Pages 291 et suiv
pour cela d'être inspiré ; quand nous lisons un texte pour la première fois, la suite des mots intérieurement prononcés est une combinaison nouvelle de souvenirs anciens, et pourtant nous n'avons conscience d'aucun effort.
La volonté mentale ne fournit donc pas les éléments d'une division quelque peu précise de la parole intérieure. Aussi avons-nous, dans la suite de ce travail, négligé la distinction de Cardaillac pour nous attacher de préférence aux deux autres que nous venons d'indiquer : l'antériorité du mot sur l'idée ou de l'idée sur le mot [ch. V], la répétition ou l'innovation verbales [ch. IV, § 3, 6, 8 ; etc.] ; ces distinctions, disons-le en passant, ne se confondent pas plus entre elles qu'avec celle que nous écartons : car, dans la lecture, par exemple, le mot précède l'idée, et pourtant nous innovons; et, dans la remémoration verbale, l'idée, d'ordinaire postérieure aux mots, peut quelquefois aider à les retrouver '.
5" Simultanéité ou succession du mot et de Vidée. — Cardaillac a évité l'erreur de Bonald : pour lui, le mot tantôt précède, tantôt suit l'idée dont il est l'expression ^. Mais ses remarques sur ce point manquent à la fois de netteté et de développements [ch. Y].
6" Causes de la parole intérieure; la parole intérieure rattachée à la psychologie générale. — Cardaillac a le mérite d'avoir rattaché la parole intérieure à la mémoire, dont elle n'est, selon lui, qu'un cas particulier, et à l'habitude, aux lois de laquelle il la soumet. Mais les vues de ce genre qu'on rencontre dans son étude sur la parole sont mal coordonnées, peu précises, parfois même inexactes. Voici la principale :