Sess. XXII, cap
2. • Les ecclésiastiques ayant al^usé de cette administration, on leur a substitué des laïques qui représentent le corps des |)aroissiens, et qu'on a chargés de ce soin. • Joisse, Traité du gouvernement des paroisses, p. 7. C'est un légiste (jui parle de la sorte. On voit que l'histoire n'est pas tout à lait de son avis.
3. On en trouve, dans Joisse, p. 3il-47r;, des spécimens, pour Saint- Jean en Grève, en 7:; articles, pour Saint-Louis en l'Ile, en 70, pour Sainl-l'ierre de Bourges, en 42, pour Morangis, en :>-2, pour les trois paroisses de Saumur, en 4(>, pour Nogent-sur-Mariie, en (i2.
paroisse, mais encore ceux qui, à raison de leurs fonctions civiles, de leur influence ou de leur fortune, étaient plus à même de donner des conseils autorisés. Les attributions de ces assemblées consistaient à élire les nouveaux marguilliers ^ , à arrêter les comptes, à régler tout ce qui concernait l'emploi des fonds, les achats, les ventes, les modifications aux usages paroissiaux, les pauvres et les écoles de charité. Les comptes étaient rendus à l'évêque ou à l'archidiacre, en cours de visite. Si cette visite n'avait pas lieu dans l'année, les comptes devaient être examinés et arrêtés par le curé, en présence des principaux habitants, pour être ensuite représentés à l'évêque ou à l'archidiacre à leur prochaine visite. Les marguilliers étaient investis de pouvoirs assez étendus pour l'administration du temporel, la garde des biens et des objets mobiliers de l'église, la bonne tenue du monument, la convenance de l'office divin, le paiement des honoraires et des gages , l'acquittement des fondations, la nomination des serviteurs de l'église, l'exactitude de la grand'messe, et un certain nombre d'autres particularités. Ils avaient même le droit de choisir les prédicateurs de l'Avent. du Carême et des grandes fêtes. Quelquefois, les fabriciens des grandes villes ne demandaient qu'à étendre leurs pouvoirs et à régenter leur curé. Quand ils étaient animés de l'esprit qui distingua les légistes et les jansénistes, tous les moyens leur semblaient bons pour faire prévaloir leurs idées cl exercer leurs fonctions avec une déplorable intransigeance. Ils pensaient déjà volontiers ce que Bailly
1. Le premier marijuillier, appelé marguillier d'honneur, devait être élu tous les deux ans.
devait dire un jour au curé de Saint-Sulpice : « Quand la loi a parlé, la conscience doit se taire. » De là, mille tracasseries auxquelles heureusement l'autorité du roi mettait bon ordre ^
En somme, ces écarts étaient rares; d'ordinaire la bonne entente régnait entre le clergé et les membres de la fabrique, surtout quand chacun y mettait du sien et restait dans son rôle. 11 n'était pas mauvais d'ailleurs que les paroissiens prissent part à l'administration du temporel. Ils se rendaient mieux compte des ressources et des charges, et, quand le curé avait à exiger certaines redevances, les fabriciens partageaient avec lui la responsabilité de la réquisition ^.
Il y avait une charge qui, au moins à intervalles, pesait plus lourdement que les autres sur les fabriques : c'était l'entretien des bâtiments de l'église. Des règles précises s'imposaient à ce sujet. Les
i. A Saint-Jacques du Haut-Pas, en 1T20, le marguillier Doujat prenait sur lui d'empêcher tout acquit de fondations. Le Chàlelet et le Parlement durent se mêler de l'alfaire et provoquer l'élection d'un autre marguillii'r. Guente, Une paroisse cfe Paris sous Vancien régime, Paris, 18'J7, p. 144. A Saint-Étienne du Mont, de 1744 à 1754, le curé Boudtin eut toutes sortes dediflicullés avec ses l'abriciens jansénistes. In jour de Dédicace, ceux-ci, outrepassant leurs droits, mais souteuus par le Cliâtelel, invitèrent à prêcher un Augustin. L'archevêque s'y opposa et envoya à sa place un Cordelier. Mais le prédicateur trouva la chaire fermée à clef et ne put s'acquitter de son office. Pinet, Les tribulations d'un ancien curé de Paris, dans la Heuwe du clergé français, !«' septembre ISîKî, p. 5-30. A Saint-Sulpice, où êtaieut en vigueur les règlements établis par M. Olicr, et où le curé choisissait lui-même les prédicateurs, la paix régnait entre la fabri([ue et le clergé. Le Calendrier sjiirituel el historique de la paroisse pour 1777, fait à ce sujet, p. 10. une remarque qui on dit long : • Tous ces règlements établis par M. Olier ont maintenu la paix dans cette paroisse, et les tribunaux n'ont jamais retenti du bruit des divisions, (|iii sans eux se seraient peut-élre élevées entre messieurs les curés et messieurs les marguilliers. Cette paroisse est peut-être la seule cpii puisse se llalter de cet avantage. »
2. Jolsse, Traité du gouvcrnenienl des î)aroiss(S, p. 117 178.
gros décimateurs, c'est-à-dire ceux qui, à un titre quelconque, percevaient les grosses dîmes de la paroisse, le curé compris, s'il était au nombre de ces derniers, avaient à réparer et à entretenir le chœur, le gros œuvre du clocher élevé au-dessus du chœur, et les chapelles absidiales bâties en même temps que l'église et situées sous la même voûte que le chœur. Souvent, il existait dans l'église des chapelles fondées par des particuliers qui y avaient droit de sépulture. Leur entretien était à la charge des fondateurs. La nef de l'église, le clocher bâti ailleurs que sur le chœur, les cloches et leur charpente, et tout ce qui n'était pas attribué aux gros décimateurs regardait les paroissiens, y compris le curé non congruiste, mais seulement au prorata de ses revenus paroissiaux. La fabrique commençait par employer aux réparations la portion disponible de ses revenus, et, à leur défaut, une partie des revenus de la commune. Si ces ressources ne suffisaient pas, les habitants étaient appelés à délibérer sur les voies et moyens d'exécution et à approuver soit un emprunt, soit une imposition extraordinaire, soit des souscriptions volontaires. Ces règlements expliquent pourquoi, dans la plupart des églises de campagne antérieures à la Révolution, le chœur est presque toujours d'une architecture plus riche et d'une construction plus soignée que la nef. Les simples paroissiens ne disposaient pas de ressources aussi abondantes que les gros décimateurs.
Les paroissiens devaient aussi entretenir la clôture du cimetière, et fournir un logement convenable pour le curé et ses vicaires, mais sans être tenus aux accessoires, comme meubles , granges, écu-
ries, etc. Le cas échéant, ils avaient encore à réparer ou à reconstruire le presbytère , le curé restant chargé, surtout s'il n'était pas congruiste, des menues réparations usufruitière s.
Les dîmes n'existant pas dans les villes, toutes les grosses dépenses incombaient aux fabriques, et, en cas d'insuffisance de revenus, aux paroissiens euxmêmes '.
En reconnaissance des services qu'ils rendaient, les marguilliers en charge jouissaient de droits honorifiques ; ils avaient la préséance sur les autres paroissiens dans toutes les cérémonies du culte. Un édit de 1641 les dispensait d'être collecteurs de tailles pendant qu'ils étaient en exercice -.