‹ La Paroisse de St-Romuald d'Etchemin avant et depuis son érectionChapitre 37 sur 73 · CHAPITRE SEIZIEM · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEIZIEM

Travaux à l'intérieur de l'église. — Cloches. — Les écoles. — Construction du couvent. —Chaussée de M. Hall.— Recensement de 1878. — Démission du curé Sax en 1878. — Départ du vicaire Bergeron.- Mort de M. Sax.

L'église bâtie par M. Sax et livrée au culte, le 3 avril 1856, n'était pas finie à l'intérieur. Tout naturellement les paroissiens désiraient ardemment voir l'église présenter au dedans une apparence au moins aussi belle qu'elle avait au dehors. Mais le curé Sax, roi et maître dans son petit royaume, attendait ! Il étudiait ses plans et calculait les dépenses nouvelles à faire. L'emprunt municipal qu'il faudrait peut-être rembourser à quelques mois d'avis, était suspendu sur la fabrique comme une épée de Damoclès ; il était sage et prudent de bien prendre tous * les points et toutes les mesures, avant de commencer l'ouvrage.

Ce n'est qu'en 1868, douze ans après la bénédiction de l'église, que le curé Sax se décida définir à fresque l'intérieur de l'église. C'était un genre nouveau et un peu risqué dans notre pays où le climat nous apporte des extrêmes de froid en hiver et des extrêmes de chaleur en été. Le genre de peinture à fresque avait été adopté cependant depuis quelques années à l'église du Gesu à Montréal et semblait donner satisfaction.

Dans un voyage qu'il fit aux Etats-Unis, M. Sax

alla consulter les Bénédictins qui se connaissent en arts, et ceux-ci lui donnèrent le nom de W. Lampreckt, jeune artiste de Munich et grand prix de sa célèbre école de peinture, et ils le lui recommandèrent comme l'un des meilleurs peintres résidant alors aux Etats-Unis. M. Sax s'aboucha avec lui et passa un contrat pour la décoration à fresque de l'intérieur de son église.

L'ouvrage fut fait en 1868.

Les magnifiques tableaux qui ornent le chœur et les longs pans de la nef de l'église sont dus au pinceau de M. Lampreckt. Voici comment ces tableaux sont distribués :

i° Dans la chœur, les trois grands mystères de la vie de Notre-Seigneur : la Nativité, la Rédemption sur la Croix (au maître-autel) et la Résurrection.

2° Dans la chapelle de la Ste Vierge : V Annonciation, la Visitation, la Visite des trois rois mages, la Pré se 11 tation , 1 ' ] Assomptio n .

30 Dans la chapelle de St- Joseph : Le mariage de St-Joseph et de la Ste- Vierge, la fuite en Egypte, la sainte famille à Nazareth, Jésus au milieu des docteurs, la mort de St-Joseph.

Tous ces tableaux dénotent, ' au dire des connaisseurs, une haute capacité artistique chez l'artiste qui les a exécutés ; la pose des personnages est naturelle, le coloris est riche et brillant et l'idéalisme mystique qui s'en dégage est propre à élever l'esprit et à favoriser la piété.

4° Dans la voûte, huit tableaux, malheureusement un peu trop dans l'ombre pour être bien appréciés, et signés par " Lang ", un autre peintre allemand résidant alors aux Etats-Unis, déroulent à nos regards les différentes étapes de la vie de St-Romuald, patron de l'église ;

a. Entrée de Romuald au monastère de Classe.

b. Romuald passe quelques années en hermitage avec le moine Marin, sur les confins de la Vénétie,

c. Conversion du doge de Venise par Romuald et son compagnon Marin.

d. L'empereur Othou charge Romuald de réformer les ordres de St-Benoit.

e. Fondation de Tordre des Camaldules par Romuald.

f. Vision de Romuald, dans laquelle il voit, comme dans l'échelle de Jacob, ses religieux monter au ciel et et en descendre.

g. Mort de. Romuald, au milieu de ses religieux. h. Son apothéose au ciel.

Ce dernier tableau, 'placé dans le rond point audessus du grand autel, nous apparaît vraiment riche et splendide, aux clartés de la lumière électrique. Au centre, est assis le Christ qui a ouvert les portes du ciel par sa mort sur la croix. Il se tient assis et une guirlande dorée fait encadrement à sa divine personne.

A gauche du. Christ, apparaît saint Romuald, accompagné de quelques religieux et présenté au Christ par le précurseur saint Jean-Baptiste qui fut un des premiers anachorètes.

A droite, on voit la Mère du Christ assise et ayant les mains jointes.

A la droite de la sainte Vierge et un peu en avant d'elle, on aperçoit Abraham avec son fils Isaàc sur le bûcher, ainsi que le grand prêtre Melchisédech qui offrait le vin et l'eau, aux jours de l'ancien testament : ces personnages figurent deux des sacrifices de l'ancienne loi.

Enfin au pied du Christ, on lit l'inscription suivante " Tu es sacerdos in œternum. "

5° Seize médaillons sur fond d'or, au-dessus des colonnes, nous donnent l'histoire de l'Eglise dans les figures de St-Pierre et St-Paul, des quatre évangélistes, de cinq Docteurs de l'église orientale et de cinq Docteurs de l'église occidentale.

6° Les ornements des voûtes latérales sont des allégories des litanies de la Ste. Vierge, comme Turris Davidica, Rosa mystica, Sedes Sapientiœ, etc.

7° Les décorations des murs et de la voûte qui servent comme d'encadrement aux tableaux, sont l'œuvre de M. Thien, un autre peintre allemand des Etats-Unis.

8° Les trois autels de l'église ont été exécutés d'après des plans fournis par M. Schneider, un des premiers architectes de Munich. Ils ont été faits par M. Ferdinand Villeneuve, un sculpteur canadien, natif de Charlesbourg, et venant de St-îsidore de Dorchester, qui a toujours depuis, demeuré à St-Romuald avec sa famille. M. Villeneuve a été maire de la paroisse en

90 Les statues que nous voyons autour du chœur sont toutes en bois, sculptées par Rùdmiller de Munich et copiées sur des modèles en terre glaise par des artistes de la même ville ; elles ont été données par les citoyens de la paroisse dont les noms sont inscrits sur les piédestaux.

io° Les fenêtres furent coloriées pour les mettre en rapport avec l'intérieur de l'église, les bancs furent peinturés et vernis etc., etc.

Quand tous les travaux furent terminés, l'église de St-Romuald était comme une bible ouverte, largement illustrée, et parlant aux yeux de ceux qui ne savent pas lire ; mais aux yeux de ceux qui ont étudié et qui peuvent juger, l'église proclamait hautement l'intelligence

du curé qui en avait conçu l'idée générale et aussi l'habileté des artistes qui avaient exécuté les plans.

Des quêtes abondantes faites tous les dimanches dans l'église et un bazar qui réalisa plus de $2,500.00 dans l'été de 1868, servirent à payer une partie des dépenses du parachèvement de l'église. La balance resta à la charge de la fabrique qui s'en acquitta honorablement.

Il ne restait plus, pour mettre tout au complet à l'église, qu'à faire monter des cloches dans le clocher solide, mais un peu massif qui la couronne. Elles arrivèrent en 1873, et venaient de la manufacture de Mears & Stainbank de Londres. Elles étaient au nombre de quatre et elles furent bénies, le 6 octobre 1873, Par

Sa Grandeur Mgr E.

A. Taschereau, Archevêque de Québec, au milieu d'un concours extraordinaire de peuple venu de Québec et des paroisses environnantes. Le sermon fut donné en français et en anglais par l'abbé L. H.

Paquet, Docteur en théologie, du séminaire de Québec.

Les trois premières cloches étaient dues à la grénérosité i° de

M. François Lkclkrc, donateur d'une cloche de l'église.

M. John Stanton, ancien marguillier et

ancien marchand de St-Roninald, alors résidant dans le district de Trois-Rivières, 2° de M. François Leclerc, rharchand de St-Romnald, aujourd'hui juge de paix et rentier, et 30 de M. Damase Roberge, autrefois gérant du magasin de M. Pierre Gironx à St-Romuald et maintenant rentier bien connu par ses bonnes œuvres et ses aumônes. La quatrième était donnée par les paroissiens. A la vue du sanctuaire matériel consacré à Dieu dans la paroisse et apparaissant alors dans toute sa beauté, on aurait pu croire que le curé Sax avait pris pour devise cette parole des livres saints : " J'ai aimé la splendeur de votre maison," et que là s'arrêtait son affection, mais il est un autre sanctuaire que le curé Sax a aussi aimé : c'est le sanctuaire de la science et de l'éducation.

La question de l'instruction élémentaire et supérieure de la jeunesse eut une large part clans la vie de M. Sax. Studieux lui-même et très instruit, il connaissait l'importance de l'étude et de l'éducation. En chaire ou ailleurs, il faisait connaître ses idées sur ce point et il disait à peu près dans les mêmes termes que Viard : " L'instruction est le premier besoin de l'homme social ; elle est au moral ce que la respiration est au physique, c'est elle qui forme la base des sociétés, les liens les plus doux entre les hommes

" On n'est point obligé d'être savant dans toute l'étendue du mot, mais tout le monde peut et doit avoir quelque instruction, et il n'est plus permis aujourd'hui, même aux ouvriers et aux cultivateurs les plus pauvres, de ne pas savoir lire, écrire et compter."

Et cette instruction, il voulait qu'elle fut pratique et souverainement religieuse. Il proclamait comme

(1) Nous regrettons de n'avoir pu nous procurer les photographies des deux autres donateurs de cloches.

parfaitement vraie, cette parole de Guizot " qu'il faut que l'éducation populaire soit donnée et reçue au sein d'une atmosphère religieuse et que les impressions et les habitudes de la religion pénètrent de toutes parts. "

Il surveillait lui-même les écoles de la paroisse qui étaient au nombre de trois : à Etchemin près de l'église, à New-Iyiverpool et dans la concession du Saut. Ces écoles étaient régies par une commission des écoles qui datait de 1846 et qui se renouvelait partiellement tous les ans.

' Dans les commencements de la paroisse, il nous fait plaisir de mentionner, à l'école d'Etchemin, les noms de M. Tanguay instituteur, des Demoiselles Ouellet, Beaudry, Chamberland, Horion, etc.

Le curé Sax s'astreignait lui-même quelquefois à faire la classe à quelques élèves, comme beaucoup d'anciens curés l'ont fait, et celui qui écrit ces lignes se plaît à dire que les premières notions du latin lui ont été données par le premier curé de St-Romuald.

Avant 1869, on le voyait aller à chaque examen trimestriel des élèves de l'Hôpital-Général de Québec prêter son concours à son ami, M. Plante, chapelain de cette institution. On lit dans l'histoire de l'Hôpital- Général, que M. Sax y passait alors plusieurs jours au milieu des enfants, encourageant leurs efforts, examinant leurs devoirs et jusqu'à leurs travaux à l'aiguille et autres. (1)

En même temps qu'il conseillait fortement à ses paroissiens qui avaient quelque aisance, d'envoyer leurs enfants dans les maisons d'éducation supérieure, il favorisait, dans la paroisse, l'établissement d'écoles indépen-

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dantes qui ont été successivement tenues par MM. Smith, Michael Ahern, John Ahern et par les Daines Launière, Lemoine, etc; Dans ces écoles indépendantes les enfants apprenaient le français, l'anglais, la tenue des livres, etc.

Cependant depuis quelques années le besoin de quelque chose de nouveau, de quelque chose de plus stable, pour l'éducation des enfants se faisait sentir. Le curé le comprenait plus que tout autre. . Aussi en 1873, après avoir mûri son projet, il réussit à donner à l'éducation une impulsion considérable et ardemment désirée par tous. Il avait obtenu la faveur de posséder un rameau de cet arbre vigoureux planté à Montréal il y a plus de deux cents ans, par la sœur Bourgeoys (1) et il le plaça à côté de la magnifique église qu'il avait bâtie. Ce fut le 2 septembre 1873, que la translation joyeuse et solennelle du rameau béni eut lieu. La population de la paroisse était sur pied, la voix du canon retentissait au loin et un Te Deum solennel chanté à l'église annonçait que, ce jour là, huit religieuses, filles de la sœur Bourgeoys et conduites par la mère assistante St-Bernard, venaient prendre possession du couvent commencé en

Les huit religieuses fondatrices du couvent étaient les sœurs Des Séraphins, supérieure, Ste-Célanie, Ste- Hildegarde, Ste-Marie Godfroi, St-Jean de Canty, Ste- Bernadine, St-Prosper et St-Sylvestre.

Le couvent était en briques, à trois étages avec toit français ; il avait une longueur de cent pieds et une largeur de 45 pieds.

Le couvent était bâti sur l'emplacement du cimetière et comprenait de plus un terrain appartenant à la

(1) Le couvent de la congrégation de Notre-Dame fut fondée en

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fabrique du côté nord-est de la route et une nouvelle lisière de trois quarts d'arpent achetée du voisin Benjamen Deniers.

Le Couvent

Le cimetière avait été transporté sur la grande côte et organisé sur un terrain de quatre arpents en superficie acheté de Benjamin Deniers.

Désormais, grâce à l'initiative du curé, grâce aussi à la générosité des paroissiens, l'éducation des filles dans la paroisse de St-Romuald ne devait plus rien laisser à désirer.

Mais à part des filles qu'il est important de préparer, par une éducation solide et chrétienne, à remplir dignement leur mission dans la vie, il est une autre portion non moins intéressante du genre humain dont il est aussi souverainement important de ne point négliger l'éducation ; ce sont les garçons, gente un peu turbu-

Le Cimetière

lente qui donnera à la société de grands saints ou de grands scélérats suivant qu'elle sera bien ou mal dirigée. M. Sax s'occupa de cette question de l'éducation des garçons aussitôt après qu'il eut organisé son couvent. On croit qu'il rencontra des difficultés impossibles à surmonter, puisqu'un jour de dimanche, il anonça à ses paroissiens, au sujet d'une grande école pour [les garçons,

qu'il n'avait point trouvé ce qu'il voulait avoir. Il devait laisser à ses successeurs le soin d'accomplir cette tâche importante et difficile.

Cependant des changements s'étaient opérés dans la paroisse depuis quelques années. En 1862, un décret canonique avait annexé à St-Romuald une partie de Notre-Dame de Lévis, comprise en bas des côtes, entre la rivière Etchemin et le chantier Price inclusivement. En 1870, le nombre des communiants était de 2174 Mais quatre ans plus tard, en 1874, la paroisse avait considérablement augmenté et comptait 2600 communiants. M. Hall avait construit une chaussée en haut du pont du chemin de fer sur l'Etchemin, afin d'ouvrir des manufactures de haches et d'allumettes, (1) et dans le haut de New-L,iverpool, à peu de distance du bassin, les MM. Ritchie avaient organisé une scierie importante mue par un engin à vapeur. A la pointe Benson, un autre moulin à scie mû par la vapeur devait aussi fonctionner pendant quelques années. Les demandes d'emplacement devenaient de plus en plus nombreuses au pied de la côte de l'église, sur les terres de Benjamin Deniers et de Pierre Lagueux, à tel point que, en 187 1, Benjamin Deniers fut obligé de transporter sa grange, son étable et toutes ses dépendances sur la côte, près du couvent, où il se bâtit une nouvelle maison afin de laisser le terrain en bas, libre pour aligner des rues nouvelles et concéder des emplacements.

L'érection des paroisses de St-David et de St-Télesphore en 1875, contribua nécessairement à diminuer le nombre des familles à St-Romuald ; cependant en 1878,

(1) La manufacture de haches de MM. Baillargeon et Boivin ne se maintint que quelques années. Celle d'allumettes fonctionne encore.

la paroisse compte encore 2300 communiants, en sorte que depuis la fondation de la paroisse en 1854, jusqu'à cette année de 1878, c'est-à-dire pendant 24 ans, la paroisse avait augmenté de 1300 communiants. La paroisse comptait alors près de 700 familles canadiennes, 40 familles irlandaises et 30 familles protestantes.

C'est en cette année 1878, que le curé Sax, accablé par un rhumatisme articulaire qui le faisait grandement souffrir, jugea à propos de donner sa démission. Ce fut un jour de tristesse et de deuil pour tous et de larmes pour un grand nombre, que le jour où le premier curé de St-Romuald, après vingt-quatre ans de travail dans la paroisse, fit ses adieux à ses ouailles assemblées en foule considérable à la porte de cette église qu'ils avaient ensemble élevée à la gloire de Dieu et qui leur rappelait à tous de beaux souvenirs. Une adresse lui fut présentée au nom de tous ; elle est remplie des sentiments de gratitude qui débordaient dans l'âme des paroissiens.

Après avoir rappelé les travaux entrepris depuis 1854, les difficultés surmontées, la bonne entente et l'harmonie qui avaient toujours existé, l'adresse disait : " Ce temple splendide, l'un des plus beaux de l'Amérique du Nord, sera toujours votre œuvre à vous, monsieur le curé ; toujours il sera considéré comme un monument de votre zèle et de votre bienveillance pour les paroissiens de St-Romuald. Jamais, à l'étranger, on ne lui donnera d'autre nom que celui qu'il porte déjà : l'église de M. Sax ! "

Puis soulevant le voile qui cachait bien des secrets de la vie intime de curé, l'adresse continuait :

" Permettez, monsieur le curé, que nous fassions ici mention de l'intérêt tout paternel que vous prenez à nos

affaires temporelles. Que de succès, que d'entreprises menés à bonne fin par vos sages avis ! Notre confiance en vous a toujours été illimitée. Aussi quelqu'un avaitil une affaire importante à régler, quelque projet dont la réussite l'inquiétait, immédiatement il allait vous faire part de ses craintes, et de ses espérances et toujours vos sages avis lui permettaient d'espérer. Que de fois vous êtes venu généreusement en aide à vos paroissiens quand le malheur les avait frappés et plus d'un parmi nous vous doit une éternelle reconnaissance pour l'avoir relevé dans l'infortune et l'avoir conduit dans les sentiers voisins de l'opulence."

La réponse du pasteur fut pleine d'émotion et ses adieux furent ceux d'un père à ses enfants. En souvenir des bons rapports qu'il avait toujours eus avec ses paroissiens, il déclara qu'il n'avait pas voulu se fixer ailleurs et qu'il voulait passer le reste de ses jours au milieu d'eux.

Un autre prêtre faisait aussi le même jour ses adieux à la paroisse dans laquelle il avait été pendant sept ans et trois mois, le fidèle et discret coadjuteur du curé Sax : c'était M. Franm. f. a. bergeron, vicaire. çois Alfred Bergeron.

La paroisse avait eu le temps d'apprécier son riche caractère et les belles qualités de son esprit et de son cœur et, lors de son départ, elle ne manqua pas de lui offrir un témoignage substantiel de son affection et de sa reconnaissance. M. Bergeron a été depuis, curé à St-Antonin (1879), à St-Raymond (1881), à St-Gervais (1 899-1 906.) Il est aujourd'hui retiré à St-Raymond, où il avait passé dix-huit des plus belles années de sa vie.

M. Sax se retira à St-Romuald dans l'ancienne maison occupée successivement par MM. J. Stànton et Ed. Horion, non loin de la rivière Etchemin.

En 1870, il put entreprendre un voyage en Europe ; mais la maladie qui devait l'emporter faisait des progrès visibles, et l'on prévoyait qu'il serait bientôt enlevé à l'affection de ses amis et de ses anciens paroissiens.

Il mourut d'une attaque d'apoplexie dans la soirée du 19 décembre 1881, à l'âge de 59 ans.

Trois jours après, ses funérailles avaient lieu dans l'église de St-Romuald, où ses restes mortels furent inhumés. Sa Grandeur Mgr E. A. Taschereau, archevêque de Québec, chanta le service et présida à l'inhumation. M. le grand-vicaire Ths-Et. Hamel, supérieur du séminaire de Québec, prononça l'oraison funèbre du défunt et fut vraiment inspiré en prenant pour texte cette parole de la sainte écriture: "J'ai aimé la splendeur de votre maison."

Dans la sacristie de St-Romuald, on voit un portrait en peinture du curé Sax fait en 1868, par l'artiste W. Eampreckt qui avait décoré l'église. C'est bien lui tel que nous l'avons connu, avec sa belle figure, ses yeux vifs et perçants, son sourire un peu moqueur. Il porte le rabat qui n'est disparu dans le diocèse de Québec

qu'en 1875, et l'index de sa main droite tient fixé sur une table, un plan de cette église de St-Romuald que les gens ont appelé "l'église de M. Sax."

En terminant, relisons ensemble l'inscription gravée sur une plaque de marbre près de la porte d'entrée dans l'église de St-Romuald : ce sera un excellent résumé de ce que nous avons dit relativement au curé Sax.

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