IV. — Un coup d'cëiu sur ues concessions en arrière
Laissons maintenant le rang du bord de Peau où nous avons constaté l'existence d'au moins 50 familles, canadiennes, irlandaises et protestantes, en l'année 1830. Allons, dans la même année, jeter un coup d'œil, à vol d'oiseau, sur le territoire en arrière d'Etchemin jusqu'à une distance de sept milles et demi, à partir du fleuve St- Laurent.
Prenons la route des qtiarante arpents ou Taniata, et montons.
A deux milles du fleuve environ, nous arrivons sur une petite élévation couronnée de vertes érables et si nous jetons nos yeux en arrière, nous apercevons les côtes de Sillery et le cap Diamant. De l'autre côté en mon-
(1) Hist. S. U., V— 170.
tant, nos regards contemplent le beau rang uni de Tantata, traversé vers le milieu par un chemin qui est comme le prolongement de la route des quarante arpents ; devant nous, sont quelques unes des terres les plus fertiles du Canada. A droite, une route mène à la concession du petit St-Jean et à celle de VHêtrière qui va s'arrêter au saut de la Chaudière. A gauche, la même route se rend à la rivière Etchemin, où vient se jeter le ruisseau Pênin, à l'embouchure duquel le seigneur Charest avait réservé deux arpents de chaque côté du ruisseau, pour la construction d'un moulin, comme nous l'avons déjà dit.
Traversons maintenant la concession de Taniata jusqu'à une autre élévation que nous avons devant nous, à environ deux milles de l'autre.
Nous sommes à la fourche de quatre chemins. A droite, si nous avançons quelques arpents, nous verrons le beau et splendide village qui porte bien le nom de Beaulieu et qui s'étend jusqu'à la Chaudière et, en montant le long de la rivière, se trouve le village de St- Augustin, où les MM. Breakey devront bientôt établir une grande scierie.
Revenant sur nos pas, aux quatre chemins, à gauche, la route qui va jusqu'à la rivière Etchemin nous permet de voir la concession de la Maringouinière, de Peu in et du sud ouest de la rivière. L,e ruisseau Penin venant de plus haut, traverse la concession Penin.
Continuons à monter au centre. Nous sommes dans la concession de St-Romain avec, à notre droite, une autre concession qui est un agrandissement de Beaulieu. Montant encore, nous voyons à droite et à gauche, quatre concessions portant le nom de Bélair, sud, nord, sudouest, et nord-ouest, alors habitées par un groupe de familles irlandaises, comme à Etchemin. Une route à gauche mène à la rivière Etchemin et jusqu'à St-Henri.
En montant encore jusqu'à la concession St-Patrice, à droite, lions avons la concession Beanséjonr et à gauche, la concession du Bras, sur la rivière de ce nom qui se jette dans l'Etchemin.
En 1830, sur ce territoire que nous venons de traverser, il n'y avait plus que 68 terres à concéder.
Le territoire, en comprenant Etchemin, avait sept milles et demi de profondeur sur une largeur moyenne de quatre milles : il était baigné à l'est par la rivière Etchemin, et à l'ouest par la rivière Chaudière, et il comprenait alors environ 200 terres et 50 emplacements, avec une population de 1200 âmes dont 500 communiants. (1)
Ne soyons donc pas surpris de voir les habitants de ce territoire s'agiter, pour bâtir une chapelle en cette année 1830 et jeter les bases d'une belle paroisse dont nous allons raconter l'histoire des premières années.
(2) Requête du 1er août 1828.