes gens ont de la chance et que l'on est bien disposé pour eux! Toujours, toujours, lorsqu'il y a quelque chose à donner, une place, une croix, une faveur, grande ou petite, et que deux candidats sont en présence, d'un côté, un brave homme, pas bien fort, mais modeste et méritant, et
de l'autre, quelque farceur qui n'a pour lui que son savôîrfaire; toujours, c'est le farceur qui l'emporte et le bon monsieur qui est blackboulé ! Je finirai peut-être par sortir aujourd'hui, f J'espère que M. Lafont se sera fatigué de m'attendre. IV^e se plaindra pas cette fois si je le distance pendant quelque temps. Filons! (eus se dirige à grands
pas vers le fond ; la porto s'ourre lentement et timidement ; Lafont paraît arec
hésitation.) Ah! C'cst trop fort!)
Elle revient précipitamment en scène, furieuse, avec une colère concentrée et comme une femme résolue à ne pas desserrer les dents.