Pages 92 à 95, 311-312, 345, 353, 432, 438 à
3. Précis élémentaire de philosophie (Lausanne, 1868), p. 156. — Cf. Renouvier, Psychologie, t. I, p. 140, 148 à 150, 178 à 183; et Bain, Logique, t. II, p. 254 et suiv. (trad. fr.).
La partie la plus originale de Touvrage du docteur Fournie est sa théorie du langage des gestes comparé au langage de la voix; la compétence particulière de l'auteur donne un grand prix aux pages qu'il consacre à la psychologie du sourd-muet; il corrige avec beaucoup de pénétration les erreurs des philosophes antérieurs et des premiers éducateurs des sourds-muets sur les signes visibles : pour lui, le geste seul est un langage naturel et peut rendre à la pensée les mêmes services que la parole ; l'écriture, qui n'est pas, à proprement dire, un langage, mais seulement la traduction soit du langage parlé, soit du langage des gestes, est impropre à fournir les éléments d'un langage intérieur ; le sourd-muet pense et développe son intelligence au moyen d'une mimique intérieure, et, quand il lit, bien loin de comprendre directement les signes écrits, il les traduit comme nous en son langage intérieur habituel *.
Après Bonald, après Cardaillac, après les auteurs contemporains qui ont abordé la même question, une étude approfondie de la parole intérieure restait à faire. Nous avons essayé, dans les chapitres qui vont suivre, de combler cette lacune de la science psychologique par une description consciencieuse du phénomène, et par un examen des principaux problèmes que soulève cette description "^