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Svnode de Rouen, en 1072, can

Au degré inférieur, tout homme libre, le prêtre aussi bien que les autres, devait avoir un seigneur qui le protégeait et lui venait en aide, mais dont il dépendait d'autant. Les résistances de TEglise retardèrent le mouvement d'absorption, mais ne l'arrêtèrent pas.

Au xi^ siècle, l'église paroissiale est mise au pouvoir du prêtre par une investiture analogue à celle qui permet à un tenancier de s'établir sur un domaine. A ce dernier, le seigneur remet une motte de terre ; au desservant, il présente létole, les clefs de l'église et la corde de la cloche. On ne connaît plus guère alors d'églises indépendantes. Elles appartiennent toutes à un évêque, à un monastère eu à un seigneur. Quelques paroisses de p-Zcz plus importants conservent seules un semblant d'autonomie, quand le maître est éloigné.

Les conséquences de cette sujétion sont déplorables. Beaucoup de prêtres ruraux se sécularisent, portent les armes pour le service du seigneur et se marient. La fiscalité seigneuriale jette son dévolu sur le bien de l'Eglise et sur celui des pauvres. La pratique de la religion se matérialise et s'abaisse. La liberté nécessaire aux ministres de Dieu est remplacée par une servitude qui paralyse tout effort pour le bien.

Saint Bernard ' décrit et stigmatise à la fois l'état auquel le système féodal avait réduit les paroisses dans la première moitié du xii^ siècle : « Déjeunes écoliers, des jeunes gens à peine sortis de l'enfance sont promus aux dignités ecclésiastiques, à cause de la noblesse de leur race, et ils échappent à la férule

1. Des mom.rs et des devoirs des évvfjues, MI. P. I,., t. CLXXXII, col. 8-26, 8-27.

pour prendre rang parmi les prêtres, plus heureux d'être soustraits aux verges que davoir mérité un commandement. Et ce n'est que le commencement. Avec le temps, leur insolence grandit, ils savent bientôt s'attribuer des autels, vider la bourse de leurs subordonnés. Les maîtres qui les forment à cette conduite sont l'ambition etl'avarice... Celui qui est devenu, dans une église quelconque, doyen, préposé, archidiacre ou quelque chose d'analogue, n'a pas assez d'une dignité dans une église; il lui en faut plusieurs, autant d'honneurs qu'il peut en acquérir, dans une même église et aussi dans plusieurs. »

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