V. — Louis — Laurent — Thomas — Olivier
Louis Roberge qui avait trois frères que nous venons de nommer, et qui occupait le bien paternel, l'avait échangé, avant 1830, avec Edouard Lagueux, pour une terre que ce dernier possédait dans la concession Penin de St-Jean-Chrysostôme.
50 Nous venons de nommer EDOUARD LA- GUEUX devenu propriétaire à Etchemin.
EDOUARD LAGUEUX et son frère PIERRE LA- GUEUX ont fait leur marque dans Etchemin et les descendants de Pierre Lagueux y sont appelés, comme dans le passé, à y jouer un rôle important dans l'avenir.
Edouard Lagueux et Pierre Lagueux étaient les descendants "de ce navigateur français du nom de Pierre Lagueux, originaire de Bordeaux et établi à l'Isle aux
Coudres. Pierre Lagueux avait épousé à la Petite Rivière, en 1755, Madeleine Tremblay, fille d'un colon de cet endroit. De ce mariage naquirent six enfants. Dans l'automne de 1762, d'autres disent en 1763, Lagueux prit, en qualité de pilote, la charge d'un vaisseau anglais et fut conduit en Europe. Il ne revint jamais au Canada. Périt-il en mer? Fut-il assassiné sur les quais de Londres ou de Liverpool ? Malgré ses démarches, sa famille n'en put avoir aucune nouvelle. La pauvre Madeleine Tremblay resta seule, abandonnée, avec six orphelins, dont l'ainé n'avait que cinq ans.
" Pendant qu'il était curé aux Eboulements, M. Berthiaume vit cette famille affligée et en eut pitié. Il la prit sous sa protection, enseigna à lire et à écrire à ses enfants et les traita comme un véritable père.
" A son départ pour la Pointe de Lévy, M. Berthiaume emmena avec lui la famille Lagueux. Quand Pierre Bernard Lagueux, le fils aine, eut vingt-deux ans, il acquit une terre dans la seigneurie de Lauzon au village d'Arlaca, et son dévoué protecteur lui donna les moyens d'y fonder un établissement. Pierre Bernard Lagueux était un bon travailleur, actif, intelligent. Il s'était marié, le 17 février 1783, avec Agathe Samson, fille de Joseph Samson et de Marguerite Guay de St-Joseph et il mourut dans la même paroisse, le 12 juillet 1816, à l'âge de 64 ans, laissant plusieurs enfants.
" Abraham et P^tienne Lagueux, frères de Pierre Bernard s'établirent, à Québec et surent acquérir une belle fortune dans le commerce." (1)
Edouard et Pierre Lagueux d'Etchemin étaient fils de Pierre Bernard Lagueux et de Agathe Samson.
(.) Hist. S. L., III— 222-224
(a) EDOUARD LAGUEUX, a été l'un des donateurs du terrain de l'église de St-Romuald dont il fut aussi l'un des premiers marguilliers ; de plus il a été pendant de longues années, l'un des dignes et respectables magistrats de l'endroit.
Marié à M. Louise Samson, il n'eut que deux filles : Adélaïde, mariée à Pierre Bourassa et Célanire, mariée, en première noce, au Dr Jules Maurice Quesnel, et, en seconde noce, au respectable notaire Etienne Simard, établi à St-Romuald depuis 1855. M le notaire Simard a occupé les charges les plus importantes de la paroisse et il a été aussi appelé à remplir la fonction d'assistantgreffier de l'assemblée législative pendant plusieurs années. Maintenant malade et privé de la vue, il vit retiré sur la propriété, dont il a hérité à la mort de son beau-père, Edouard Lagueux, décédé le 6 mai 1876.
(ô) PIERRE LAGUEUX, le frère d'Edouard, tenait magasin et faisait le commerce de bois. Il ne cultivait pas la terre à Etchemin mais il y était propriétaire d'un morceau de terre formant une superficie d'environ trois arpents.
Nous avons déjà dit que Pierre Lagueux, en 1825, avait offert de reconstruire le pont sur la rivière Etchemin à ses frais, moyennant une certaine redevance immédiate et une autre annuelle, de la part des habitants. Il fut aussi candidat pour la chambre d'assemblée de Québec aux élections générales de 1824 et 1827 ; mais son cousin, Louis Lagueux, avocat de Québec, l'emporta. Pierre Lagueux se présenta encore en 1830 ; mais il ne fut pas plus heureux. Le cousin Louis Lagueux et Henry John Caldwell, fils de Sir John Caldwell, remportèrent la victoire. (1)
(1) Voir Hist. S. Tv.— passim ¥,— 264-265-280.
Le représentant Louis Lagueux, ayant été l'une des premières victimes dn choléra le 15 juin 1832, Pierre Lagueux d'Etchemin se présenta de nouveau aux élections de 1832 et de 1834 ; mais il futjsncore défait. (2)
Pierre Lagueux s'était marié, le 12 juin 181 2, avec Angélique Guay. Sa postérité fut très nombreuse comme suit :
i° Angélique, née le 17 juillet 1813.
2° Pierre, né le 7 juin 18 14.
30 Luce-Henriette, née le 7 mai 181 5.
40 Julie, née le 14 mai 181 6 et mariée à Edouard Horion, de St-Romuald.
50 Christine, née le 2 octobre 181 7, et mariée à Pierre Barras dit Lecours, de Lévis.
6° Etienne, né le 31 octobre 18 18.
70 Jean, né le 27 décembre 1819.
8° Philippe, né le 3 août 182 1.
90 Henriette, née le 25 juin 1823 et mariée à Antoine Lemieux ; elle est la mère de l'honorable juge F. X. Lemieux.
i°. Camille, née le 26 mars 1824.
ii° Joseph, né le 18 juillet 1825.
12° Lu ce, née le 24 novembre 1826.
130 Marine, née le 11 mars 1828, et mariée à Marcel Guay junior, notaire.
14° Caroline, née le 7 mars 1830. — Elle ne se maria pas ; mais héritière de la fortune de sa sœur Christine, mariée à Pierre Barras dit Lecours, elle en disposa une grande partie en faveur de l'Hôtel-Dieu de Lévis.
150 Pierre, né le 21 août 1831 et marié à Marie Guay, fille du notaire Marcel Guay, senior, de St-Joseph de Lévis.
(2) Hist. S. L. V- 339-341.
Ce dernier, PIERRE LAGUEUX II, a été grand propriétaire de terres à Etchemin et à St-Jean Chrysostôme. Il a été aussi juge de paix pendant longtemps, conseiller et maire de la paroisse, commissaire d'écoles, membre de la commission de barrières, et margnillier à l'église de St-Romuald.
Il eut aussi, comme son père Pierre I, qui est décédé le 6 mai 1860, grand nombre d'enfants. Nous ferons connaissance plus tard avec plusieurs d'entre eux ; entre autres, avec Robert, prêtre et curé, Henri, héritier des propriétés de son père, Joseph, notaire, et Pierre, médecin.
Pierre Lagueux II, époux de Marie Guay, est décédé le 14 août 1894.
6° La famille CANTIN, arrivée dans Lauzon quelques années avant la conquête, a pour représentants François Cantin fils et Jean- Baptiste Cantin, deux petits cousins.
(a) FRANÇOIS CANTIN, marié à Marie Halle, était fils de François Cantin et de Geneviève Dubois. Ce dernier était fils de Louis Cantin, qui fut le premier Cantin établi à Lauzon, comme nous l'avons dit. (1)
François Cantin, fils de François, eut quatre filles, qui se partagèrent la propriété de leur père, à Etchemin : Camille, mariée, à Jérémie Deniers ; Adélaïde, mariée à Jean Samson ; Marie, mariée à Augustin Gingras et enfin Ursule, mariée à Narcisse Cantin, le 5 avril 1853, après avoir obtenu dispense double du troisième au troisième degré de consenguinité. (2)
NARCISSE CANTIN, fils de Pierre Cantin et d'Euphrosine Dubois, possédait une propriété à l'est de
(1) Chap. III.
(2) Voir papiers famille Cantin de St-Romuald.
l'Etchemin et, lors de son mariage avec Ursule Cantin. il vint habiter la terre que son épouse avait reçue de son père à Etchemin. Du premier mariage avec Ursule Cantin, Narcisse Cantin eut deux filles : Ursule mariée au notaire Joseph Boutin dit Bourassa et Adélaïde, mariée à George Bégin. D'un second mariage avec Euphrosine Bégin, Narcisse Cantin eut trois fils dont l'un, François, est décédé à l'âge de 21 ans, et une fille, Marie, mariée à Hector Bégin. Nous ferons connaissance plus tard avec les deux autres fils de Narcisse Cantin, dont l'un est médecin et l'autre avocat.
D'un troisième mariage avec Eléonore Labrie, Narcisse Cantin n'a pas eu d'enfants.
Narcisse Cantin a été l'un des donateurs du terrain de l'église, et a occupé dans la paroisse les charges de marguillier, de conseiller et de président des commissaires d'école, etc.
Avec le temps, Narcisse Cantin a acquis presque toutes les propriétés que son beau-père possédait à Etchemin, entre celle de Edouard Lagueux et celle de Julien Lambert, tout en conservant sa terre à l'ouest de 1 Etchemin.
M. Narcisse Cantin est le frère de M. Pierre Cantin, un des principaux citoyens de St-Télesphore, dont il a été maire pendant longtemps et qui est le père de M. Onésiphore Cantin, aujourd'hui curé de la belle paroisse de St-Nicolas de Lévis, et de plusieurs autres enfants qui sont des citoyens respectables et influents de St-Télesphore et de St-David. M. Pierre Cantin et son épouse, Olive Côté, célèbrent en cette année 1906, leurs noces de diamant.
JEAN BAPTISTE CANTIN possédait l'une des belles propriétés de l'endroit, sur les hauteurs du bassin de la Chaudière.
Il éleva une nièce, nommé Suzanne Cantin, qui contracta mariage avec BENJAMIN COTÉ, originaire de St. Henri de Lauzon. Par ce mariage, Benjamin Côté hérita de la propriété de Jean-Baptiste Cantin.
Benjamin Côté a joué un rôle important dans la paroisse de St-Romuald, dont il fut l'un des premiers marguilliers. Il est le père de Léon Côté qui fut aussi marguillier et juge de paix, pendant longtemps, de Anthime Côté qui fut conseiller, commissaire d'écoles et marguillier, de M. Jacob Côté, ancien curé de N.-D. de Chicago, de Adélaïde Côté, épouse de François Xavier Guay, boulanger, un citoyen marquant qui fut marguillier, conseiller et président des écoles, de Olive Côté, épouse de Pierre Cantin, de St-Télesphore (St-David), comme nous l'avons déjà dit, et de Brigitte Côté, épouse d'un autre Pierre Cantin, cultivateur dans la concession du Saut.
fcan-Marie '. Côté, un frère de Benjamin Côté, fut marguillier à l'église de St-Jean Chrysostôme. Il était célibataire et cultivateur dans la concession du Saut.
7° MICHEL BOUTIN qui tenait un petit magasin sur son emplacement, resta à Etchemin plusieurs années. Il finit par vendre sa propriété à John Ritchie qui était son voisin, et s'en alla résider quelque part, sur la côte de Beaupré.
8° Les familles HUART, LEMIEUX et SAMSON venaient de la paroisse de St-Joseph de Lévy.
9° LOUIS DUCAS qui avait une terre de soixante dix-sept arpents en superficie, dans la concession du Saut, était un descendant de l'anglais Jean-Baptiste Ducas décédé, parait-il, à l'âge de ioo ans, en 1768, comme nous l'avons déjà dit.
i° Les autres familles PELLETIER, GIRARD,
DUPERRON, DUBORD, venues de différents endroits du pays, sont demeurées plus ou moins longtemps à Etchemin. La famille Pelletier y fait souche et elle compte dans les personnes de MM. Eusèbe Pelletier et Edouard Pelletier, de dignes citoyens de St-Romuald.