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HISTOIRE DE LA. QUESTION oi
ce qu'elle dit, et pour « n'être détournée » par aucune cause de distraction « du but qu'elle se propose d'atteindre '. » Il en est de même, — Cardaillac omet de le noter, — quand nous écrivons.
Ces descriptions sont fort bien faites. Mais que vaut la division? y a-t-il vraiment deux paroles intérieures. Tune que nous entendons en nous parce que nous nous parlons, l'autre que nous entendons en nous sans nous parler - ?
La passivité a des degrés, l'activité également; en somme, les deux états se rejoignent par des intermédiaires ; entre le maximum d'activité et l'extrême passivité. il existe une continuité parfaite. La lecture devient active si nous déchiffrons ; la réflexion devient passive si nous sommes inspirés. La remémoration littérale, la récitation intérieure, dont Cardaillac ne parle pas, est souvent passive et machinale ; mais quelquefois on cherche ses mots : elle devient active.
Cardaillac a distingué la mémoire des mots et celle des idées ^ ; la parole intérieure serait-elle active quand le souvenir des idées précède et commande celui des mots, passive dans le cas contraire? Ce serait un moyen de préciser la division. Cardaillac l'a négligé, et avec raison; car, en fait, quelquefois nous cherchons nos mots, et souvent nous ne cherchons pas nos idées. On peut songer aussi à identifier l'activité avec l'innovation verbale, la passivité avec la simple remémoration ; à première vue, l'invention seule semble impliquer un certain degré d'effort mental ; mais quelquefois nous nous remémorons avec peine, et souvent nous inventons sans effort : il n'est pas besoin