ACTE PREMIER
DU HESNIL.
Il faut du temps et de l'argent pour se reposer.
LAFONT
De l'argent, lu en gagnes .
DU MESNIL
Je le reçois d'une main et je le donne de l'autre.
LAFONT
C'est amusant, ça.
DU MESNIL
C'est amusant... quand on est garçon.
CLOTILDE
(As-tu bientôt fini de le plaindre, hein? Crois-tu que lu intéresses M. Lafont et que tu me fasses plaisir? A quel propos toutes ces lamentations ^ Tu manges bien ; tu dori bien ; je ne connais pas de mari qu'on dorlote comme toi. Tu travailles ! Sans doute tu travailles! Tout lo monde travaille I Si j'étais à ta place, je ferais quatre fois plus de besogne et j'en parlerais quarante fois moins.
DU MESNIL
(^Elle est superbe, ma femme ! On ne sait pas, mon cher, ce que c'est qu'une maison comme la mienne, où les charges augmenlent tous les ans et oii les habitudes deviennent plus coûteuses tous les jours j
CLOTILDE
Tu continues ?
Laisse-moi parler un peu. Je ne vous ai pas dérangés tout à l'heure. Assieds-loi et prends ton ouvrage, puisque
tu es si laborieuse. Jette un coup d'œil sur les culottes de tes enfants, ça ne fera pas mal ; ces pauvres petits ont toujours leur postérieur à l'air.
CLOTILDE
Je les gâte trop.
DU MESNIL
Mais tu ne les raccommodes pas assez.
CLOTILDE
La femme de chambre. est là pour ça.
DU MESNIL
Nous sommes logés aussi modestement que possible, je paie très cher pour vivre dans une prison. Les domestiques aujourd'hui ne se contentent plus de gages, ce sont des appointements qu'il leur faut. Nous dînons en ville souvent, c'est vrai, presque tous les jours; mais ma femme, naturellement, veut Tïtre habillée comme toutes ces dames et ce qu'on économise d'un côté, on le dépense de l'autre. On dîne mieux, voilà l'avantage.
CLOTILDE
Tu y es sensible.
DU MESNIL
Je ne dis pas non. J'aime mieux faire un bon repas dehors qu'un mauvais chez moi.
CLOTILDE, nllnnl sur lui.
Finis, je te prie, et parlons de choses plus agréables.
^u es ce reste-le.
DU MESNIL
célibataire, mon cher Lafont, eh bien, crois-moi.