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y en a, au contraire, qui, « doués d'une puissance de réflexion extraordinaire, passent des heures entières à se rendre compte de leurs idées », et chez qui cette éloquence silencieuse rivaUse avec le talent de la parole extérieure ; chez d'autres enfin, la parole intérieure est plus facile et plus abondante que la parole prononcée ^
Ces dernières différences n'intéressent qu'indirectement la parole intérieure ; elle suit en instrument docile les lois individuelles de la pensée et de la volonté ; la pensée est capricieuse ou méthodique, dirigée par les circonstances ou gouvernée par une raison ferme ; la parole intérieure la suit dans ses évolutions, interrompue plus ou moins fréquemment par l'émission de notre parole ou par l'attention que nous donnons à celle d'autrui ; sa loi propre n'en est pas moins la même pour tous les hommes. Quant à ceux qui ne savent pas lire ou écrire en silence, ils sont, à cet égard, encore enfants ; leur état n'est qu'un épisode de l'histoire de la parole intérieure.
Même en dehors de la lecture et de l'écriture, dans le jeune âge et chez les esprits peu exercés, encore enfants à cet égard, la parole intérieure « réclame », pour avoir quelque suite et nous tenir « isolés des causes de distraction, un plus grand effort d'attention » que la parole extérieure. Mais, chez l'homme normal, cette infériorité de la parole intérieure peut et doit disparaître [ch. II, § 3; ch. III, § 3]. Gardaillac, dans un passage ^, la considère k tort comme irrémédiable.
Sur les sourds-muets, il commet une grave erreur ; il croit cpie l'écriture, extérieure d'abord, puis extérieure ou intérieure, remplace pour eux nos sons expressifs, exté-