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I. JoussE, Gouvernement des paroisses, p

grand effet, à une époque où les évêques étaient revêtus d'un si grand prestige aux yeux des populations. Sans doute, un certain nombre de prélats, retenus plus ou moins légitimement loin de leur diocèse, manquaient sur ce point à leurs obligations. Mais beaucoup s'en acquittaient avec grand zèle et grand succès, ne se contentant pas de confirmer dans les paroisses, mais s'enquérant diligemment de ce qui intéressait la vie religieuse des paroissiens, corrigeant les abus, encourageant les bonnes volontés et laissant pour des années le souvenir d'un passage bienfaisant. Bossuet et Fénelon ont été des modèles sous ce rapport ^ Beaucoup d'autres les ont imités. Quand l'évèque arrivait dans une paroisse, il y était reçu avec tous les honneurs dus à sa dignité. Puis, le temps de sa visite se passait à remplir les devoirs spéciaux delà charge épiscopale. Il présidait aux cérémonies, sans doute, et adressait la parole à un peuple avide de le voir et de Tentendre. Mais aussi il examinait tout de très près. 11 se faisait rendre compte de la manière dont étaient pratiquées les lois de la religion et de la morale, et avec la double autorité que lui conféraient son titre de représentant de Dieu et le pouvoir qu'il tenait du roi, il apportait le remède à tous les maux qu'il avait constatés. Le clergé était le premier objet de sa sollicitude; l'éve-

4. LdL Revue Bossuel a publié, de janvier 1900 à avril 1903, des extraits des procès-verbaux des visites pastorales de l'évèque de Meaux. Rien n'est instruclit et édifiant comme cette lecture. On y voit le grand évoque prêcher au peuple des campagnes, recommander l'assiduité aux offices de la paroisse, exhorter les magistrats à meitre ordre aux abus, assister aux cérémonies et aux catéchismes, interroger lui-même les enfants, exercer partout son autorité avec une fermeté et une douceur toutes paternelles. Il est également attentif à constituer des compagnies de charité, là oii il était possible.

LA VIE PAROISSIALE SOUS l'aXCIEN REGIME. 145

que encourageait les bons prêtres à persévérer dans leur zèle; il ramenait les autres au devoir ou sévissait contre eux.

Les évêques pouvaient se faire suppléer dans leurs visites par l'archidiacre ou par leurs grands vicaires, de sorte que les paroisses ne restaient jamais sans surveillance. Mais combien leur présence était plus efficace, surtout quand le prélat s'imposait de dures fatigues pour arriver à des paroisses presque inaccessibles dans les montagnes, que son train n'avait rien de commun avec celui du grand seigneur, que lui-même se montrait simple, affable, généreux, qu'il ne craignait pas d'entrer en rapports avec les plus humbles de ses diocésains ! Alors la visite faisait époque, l'évêque était béni de son peuple et le bien, confirmé par ses exhortations, se perpétuait dans la paroisse. Ainsi procédaient de Belzunce à Marseille, Le Camus à Grenoble, Massillon à Clermont, Fléchier à Nîmes, de Leyssin à Embrun, du Tillet à Orange, du Lau à Arles, de Reboul de Lambert à Saint- Paul-Trois-Châteaux, et beaucoup d'autres qui eurent à cœur de se montrer plus hommes de Dieu qu'hommes de cour \

Faut-il conclure que la perfection régnait dans les paroisses de l'ancien régime? Certes non. De grandes misères physiques, de plus grandes misères morales les désolaient. Mais si, en beaucoup d'endroits, un certain entraînement y déterminait la pratique religieuse, si le malheur des temps entretenait au fond des cœurs le mécontentement, la rancune et le souhait d'un changement radical dans l'ordre de

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