ÈRE
(1) Hist. S. L., 11—114
Remarques. —
i° Les trois arpents des héritiers Joliet, et les sept arpents voisins de Jean Deniers II, fils de Jean Deniers I, formaient les dix arpents concédés, en 1664, par Jean de Lauzon à François Bissot.
Ces héritiers Joliet, étaient les héritiers de Louis Joliet, le fameux découvreur du Missisipi, qui avait épousé Claire Françoise Bissot, un mois avant la mort de son père, François Bissot, en 1673. Louis Joliet était mort sur une île, dans le golfe St-Laurent. Il avait hérité de cette propriété, dans le partage des terres de son beau-père Bissot.
Dans le procès verbal de 1738, pour redresser le chemin de front à Etchemin, on voit que ces trois arpents appartenaient à M. Fleury de la Gorgendière, qui avait épousé Claire, une fille de Louis Joliet, et qui se trouvait à les posséder par héritage.
Ces trois arpents passèrent plus tard à Jean Deniers III, qui en fit donation, le 10 juillet 1776, à son fils Joachim, devant le notaire Berthelot d'Artigny.
2° Les sept arpents, marqués au nom de Jean Demers II, avait été achetés des héritiers Bissot ou Joliet, nous ne savons en quelle année, (vers 1690, croyonsnous), et c'est sur ces sept arpents, que la famille Deniers, avait, comme nous l'avons dit, maison en pierres, grange et étable, après avoir cédé à Leduc, les deux premières terres qu'elle possédait un peu plus à l'ouest. Nous avons déjà dit aussi qu'à la mort de Jean Demers II, ces sept arpents furent divisés en deux et donnés à ses fils Jean III et Louis-Joseph.
30 Guillaume Leduc, fils de René, a huit arpents marqués en son nom ; une partie cependant devait être
occupée par son beau-frère, Joseph Roberge, qui était voisin de Jean Deniers.
Plusieurs transactions d'ailleurs ont été faites sur ces huit arpents, comme nous l'avons vu. En 1738, dans le procès-verbal déjà mentionné, on lit le nom de Joseph Roberge ; celui de Guillaume Leduc est disparu et est remplacé par le nom du Sieur Mouffle.
40 Les héritiers Lambert possèdent trente-deux arpents. Il y a maison, grange et étable : soixante-cinq arpents sont défrichés.
50 La terre de Dumay d'après le plan de Catalogne, appartient à Jean-Bte Luneau. Celui-ci, qui était navigateur, s'en retourna bientôt à Québec,
6° La propriété des héritiers de Lambert-Dumont, par ordonnance de l'Intendant Hocquart en date du 30 mars 1731, fit retour au domaine seigneurial parce qu'on y avait négligé d'y tenir feu et lieu et qu'aucun travail n'y avait été fait pour la mettre en valeur, comme les titres de la concession le demandaient.
70 Enfin l'immense concession de M. de la Martinière devait être vendue comme nous l'avons dit, en 1727, au Sieur Lanouillier.
Le dénombrement de 1723 nous fait connaître aussi les noms des colons, qui s'étaient établis dans la concession en arrière du rang d'Etchemin ou du bord de Veau. Cette concession s'était d'abord appelée la concession Cadoret ; le seigneur Charest lui donna le nom de St- George en l'honneur de l'ancien seigneur de Lauzon, le Sieur George Duplessis ; elle s'appelle aujourd'hui la concession Taniata. Dans le mois de novembre 171 7, le seigneur Charest y faisait faire l'arpentage des terres dans cette concession, et le 16 février 1721, il consentait un bail à rente, à un anglais du nom de Scot, d'une
habitation au bord de l' Et chemin, de quatre arpents de front, bornée d'un côté à feu François Dubois, et de l'autre à Sans-Soucy. Charest se réservait pour y construire un moulin, quatre arpents en superficie de chaque côté d'un ruisseau qui se jette dans l'Etchemin. Scot avait acquis précédemment cette propriété de Louis Jourdain, (i)
Dans le dénombrement de 1723, on trouve les noms suivants des colons, dans St-George ou Taniata. (2)
Jean Cadoret, 6 arpents, en culture.
François Cadoret, 8
Jean Dubois, 6
Ve. Frs. Dubois, 15
J.-Bte. Digence, (anglais) 6
Prisque Boucher, 3
Pierre Dubé, 4
Philippe Lafrance, 30
Le 11 mai 1734, le seigneur Etienne Charest décédait dans son manoir de la Pointe Lévy, à l'âge de 56 ans, et deux jours après, il était inhumé dans l'église St- Joseph, sous le banc seigneurial. (3) Ses enfants, Etienne, Joseph et Thérèse devinrent les huitièmes seigneurs de Lauzon. Etienne Charest, l'ainé, homme prudent et rangé, devait gérer les affaires de la seigneurie. Il accorda des terres à de nouveaux colons dans Taniata et les environs. En 1745, on y trouve les noms suivants : Antoine Cadoret, Joseph Vivier, Jacques Dubois, Joseph Guilbault, Nicolas Lafrance et Louis Penin. Ce dernier a donné son nom à la concession et au ruisseau Penin.
(1) Hist. S. L. II.— 59
(2) Hist. S. L., II— 117.
(3) Hist. S. L., II.— 134.
Un chemin de sortie fut donné aux colons de Taniata en 1751 et tracé par le grand voyer, M. de la Gorgendière. Ce chemin traversait la rivière Etchemin vers le bas de la rivière, sur la terre de M. de la Gorgendière, et suivait le long de la rivière jusque chez Dubois qui devait redresser le chemin dans le pied de la côte. (1) — Ce chemin était là où est la route pavée, dans St-Romuald.
En 1752 et en 1754, Jean Ducas, Pierre Ducas, Joseph Ducas, Charles Déjadon et Louis Créquis commençaient des défrichements, en arrière du premier rang d'Etchemin, dans la concession de l'Hétrière qui va aboutir à la rivière Chaudière, à quelques arpents en haut du saut. (2)
(1) Hist. S. L., III.— 17.
(2) Hist. S. L., II.— 242.