LA DESSERTE D'ETCHEMIN PAR ST-JEAN-CHRYSOSTOME
Fondation de la paroisse de St-Jean-Chrysostôme.— Le desservant, M. Dufresne. — Les curés : MM. Leduc, Daveluy et Beaumont. — La chapelle. — Construction de l'église. — Les curés depuis 1854.
C'est en 1828, un an après la fondation de la paroisse de St-Anselme, que les habitants de la seigneurie de Lauzon, établis sur cette péninsule qu'enserrent les rivières Etchemin et Chaudière, demendèrent à l'évêque de Québec, de les constituer en paroisse sous le vocable de St-Jerôme. Ils alléguaient dans leur requête du 1er août 1828, les difficultés de la traverse de l'Etchemin, au printemps et à l'automne, alors que la rivière se gonfle et devient impassable. Le pont, construit en 1818, avait été emporté par les glaces au printemps de 1824.
La distance pour se rendre à l'église de St-Joseph était de plus de neuf milles.
On se souvient que de 1780 à 1790, lorsqu'il s'était agi de restaurer la vieille église de St-Joseph, grand nombre d'habitants demandèrent à avoir l'église au centre, et les colons résidant à l'ouest de l'Etchemin avaient favorisé ce plan. En 1795, les gens de Taniata et d'Etchemin avaient formellement fait une requête pour bâtir une église dans leur région. En 1801, on était revenu à la charge pour avoir l'église au centre ; dans cette nouvelle lutte qui fut très chaude, comme nous l'avons rapporté, les gens à l'ouest de l'Etchemin, après avoir
hésité, avaient, en grand nombre, voté pour avoir l'église au centre, c'est-à-dire plus près d'eux, quoique la difficulté de la traverse de la rivière fût toujours la même. Mais cette fois, il n'y avait plus moyen de se refuser à leur demande. Il y avait sur leur territoire, disaient-ils, 1200 âmes dont 500 communiants et les moulins de Sir John Caldwell et les chantiers de MM. Hamilton créaient un centre qui devenait de plus en plus considérable, et il devenait nécessaire d'y pourvoir au service religieux.
• Nous allons suivre presque complètement le récit de l'histoire de la seigneurie de Lauzon ; (1) nous ne ferons qu'y ajouter quelques détails.
"Sur l'ordre de l'évêque Panet, le curé de St- Antoine de Tilly, M. Raby, se rendit donc au village de Beaulieu chez Abraham Lambert, afin de vérifier les allégués de la requête qui avait été présentée. Le rapport de ce délégué fut si favorable que, le 18 octobre de la même année, on demandait à l'évêque de construire sur le territoire en question, un presbytère dont le premier étage pourrait servir de chapelle.
Ou avait proposé au mois d'août précédent, comme nous Pavons déjà dit, de donner à cette nouvelle paroisse le nom de St-Jçrômé, sans doute afin d'honorer le patron de l'abbé Jérôme Deniers, enfant de St-Nicolas, qui était alors vicaire général, et supérieur du séminaire de Québec ; mais dans la requête du mois d'octobre, on remplaça ce titulaire par le nom de St-Jean-Chrysostôme. Ne fallait-il pas faire un peu la cour au seigneur de Lauzon, Sir John Caldwell, dont le père pouvait être considéré comme le véritable fondateur de cet établissement ?
Le 5 novembre, l'évêque Signay se rendit au village de Beaulieu et y fixait la place de l'église future de la
(1) V. chap. 2ème.
paroisse de St-Jean-Chrysostôme, sur la terre d'Abraham Lambert, entre les terres d'Etienne Cantin au nord-est, et de Louis Deniers au sud-ouest. Il décrétait en même temps la construction d'un presbytère de 73 pieds de largeur sur 32 pieds de prof ondeur dont le premier étage devait servir de chapelle provisoire.
La cérémonie de la plantation de la croix eut lieu en présence de Sir John Caldwell, seigneur de Lauzon, de Mr Masse, curé de St-Joseph de la Pointe-Lévy, qui se montrait bien sympatique aux pétitionnaires de la nouvelle paroisse, de M. LaCasse curé de St-Henri et d'un grand nombre d'habitants.
Tout le monde semblait se réjouir de la démarche de l'évêque et de ce que l'on pouvait voir enfin s'élever cette église si longtemps désirée. Mais on avait compté sans les petites jalousies de village à village, et l'on ne se souvenait plus évidemment des vers du bon fabuliste :
" La déesse Discorde ayant brouillé les dieux,
" Et fait un grand procès là-haut pour une pomme,
" On la fit déloger des cieux,
" Chez l'animal qu'on appelle homme,
" Qui la reçut à bras ouverts.
A peine l'évêque avait-il mis les pieds dans la barque qui le ramenait à Québec, que déjà on faisait circuler des requêtes pour se plaindre de l'endroit qui avait été choisi. Il n'y a ni pierres ni sable, dans le village de Beaulieu, disait-on ; c'est au village de Taniata, sur la terre de Joachim Cantin qu'il faut que cette église soit placée. (1)
Les habitants de la Maringouinière, de Terrebonne, de Belair, de St-Romain, se plaignaient que l'endroit proposé n'était point central et qu'il faudrait faire une
(1) Requête du 6, 7 et 8 novembre 1828.
nouvelle enquête. Enfin les gens de Penin et plusieurs de Belair, qui relevaient auparavant de la paroisse de St-Henri, trouvaient à redire sur la longueur du chemin qu'ils auraient à parcourir pour se rendre à la nouvelle église, (i) Une autre requête du 23 janvier 1829, explique qu'il y a 150 arpents entre les deux rivières et que l'endroit fixé chez Abraham Lambert est à 102 arpents de l'Etchemin et à 48 arpents de la Chaudière. Le 15 mars 1829, ^es habitants se plaignaient encore, dans une nouvelle requête, que l'endroit n'était pas central.
L'évêque lança toujours le décret canonique constituant la nouvelle paroisse sous le nom de St-Jean-Chrysostôme, sauf à décider plus tard sur les nombreuses suppliques qui s'amoncelaient devant lui.
Cette paroisse, d'après le décret canonique du 25 novembre 1828, " comprend un territoire de forme irrégulière d'environ six milles de front dans la plus grande largeur et d'environ sept milles et demi de profondeur, borné au nord-est par la rivière Etchemin jusqu'au chemin du roi dans la concession Terrebonne, située au sudouest de la rivière Etchemin, passant à travers les terres de Jean Dumas et de Joseph Leclerc, et allant au moulin banal qui sert de borne jusqu'à la profondeur des terres de Jean Dumas et de Joseph Leclerc, de là au sudest, par le front des terres de la concession de la rivière à Penin, de là par la profondeur des terres de la concession du Bras jusqu'à la concession Belair, de là par une ligne coupant les terres de Germain Gosselin et de Terence Maguire, cette ligne s'étendant jusqu'à la ligne qui divise la concession de Beauséjour de celle de St-Patrice ; au sud par la ligne sud de Beauséjour jusqu'à la Chaudière, au sud-ouest par la rivière Chaudière dans
(1) Lettre du curé Laçasse de St-Henri, 27 novembre 1828.
toutes ses sinuosités et comprenant les îles qui peuvent se trouver dans la dite rivière Chaudière vis-à-vis ces bornes."
Le décret de reconnaissance civile ne fut signé par Lord Ayhner, que le 12 mai 1835. (1)
Dans l'été de 1829, ^e Ier juillet, l'évêque Signay se rendait de nouveau à St-jean-Chrysostôrne, et après avoir bien pesé les raisons de chacun, décida que le site de la future église, au lieu d'être dans le village de Beaulieu sur la terre d'Abraham Lambert, ainsi qu'il avait été arrêté d'abord, serait fixé au village de Taniata, sur un terrain de onze arpents de superficie, appartenant partie à Joachim Cantin et partie à Ambroise Carrier ; c'était, à la fourche des quatre chemins dont nous avons déjà parlé. Il fut décrété en même temps qu'il y serait bâti un presbytère en pierres de 85 pieds de longueur sur 41 pieds de largeur qui servirait de chapelle provisoire. Cette décision, prise en présence du seigneur Caldwell et des mêmes personnages qui avaient assisté à la cérémonie de l'année précédente, fut approuvée par l'évêque Panet, le 28 juillet de la même année.
Le curé Masse, de St-Joseph, à raison des grands travaux de son ministère, ne put se charger de diriger la construction du presbytère. Ce fut le curé de St-Nicolas, M. Dufresne, qui s'en chargea. Ce zélé missionnaire avait, les années précédentes, travaillé à l'organisation de ces paroisses qui s'échelonnent le long de la rivière Beaurivage, depuis St-Nicolas jusqu'à Leeds. Il desservit la nouvelle paroisse, sans cependant y tenir des registres. M. Dufresne ne fut que desservant non résidant de St- Jean-Chrysostôme (1829-1830).
(1) Le 6 février 1857, une partie de la paroisse de St-Henri, du côté sud-ouest de l'Etchemin, fut annexée à St-Jean-Chrysostôme.
Les syndics nommés pour activer les travaux de la chapelle provisoire furent : Julien Deniers, capitaine de milice d'Etchemin, Jean Gosselin, François Gosselin, /unbroise Carrier et Ambroise Cantin.
Le 27 septembre 1830, les habitants sur le point d'achever leur chapelle, demandèrent par requête contresignée par le curé Masse, de St-Joseph, un curé résidant dans la paroisse. Dans une visite qu'il fit à St-Jean- Chrysostôme, le 26 octobre 1831, l'évêque Signay fit rapport qu'il avait trouvé le logement du curé convenable et qu'il y avait aussi une bonne salle pour les habitants. Dès le commencement de novembre 1830, M. François- Xavier Leduc, né à Vaudreuil, le 25 novembre 1791 et ci-devant curé à St-François de la Beauce, avait été appelé à occuper le poste de premier curé résidant de St- Jean-Chrysostôme. Il ouvrit les registres de la nouvelle paroisse, le 4 novembre 1830.
M. Leduc demeura à St-Jean-Chrysostôme jusqu'à la fin de septembre 1831, à peu près onze mois en tout. Il fut remplacé, au premier octobre 1831, par M. Jean- Baptiste Daveluy qui était né à Ste-Anne d'Yamachiche, le 17 juillet 1789, et avait été curé de Ste-Croix et de Lotbinière.
En 1834, M. Daveluy, qui était occupé à faire charroyer la pierre destinée à la future église, demandait instamment à l'évêque d'en venir fixer la place. (1) Car la chapelle provisoire était déjà trop petite pour contenir les paroissiens de St. Jean. L'évêque Signay se rendit à cette demande et, le 1 1 novembre, il décidait que cette église serait placée, à 70 pieds au nord-ouest du presbytère qui existait alors et que son portail ferait face au chemin qui conduit au village de Belair. Là-dessus les
(1) Lettres du 5 oct. et 11 nov. 1834.
habitants se récrièrent que le vent de nord-est détruirait sûrement le portail, si on le plaçait dans cette direction. Que faire contre le vent de nord-est ? Les opérations furent suspendues de nouveau jusqu'à ce qu'il fut trouvé un moyen de l'apaiser. Le 20 mars 1835, le vent paraissant se calmer un peu, l'évêque arrêta de nouveau l'endroit où l'église devait être placée. Le 12 juin de la même année, il approuvait les dimensions du nouveau temple d'après les plans de l'architecte Thomas Baillargé. Il devait avoir 122 pieds de longueur sur 47 pieds de largeur, avec deux chapelles latérales et une sacristie de 38 pieds par 26.
Mais le vent du nord-est se mit à souffler en tempête sur la paroisse et il fut jugé plus prudent de ne pas aller plus loin pour le moment.
A toutes ces misères, à tous ces tiraillements, vint s'ajouter un nouveau sujet d'ennui.
Plusieurs familles irlandaises étaient établies à Etchemin ; quelques autres, récemment converties au catholicisme, habitaient les villages de Belair et de Taniata ; dans ces derniers endroits, le groupe des irlandais comprenait les familles des Maguire, des Powell, des Purcel, des Parry, etc. En 1830, on pouvait compter 3J familles de cette nationalité, dans Etchemin et Belair.
" La petite chapelle de St-Jean-Chrysostôme, dit l'histoire de la seigneurie de Lauzon, n'était pas encore construite que les irlandais catholiques de cette région s'étaient empressés de demander à l'évêque un curé sachant la langue anglaise. (1)
" M. Dufresne, curé de St-Nicolas, qui avait d'abord desservi cette mission, puis M. Leduc qui fut le premier curé, parlaient cette langue, mais M. Daveluy qui leur
(1) Requête du 30 mars 1830.
succéda l'ignorait complètement. Aussi les irlandais se plaignaient-ils amèrement de ne pouvoir accomplir leurs devoirs religieux et d'être négligés par les autorités. D'après leur requête du 14 juin 1832, ils disaient compter alors dans la paroisse, 87 chefs de familles, ou un total de 207 âmes. Les protestants, ajoutaient-ils encore, essayent de nous amener à leur église, et ils insinuaient qu'ils pourraient bien se laisser tenter, si on ne prêtait pas attention à leurs exigences. C'est ainsi que ces nouveaux arrivés qui ne formaient encore qu'une 'infime minorité dans la paroisse, parlaient haut et fort, ajoutant les menaces à l'arrogance.
" L'évêque, qui avait déjà de la difficulté à recruter des prêtres en nombre suffisant pour subvenir aux besoins du culte dans les anciennes paroisses, aurait pu répondre, comme on le fait aujourd'hui à nos nationaux au Nouveau-Brnnswick, à la Nouvelle-Ecosse et dans les états de la Nouvelle- Angleterre : " Mais apprenez la langue de la majorité. Les écoles et les séminaires de la province de Québec, où les prêtres sont formés, ont été fondés par les Français. Ils sont dûs à leurs sacrifices et à leur esprit de charité. Vous parlez comme si vous en étiez les maîtres quand vous n'y avez contribué pour rien. De quelle droit voulez-vous que j'en dépouille les nationaux français à votre profit ? "
" Cette réponse, si raisonnable au point de vue humain, les évêques français de Québec ne voulurent jamais la faire. Ils mirent leur cœur et leur pensée audessus des passions terrestres pottr ne plus se souvenir que l'Eglise doit tendre ses bras à tous. Avec un esprit large et tolérant, ils recommandèrent à leurs prêtres, les sujets irlandais manquant, de s'armer doublement pour
(1) Requête du 24 septembre 1824.
l'exercice du ministère et leur firent apprendre la langue des nouveaux venus.
" Quel bel exemple l'on donna alors à ceux qui, de nos jours, croient encore que dans ce pays l'éducation de l'homme peut être complète si elle se limite à une seule langue, (i) "
En 1837, M. Daveluy, le deuxième curé de St-Jean Chrysostôme, fut appelé à la cure de St-Pierre de la Rivière du Sud, où il mourut, le 9 mars 1838, six mois à peine après son départ de la paroisse où il avait beaucoup travaillé pendant six ans. Il voulut que ses restes reposassent à l'ombre de la croix du cimetière de St- Jean, près de la petite chapelle qui lui avait donné beaucoup de soucis. Au mois d'octobre 1848, eut lieu la translation de ses cendres dans l'église nouvelle qu'il avait désirée si ardemment. C'est là, sous le sanctuaire, qu'elles reposent en attendant la résurrection.
M. Pierre Beaumont, successeur de M. Daveluy, fut le troisième curé de St-Jean-Chrysostôme, depuis le 4 octobre 1837.
M. Beaumont, fils de Joseph Bonaventure Beaumont et de Charlotte Marois, était né à Québec, le 23 mai 1808. Ordonné prêtre, le 31 mars 1833, il avait été vicaire' à Rimouski, avant d'être appelé à la cure de St- Jean-Chrysostôme.
Le nouveau curé connaissait heureusement la langue anglaise et il parvint si bien à calmer les récalcitrants irlandais et les autres paroissiens mécontents que le 4 mars 1841, M. Laçasse, archiprêtre, curé de St-Henri, put, sans trop déplaire, marquer de nouveau la place de l'église tel que l'évêque l'avait fixée au mois de mars 1835. En 1842 (10 janvier), les marguilliers furent au-
(1) Hist. S. h., V— 40-41.
torisés à acheter le bois nécessaire à la nouvelle bâtisse, la pierre étant déjà rendue sur les lieux depuis plus de huit ans.
Ce ne fut pourtant que le 7 mai 1849, Que ^llt bénie la première pierre de l'église de St-Jean-Chrysostôme par Mgr Pierre Flavien Turgeon, coadjuteur de l'archevêque de Québec. Cette première pierre fut bénie le jour de l'établissement de la société de tempérance prêchée par M. le grand vicaire Alexis Mailloux, au moyen de la eroix. M. Beaumont ainsi que M. Dufresne étaient aussi des apôtres de la tempérance dans cette croisade qui avait été entreprise contre les ravages de l'ivrognerie. (1)
L'église de St-Jean-Chrysostôme, avec sa sacristie, a une longueur de 200 pieds et une largeur de 60 pieds. C'est un bel édifice en pierres taillées et d'assez belles proportions. L'intérieur est simple et convenable. Le portail du temple tourné vers l'ouest, se trouve à l'abri de ces vents du nord-est désastreux qui firent, pendant 20 ans, le cauchemar de l'habitant et troublèrent les commencements de cette paroisse. Nous ne cachons pas que si ce portail eut fait face au beau carré public qui avoisine l'église, la perspective eut été mieux observée. Le curé Beaumont était un énergique, un vaillant. Il attira à St-Jean plusieurs membres de sa famille qui y jouèrent un rôle important. Mentionnons entre autres, son neveu Pierre Giroux, marié à Louise Bourassa, qui devint un grand marchand de l'endroit, avec de plus une succursale, tenue depuis 1847, à Etchemin par Damase Roberge, son homme de confiance, et qui brigua plus tard les suffrages des électeurs du comté de Lévis ; mentionnons aussi le notaire Ambroise Trudel,qui épousa,
(1) Voir le livre de M. Mailloux sur l'intempérance 107-108.
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en 1845, Hlise Giroux, une nièce du curé Beaumont et qui exerça de 1842 à 1858, dans la paroisse de St-Jean, où il fut aussi le premier secrétaire du conseil municipal en 1845. 00
Ce fut le curé Beaumont, qui demanda au gouvernement, en 1843, qu'il fut bâti un moulin à farine dans sa paroisse. Dans l'été de 1847, ^ n'hésita pas à aller, à la demande de son évêque, au secours des émigrés irlandais cantonnés à la Grosse Ile et en proie à l'épidémie du typhus.
Quand il eut mené à bonne fin la construction de l'église de St-Jean-Chrysostôme, au milieu des obstacles de tout genre mis sur le travers de la route, voyant que les habitants ne se souciaient pas de lui donner un presbytère convenable, il en fit bâtir un à ses frais, quitte à régler plus tard avec la paroisse. Ce ne fut que le 20 avril 1856, qu'il parvint à obtenir que l'ancienne chapelle provisoire serait convertie en école et que la paroisse achèterait le presbytère qu'il avait lui-même fait construire. Afin d'arriver à un arrangement à l'amiable, il accorda à la fabrique des termes de paiement à longue échéance. (2)
Le curé Beaumont eut la douleur, en 1854, de voir ses paroissiens d'Etchemin se séparer de lui, peu de temps après que l'église de St-Jean fut complètement terminée, pour se réunir, sous la houlette d'un autre curé, et former eux aussi une nouvelle paroisse.
M. Pierre Beaumont devait garder la cure de St-Jean pendant trente-trois ans, soit depuis 1837 jusqu'en 1870, où il fut appelé à exercer aux Ecureuils. C'est dans ce
(1) Voir Hist. S. L. au chap. cité.
(2) Voir Greffe L'Ecuyer, 5 jan. 1857.
dernier endroit qu'il décéda, le 24 septembre 1879, à l'âge de 71 ans et 4 mois.
Il n'entre pas dans notre cadre de parler des successeurs de M. Beaumont dans la cure de cette paroisse. Mais les paroissiens de St-Romuald qui les ont connus aimeront à se rappeler leurs noms.
Le quatrième curé de St-Jean fut M. Joseph-Stanislas Martel, de 1870 à 1876. En 187 1, le presbytère construit par M. Beaumont fut détruit par un incendie. On décida de le rebâtir, à la place de l'ancienne chapelle qui fut démolie et dont les pierres servirent à la construction du nouveau presbytère. M. Martel est mort, curé des Grondines, en 1894.
Le cinquième curé de St-Jean a été un ancien directeur du séminaire de Québec, M. Pierre Victor Légaré. Il était le frère de Mgr Légaré, grand-vicaire de l'archidiocèse de Québec et de M. Adolphe Légaré, curé de Beauport et ancien procureur du séminaire de Québec. Il resta à St-Jean de 1876 à 1898, soit pendant vingtdeux ans. Il mourut subitement le 20 juillet, à l'âge de 62 ans.
" Son successenr, le sixième curé de St-Jean, est M. Louis-Grégoire Auclair — le curé actuel, — né le 13 mars 1854, à St-Roch de Québec, comme ses trois prédécesseurs immédiats, MM. Beaumont, Martel, et Légaré. Il est fils de Jacques Auclair et de Marie- Thècle Sirois. Prêtre depuis 1879, M- Auclair a pendant trois ans enseigné au collège de Lévis, et il a quitté la cure du Sacré-Cœur de Marie, dans le comté de Beauce, qu'il tenait depuis 1882, pour venir en 1898, à St-Jean, exercer son zèle apostolique pour le plus grand bien des âmes.