iMBAFiT DE LA ToLT., Les oriijines de la réforme, p
2. Voici quelques chilTres. empruntés aux articles de M. Sicard. sur les recettes annuelles de ({uelques paroisses parisiennes en 1790 : Saint-Germain l'Auxerrois, Il-2.35.'i livres; Saint-Gervais, G8.378; Saint-Jean en Grève, i'i.OOO; Saint-Jacques de la Boucherie, 43.0<i2 ; Saint-Nicolas des Champs. 38.418; Saiat-Eustache, 33.848; Saint- Laurent, 28..r2l; Sainte-Madeleine de la Ville-i'Évéque, 18.0*7; Saint- Médard, Ki.Gli; Saint-Jacques du Haut-Pas, t-2.-2(;!) ; Saint-Étienne des Grés, 11.001; Saint-Élienne du Mont, 5,î)8G; Saint-Pierre auv Bœufs, ■*j,-2?il ; Saint-Josse, 1.363 livres. On voit quelle iné^jalité régnait alors eutre les [laroisses au point de vue des ressources.
3. PossiDiLS, Vila sancti AuQustini, -24; Jean Diaciie, Vita sancti Grcgorii. II, Vô.
4. Les marguilliors, malricularii, dont il est parfois question dès
Un synode anglais tenu à Exeter, en 1287, est le premier qui fasse mention de cinq ou six paroissiens à choisir par les curés pour s'occuper de l'entretien de l'église et rendre leurs comptes chaque année. Le synode de AVurtzbourg, en cette même année, évince les laïques qui s'étaient ingérés dans l'administration paroissiale, parce qu'ils l'avaient fait sans l'agrément des supérieurs ecclésiastiques. A Cologne, en 1300, on trouve des administrateurs laïques du temporel de l'église ; deux fois l'an, ils rendent leurs comptes au curé.
En France, c'est un synode de Lavaur, en 1368 (can. 91) qui fait la première mention de paroissiens choisis par les curés pour s'occuper des intérêts temporels de l'église. L'ensemble de tous les objets qui appartenaient à une église ayant pris , dès le xv^ siècle, le nom de « fabrique^ », le nom fut étendu à la réunion de ceux qui administraient ces biens, et ces administrateurs furent appelés successivement fabrisseurs, fabriqueurs, fabriciers et fabriciens. Un concile de Mayence, en 1449, leur confia l'administration des revenus de l'église. La même règle fut adoptée en France. Le concile de Trente la suppose partout en vigueur, puisqu'il ordonne que « les administrateurs ecclésiastiques et laïques de la fabrique de chaque église... rendent compte chaque
les xii<= et xiii" siècles, ne sont pas des administrateurs, mais des serviteurs de l'église. Ainsi, en l-20i, on trouve mention de quatre, puis de huit marguiliiers prêtres, à Notre-Dame de Paris, pour la garde de l'église. Avec eux sont des marguiliiers laïques pour le service. GrÉp.ARD, Cartulaire fie N.-D., p. 1"3. Yiscard, évoque de Troyes, établit de même, eu ISiJi, quatre marguiliiers laïques, qui passaient la nuit dans l'église une semaine à tour de rôle, et tous les quatre ensemi)le quand des objets précieux étaient exposés. 1. D'après le latin fabrica,œu\Te d'un faber, édifice, construction.
année de leur administration à l'évêque ^ ». En somme, ce sont les ecclésiastiques qui, pendant les treize ou quatorze premiers siècles, ont été exclusivement chargés de la gestion du temporel des paroisses. Quand l'Église a jugé à propos de confier ce soin à des laïques, elle l'a fait de son plein gré et en stipulant formellement que les comptes seraient rendus à l'évêque^.
Cependant, en France, il n'y avait uniformité ni dans la constitution des fabriques ni dans leur fonctionnement. En Provence, l'administration municipale s'occupait du temporel de l'église. A Toulouse, les fabriques ne furent instituées qu'en 1772. A Albi, on s'en passa. Les parlements arrêtaient les règles de l'administration fabricienne , mais en tenant compte des usages locaux qui variaient à l'infini. Ces règles étaient en général fort compliquées ^.
Les fabriques avaient deux sortes de réunions, celles des marguilliers ou fabriciens chargés du règlement des affaires courantes, et les assemblées de paroisse, qui comprenaient à la fois les fabriciens et les notables de la localité. Les premières réunions étaient mensuelles ou plus fréquentes; les assemblées de paroisse se tenaient au moins deux fois l'an. On voit que dans ces dernières étaient appelés non seulement les représentants ordinaires de la