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PREFACE

Je publie aujourd'hui une nouvelle édition de " La Parole française," revue et corrigée, changée et considérablement augmentée. Voici la liste de ces améliorations :

I. Les deux derniers chapitres ont été supprimés, et sont remplacés par deux contes de Fées de Charles Perrault, Le Petit Poucet et Cendrillon. — Cette lecture charmera les élèves, éveillera leur imagination et ajoutera à leur petit vocabulaire. Le professeur expliquera ce qui n'est pas compris, posera des questions, et en fera poser par sa classe.

n. Les Devoirs pour les classes de la première édition ont été en grande partie modifiés ou remplacés par d'autres, et sont accompagnés de devoirs de traduction.

Des devoirs semblables ont été ajoutés aux " Causéries avec mes Elèves " et aux " Petites Causeries." J'ai expliqué dans la Préface de ces deux livres la raison et l'utilité de ces traductions.' Voici cette explication :

**I1 y avait longtemps qu'on me demandait des devoirs de traduction pour celui de mes ouvrages qui est le plus employé par les élèves qui commencent l'étude du français. Cela rendra

iv PRÉFACE.

notre enseignement plus facile, disait-on, et nos élèves comprendront mieux la conversation du livre, quand ils auront chez eux fait passer de leur langue en français quelque discours ou quelque dialogue sur les sujets que traitent vos chapitres. Et plus personne, même le moins intelligent de la classe, ne viendra nous demander après la leçon ce que signifie tC est-ce pas f ou moi non plus. Enfin, nous ne sommes pas libres, partout où nous enseignons, de choisir le livre qui nous parait le meilleur, et certaines administrations, beaucoup de parents aussi, s'obstinent à ne pas comprendre qu'on puisse étudier une langue nouvelle sans se souvenir de la langue qu'on possède depuis son enfance. La méthode naturelle, telle que vous la voulez, interdit-elle donc absolument qu'on traduise avec des élèves qui commencent le fiançais ? — Ah ! voilà la question, grande et difficile à résoudre, qui m'a fait hésiter longtemps avant que je cédasse, et qui m*a inquiété jusqu'au moment où j'ai vu au Collège des langues environ soixante-dix élèves, formant une de nos classes des commençants, étudier avec moi les Petites Cau' séries et son nouveau supplément, en présence de vingt-trois institutrices, venues là pour apprendre à connaître la méthode et à l'appliquer dans leur enseignement.

**Le succès a été complet, et unanimement, sans une seule exception, depuis le premier jour jusqu'au dernier, la classe a applaudi à cette application du système, moins rigoureuse en apparence seulement, plus hardie en réalité, et plus féconde en heureux résultats.

** Après une approbation aussi hautement manifestée par les personnes les plus intelligentes que j'aie jamais vues réunies dans une même classe, je n'ai plus le droit de douter que ces devoirs et traductions n'aient beaucoup ajouté à la valeur des * Petites Causeries.*

** Cependant, pour que l'enseignement d'après notre méthode reste ce qu'il a été depuis le commencement et ce qu'il doit toujours être, c'est-à-dire l'enseignement du français par le français

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