Cf. Actes et Ordonnances rc:-iscs du Bas-Canada, p
22. Depuis cette époque jusqu'à sa mort, la "maîtresse Dubois", comme on l'appelait, portait un costume religieux.
Sœurs de la Charité prirent sous leurs soins l'école des gardons, qu'elles ont abandonnée, puis reprise depuis.
La paroisse possède, outre le couvent, onze écoles fréquentées par 230 entants.
On a pu voir par ce qui a été dit que la paroisse de Saint- Nicolas remonte aux premiers temps de la colonie. En 1700, le seigneur Duplessis prenait possession de la Seigneurie de Lauzon, et en 1706, les autorités ordonnèrent un recensement clans toute la Nouvelle-France. Ce dénombrement donnait pour la seigneurie une population globale de 431 habitants.
A l'aide du plan de M. de Catalogne, mentionné plus haut, et dressé trois ans plus tard, nous trouvons vingt-neuf propriétaires établis dans la paroisse de Saint-Nicolas, depuis la limite ouest de la Seigneurie, de Lauzon, jusqu'à la rivière Chaudière. Voici leurs noms :
Pierre Boucher, Jean-Baptiste Buisson, Laurent Huot dit Saint-Laurent, Denis Boucher, Jean Dumay, Aubin-Lambert, Michel Châtel, François Lambert, George Marion, Jean Lebon, M. le curé le Picart. Jacques Rousseau. René Méthot, Michel Le Marié, François Fréchet 2\ André Bergeron, Jean Pilot, Nicolas Dumay, Eustache Dumay, la Yve Abraham Méthot, Guillaume Dupont, René Dumay. Joseph Jérémie dit Lamontagne, André Bergeron, Ch. de la Minotière, et Claude de Bermen, sieur de la Martihière, qui possédait les terrains avoisinant le bassin de la Chaudière.
Plusieurs de ces familles n'ont pas laissé de descendants, au moins dans la paroisse. D'autres, comme celle des Dumay
23. Sa terre était probablement celle où habite aujourd'hui M. Benjamin Paquet, héritier d'Jgnace, son beau-frère.
(Deniers), s'y sont multipliées prodigieusement. Parmi ces dernières, il s'en trouve un certain nombre qui, lors des fêtes du troisième centenaire de la fondation de Québec, en 1908, ont pu justifier une occupation non interrompue du bien ancestral pendant deux cents ans. Les descendants de ces familles ont été décorés d'une médaille comniémorative. Voici leurs noms d'après le rapport du " Comité des anciennes familles ", qui a pour titre " Noblesse rurale " :
Famiille Lamibert, 1670, représentée en 1908 par Ferdinand Lambert; famille Rousseau, 1671, représentée en 1908 par Benjamin-Jules et Benjamin-Honoré Rousseau; famille Deniers, 1672, représentée en 1908 par Orner et Modeste Deniers; faufile Bergeron, 1672, représentée en 1908 par Marie-Anges (Madame Elzéar Morin) et Célina (Madame Pierre St-Pierre LM ; famille Frécliette, 1703, représentée en 1908 par Télesphore Frécliette.
C'est avec un légitime orgueil que ces cultivateurs peuvent aujourd'hui se proclamer " habitants ". On sait que dans les les premiers temps de la colonie, le ministre Colbert, honora ce titre de faveurs considérables, surtout pour les familles qui avaient de nombreux enfants. Les autorités civiles du régime français ne se contentèrent pas d'encourager cette noble profession de l'agriculture, elles voulurent protéger les cultivateurs contre la tentation de l'exode vers les villes. C'est ainsi que l'Intendant Bigot, en 1749, défendit aux habitants des campagnes d'abandonner leurs terres pour s'en aller rester dans la ville de Québec. Une défense non moins sévère était faite aux bourgeois de la ville de louer leurs maisons aux habitants de la campagne. Nul doute que ces lois eurent pour résultat de maintenir bon (nombre de cultivateurs sur leurs terres.
24. Le descendant qui la possède actuellement est M. Georges Laliberté.
De 1730 à 1760, les registres de Saint-Nicolas font mention de plusieurs noms nouveaux : Joseph Martimeau, Jean Filteau. Louis Croteau, Pierre Sanschàgrin, Ignace Baron, René Simoneau, etc. — Signalons ici l'entrée en scène de la famille Paquet dont nous retraçons plus loin l'histoire. Cette famille, alliée à une grande partie des habitants de Saint- Nicolas, occupe une place considérable dans les annales religieuses et civiles de la paroisse dont nous parlons. Le lecteur qui voudra bien parcourir ce volume, constatera par luimême quelle lignée d'hommes remarquables elle a produit dans l'Eglise, dans les professions libérales, dans la politique et dans l'agriculture.
A 'ers la fin du 18e siècle, on rencontre dans les archives de la paroisse quelques noms allemands, comme Wagner et Frederick, et un nom. hongrois, Wexler, qu'on ne retrouve plus. — Plus tard, à l'époque de l'émigration irlandaise, plusieurs familles venant d'Irlande s'établirent à Saint- Nicolas, telles les Costigan, les Sullivan, les Baker, les Sexton, etc. Ces deux dernières familles y ont fait souche, et ont joué un rôle très appréciable dans la paroisse. Pendant longtemps s'est fait, entre Saint-Nicolas et Québec, un excellent service quotidien de bateaux à vapeur sous la conduite des capitaines Baker, père et fils.
Il ne surfit pas pour la prospérité d'une paroisse d'avoir des habitants. Les voies de communications sont un élément essentiel de cette prospérité.
L'histoire de la voirie de Saint-Nicolas commence avec Tannée 171 8. Le Grand Voyer traça d'abord le chemin du Roi, depuis l'extrémité ouest de la paroisse jusqu'à l'anse
du vieux Moulin. Avant cela, les habitants voyageaient misérablement. Ils côtoyaient le rivage en canots, ou cheminaient dans un sentier abrupt et tortueux qui longeait la côte. En 1.731, le Grand Voyer poursuit le tracé du chemin du Roi depuis la vieille église, jusqu'à la rivière Chaudière. Le procès-verbal mentionne 40 propriétaires établis le long de cette voie. Ils sont obligés de faire chacun leur part de chemin, puis ensuite de- voir à son entretien.
Les autres chemins ont été ouverts aux dates suivantes :
Chemin entre les Caps, 1783 25; de Vire-Crêpe, 1795; du Grand- Village et Vit-Content, 1802; de Terrebone, 1823; du rang Saint-Louis, 1826: du bas du trait-carré de Vire- Crêpe, 1833; du passage Baker, 1846 2G.
Les Routes portent les dates qui suivent :
Route chez Loignon. 1762; route de débarquement, 1767 (abolie en 1852) ; de l'Anse Paquet, 1767; chez Jean Plante, 1787; de Saint-Gilles, 1792; de Vit-Content, 1797; chez Basile Deniers, 1800 (abolie dermis) ; route Craig, 181 1 27 (elle remplaça celle de Saint-Gilles) ; chez Joseph Gingras, 1826: chez Etienne (aujourd'hui Alphonse) Paquet, 1833 et 1842.
Saint-Nicolas se limite, à l'est, par la rivière Chaudière. Comme la traversée en bac, sur cette rivière, était un danger permanent, ou du moins une source d'ennuis et de retard pour les voyageurs, Walter Davidson, seigneur de Saint-
25. Dès lors, ce bout de chemin remplaça, comme chemin du roi, le chemin du moulin, dont la nouvelle destination restreinte fut consacrée par un procès verbal de 1800.
26. C'est vers cette époque que fut construit le quai Baker, passé, en 1897, sous Ie contrôle du Gouvernement fédéral, et devenu par ses soins le beau quai actuel.
27. " La route Craig, due au Gouverneur de ce nom, ne fut pas plus tôt terminée que l'on y établit de suite une ligne régulière de diligence entre Québec et Boston " ( J.-E. Roy, Hist. de la Seign. de Lauson, vol. III, p. 423).
Gilles, demanda à la législature, en 1818, la permission d'ériger là un pont à ses frais. Cette permission lui fut accordée, et un Bill voté à cet effet, le 1er avril de la même année, mit les habitants de Saint-Xicolas dams la jubilation. En effet, ce pont était une amélioration considérable dans la voirie de cette régiom. Il ouvrait du coup aux habitants de l'ouest de la Chaudière un débouché avantageux pour les produits de la ferme. Il facilitait aussi le commerce avec les établissements des régions nouvelles. Car, grâce à la construction du chemin Craig qui aboutissait à Saint-Xicolas, le mouvement colonisateur s'était porté jusque dans les cantons de l'Est. Le pont Davidson eut le sort des choses périssables, et le bac rqjrit ses fonctions.
Un pont plus solide et d'une structure élégante fut construit en 1890, sous l'administration Mercier. On le nomma Pont Garneau, en l'honneur de AI. Pierre Garneau, alors Ministre des Travaux Publics. Sa longueur est de 466 pieds, et il a coûté $37,000; il fut bénit solennellement et inauguré le 6 mars 1891.
Mais ce pont n'est qu'un fétu à côté du Pont de Québec qui relie depuis un an les rives du Saint-Laurent vis-à-vis la paroisse de Sainte-Foy et le bas de la paroisse de Saint-Xicolas. C'est une des gloires de cette paroisse de servir ainsi de point de support à l'une des grandes merveilles du monde. La question d'un pont sur le Saint-Laurent ne date pas d'hier. Dès 1887, les habitants de Saint-XTicolas, que cette entreprise intéressait particulièrement, en entendirent parler. Mais ce n'est qu'en 1897, qu'on se mit à l'œuvre. En 1907, la partie sud du pont était terminée, lorsqu'elle s'effrondra, entraînant clans le fleuve une centaine d'ouvriers, dont 80 perdirent la vie. En 1910, le gouvernement fédéral s'étant substitué à la compagnie qui avait entrepris la construction, fit reprendre les travaux; et, le 1 1 septembre 1916, les deux bouts (cantilevers) du pont, appuyés sur des piliers d'an-
orage, étaient prêts à recevoir la travée centrale ~\ Cette opération qui exigeait un véritable prodige de précision mécanique avait réuni sur les deux rives du Meuve des foules immenses venues de tous les points du pays et des Etats-Unis. Malheureusement, une nouvelle catastrophe survint et plongea toute la population du pays dans la consternation. La travée centrale se rompit et alla s'abîmer dans le fleuve, entraînant encore de nouvelles victimes, dont uni nommé Deniers de Saint-Nicolas.
Confiants dans leurs calculs, les ingénieurs continuèrent les travaux. Ils reconstruisirent la travée centrale, et au mois de septembre 191 7, tout le pont était terminé. Il a été ouvert à la circulation des trains de fret au mois de décembre de la même année. Le 7 janvier 1918, le premier train de passagers, partant de Québec, passait sur le pont de Québec, en route pour Montréal 2!).
Le pont de Québec qui fait l'orgueil du pays, particulièrement des québécois, est aussi un sujet de légitime fierté pour les habitants de Saint-Nicolas. Ils en espèrent avec raison un
2H. Chaque bras cantilever mesure 580 pieds de longueur et chaque bras d'ancrage 515 pieds; la longueur de la travée centrale est de 640 pieds, ce qui fait une longueur de 2830 pieds pour l'ensemble du pont cantilever proprement dit. Ajoutons à cela deux passerelles d'approche aux deux rives nord et sud, la première longue de 270 pieds et la deuxième de 140, ce qui donne, pour l'ensemble du pont, une longueur totale de 3240 pieds, avec une largeur de 88 pieds à l'intérieur de la structure, et de 100 pieds à l'extérieur.
La longueur la plus importante à signaler est celle qui sépare les deux piliers principaux : c'est l'arche métallique de la plus longue portée qui soit au monde : elle mesure 1800 pieds de longueur et dépasse de 90 pieds chacune des arches du fameux cantilever de la Forth, en Ecosse ; c'est cette hardiesse architecturale qui est la note caractéristique du pont de Québec et qui en fait une des merveilles du monde.
(Le Pont de Québec, par l'abbé Henri Simard. — La Nouvelle-France, nov. 1 9 1 7 ) .
29. Celui qui trace ces lignes était à bord du train, en route pour Saint- Nicolas, où il allait consulter les archives paroissiales. — Le 6, un train de passagers venant des Provinces maritimes était entré dans Québec par le pont.
regain de prospérité, puisque cette construction les met en contact plus immédiat avec la capitale.
L'histoire de l'industrie à Saint-Nicolas, toute sommaire qu'elle est. ne manque pas d'intérêt.
Nous avons vu qu'un moulin à farine avait été construit dans l'anse dite du vieux Moulin, dés 1690, par le seigneur Duplessis. Celui-ci ayant vendu la Seigneurie de Lauzon à Etienne Charest en 1714, le nouveau seigneur s'empressa de construire un second moulin sur la rivière Rouër, en bas du village, à l'endroit où devaient plus tard s'élever les moulins Ross. Le 4 mars 171 7, Charest louait son moulin à Pierre Travers, farinier, à la condition d'avoir part égale dans les revenus. Ce marché fut rompu le 23 septembre de la même année, et Jacques Beaufort, dit Juneau, prit la place de Travers. C'est pour commémorer le nom du populaire farinier que l'on a nommé, et que l'on nomme encore le chemin qui descend au moulin " chemin St-Jacques ". Jacques Beaufort ne tarda pas à rendre son moulin le " meilleur de la région ". Si bien, qu'en 1732 les négociants se plaignirent de ce qu'il ne pouvait exécuter à temps leurs commandes. C'est en cette même année, que le Roi fit un règlement contre certains abus d'exploitation des moulins seigneuriaux. Il envoya aux propriétaires de moulins des cribles, avec défense, sous peine de cent livres d'amende, de moudre sans cribler.
Etienne Charest, le septième seigneur de Lauzon, mourut en 1734. laissant trois enfaints: Etienne, Joseph et Thérèse. Cette dernière épousa plus tard Jacques Charly. C'est entre ces trois héritiers que la seigneurie fut partagée. Etienne ayant acheté la part de son frère défunt, il ne resta d'héritiers que lui et Charly.
En 1764, après la cession du pays, Etienne Charest mit en vente le moulin de Saint-Nicolas. Voici comment il l'annonça dans la " Gazette de Québec " :
Le domaine de Saint-Nicolas situé au bord du fleuve, a 1,8 arpents de front sur 40 de profondeur, sur lequel, il y a de construit, en bois, un petit moulin à farine d'une meule, allant par eau. Avant la guerre, ce moulin était bâti en pierre et avait deux meules. Le moulin était de 60 pieds de long sur 24 de large, à un étage : il y avait un hangar, à côté, en pierre, de 50 pieds de long sur 20 de large, dont les. murailles sont encore bonnes. L'anse du moulin fait le plus beau havre qu'il y ait pour les bâtiments; ils peuvent s'y écorer (ancrer) contre le moulin pour décharger; on moulait à ce moulin avant la guerre plus de 60,000 minots pour les bourgeois, pour le commerce des farines. Il y avait avant la guerre, un fort beau moulin à scies, la rivière du moulin ayant beaucoup d'eau.
Le 12 février 1765, Etienne Charest et Charly vendaient cette propriété et toute la seigneurie au général Murray, pour le prix de 3750 livres sterling, payées comptant. C'est ainsi que Murray devenait neuvième seigneur de Lauzon. Aussitôt, le général anglais s'occupa de faire reconstruire le grand moulin de Saint-Nicolas qui avait été détruit pendant le siège de Québec. Ce moulin était le mieux situé et le plus rénumérateur de toute la seigneurie. Ce fut Etienne Charest, fils, que Murray choisit pour diriger les travaux. Plus tard John Caldwell fit creuser, aux approches, des écluses, construire de grandes dalles, et des maisons pour les ouvriers 30. Les ruines de toutes ces constructions existent encore. L'œil curieux les découvre à travers les halliers. Chaque printemps, avec les dégels, des morceaux de murs et de planchers s'écroulent tristement. Un abandon complet et quasi navrant enveloppe ces débris.
3c J.-E. Roy, Hist. Seign. Lauc, vol. I1J, p. 381.
C'est dans cette anse, et sur la rivière qui s'y jette, que vers 1830 les célèbres chantiers Ross turent construits"1. Il en résulta beaucoup d'activité et un commerce très considérable de bois. La population de Saint-Nicolas s'augmenta en peu de temps d'un tiers. Un village nouveau surgit, composé de trente à quarante maisons, groupées autour de la gracieuse résidence de M. Ross, au milieu de la nature la plus pittoresque; et pendant quelques années, l'exploitation industrielle qui alimentait ce village fut le centre des affaires, non seulement de la paroisse, mais de toute la région.
En terminant cette esquisse, rapide et incomplète nous le savons, de Saint-Nicolas, il nous est agréable de constater que cette paroisse a donné naissance à des hommes de valeur et de notoriété dans presque tous les domaines de l'activité sociale.
Elle comjpte parmi ses fils, un évêque, Mgr Modeste Demers, premier évêque de Vancouver, après avoir été un des plus intrépides missionnaires de l'Ouest: deux Protonotaires Apostoliques, Mgr Benjamin Paquet et son neveu. Mgr Louis- Adolphe Paquet ; deux vicaires généraux, M. Jérôme Demers, ancien supérieur du séminaire de Québec, et Mgr L.-A. Paquet que nous venons de nommer; deux membres de la Société Royale du Canada, Mgr L.-A. Paquet et M. l'abbé H. -A. Scott, curé de Sainte-Foy, docteur en théologie, et auteur de plusieurs études historiques, très documentées,
31. M.W.-G. Ross, qu'on vit longtemps à la tête de ces chantiers, malgré ses croyances protestantes, a laissé dans la paroisse un nom très respecté. C'était un citoyen de la plus haute intégrité. Deux noms restent particulièrement associés à son souvenir: Joseph Fortier. contremaître, et Barthélémy Bourret, ingénieur-mécanicien, citoyens très estimés.
ftév. J. //■ Fréchette
Mjr. LA. Paquet fiev. //J.Scott
Trois confrères de classe et coparoissiens.
dont la plus remarquable est le beau livre intitulé " Notre- Dame-de-Sainte-Foy "; deux Récollets, le Père Louis (Jean Deniers ) et le Frère Alex. Deniers, son frère, dont on peut voir les portraits à l'huile dans le réfectoire du Séminaire, et le Père Guillaume Deniers, de la Congrégation des Pères de Sainte-Croix, décédé à South Bend, Indiana; un grand nombre de prêtres séculiers, à part ceux que nous venons de nommer. Parmi les défunts, mentionnons les abbés J.-P. Sexton, Ls-A. Olivier, Ls-Alf. Dubois, L.-Benj. Deniers, J.-E. Gingras, Cvr. Fréchette, C.-N. Paquet; parmi les vivants, les abbés L.-Alf. Paquet, ancien curé de Ste-Hénédine, J.-H. Fréchette, curé de Sainte-Claire, et neveu du Père G. Deniers, L.-J. Alp. Gagnon, docteur en théologie, assistantsecrétaire à l'Archevêché. Pour plus de détails, nous renvoyons le lecteur aux " Fragments d'histoire de la paroisse de Saint-Nicolas " de l'honorable F. -T. Paquet, dont le premier volume, seul paru, roule précisément sur les prêtres natifs de cette paroisse. — La paroisse a aussi donné naissance au Frère Moffet, de la Congrégation des Oblats. Cet humble Frère est considéré comme un des fondateurs du Témisca-
mingue.
De la paroisse de Saint-Nicolas sont sorties un grand nombre de religieuses disséminées en différentes communautés, particulièrement dans celle des Sœurs de la Charité de Québec. Le courant des vocations s'est surtout porté vers cet institut, auquel, nous l'avons dit, le couvent de la paroisse, il y aura bientôt cinquante ans, fut confié.
Dans l'ordre civil, Saint-Nicolas tient également une place d'honneur. C'est là qu'est né de parents irlandais catholiques, l'Hon. John Costigan, ancien ministre fédéral et ancien sénateur, lequel a joué un rôle marquant dans la politique de son pays. M. Costigan, parti jeune de Saint-Nicolas, n'oublia jamais sa paroisse natale: il lui a fait l'honmeur d'une visite quelques années avant sa mort. Nous parlons plus loin d'un
second ministre, né à Saint-Nicolas, Thon. E.-T. Paquet, ancien député de Lévis et ancien secrétaire de la Province. Trois autres enfants de Saint-Nicolas ont été députés : M. Louis Olivier, médecin, ancien zouave, député à la Chambre des Communes pour le comté de Mégantic ; M. Angus Baker, capitaine de vaisseau 32, et M. Nazaire Olivier, avocat, professeur à la Faculté de droit de l'Université Laval, tous deux députés de Lévis à l'Assemblée législative. La famille Olivier mérite une mention spéciale. Plusieurs de ses membres se sont appliqués avec succès aux études classiques. Et si la mon n'avait pas fauché de bonne heure dans ses rangs, atteignant de jeunes écoliers à la rieur de l'âge, et frappant soudainement ceux qui déjà entraient dans la carrière, cette famille eût vu quelques-uns de ses fils parvenir aux plus hauts degrés de l'échelle sociale 33.
A part M. Nazaire Olivier, trois autres avocats sont sortis de la paroisse de Saint-Nicolas : Amateur Derniers, ancien registrateur de Berthier, en haut, Alfred Cloutier, et E.-T. Paquet, fils de Thon. E.-T. Paquet.
Alfred Cloutier, fils de M. J.-Bte Cloutier. " ne fut pas une personnalité ordinaire ", nous dit un de ses amis intimes, Thon. Chs Langelier. dans une courte biographie publiée à l'occasion de sa mort. M. Cloutier avait fait de très brillantes études au séminaire de Québec: en 1873, ^ remporta le prix du Prince de Galles de Rhétorique. Il tenait de la nature de grands talents oratoires qui lui permirent, devenu avocat, de s'illustrer au barreau, dans la politique et dans la presse. Il a publié de belles études biographiques sur quelques uns de nos